LA LETTRE MENSUELLE
La chronique de Stephane REY. Septembre 2000 .
3. Fenêtres ouvertes sur Bruges
    
Au Gruuthusemuseum

A Bruges les idées foisonnent et, chaque année, l’été est l’occasion d’inviter le visiteur à faire une halte culturelle dans la ville où travailla et mourut Memling.

Profitant subrepticement de l’impact médiatique de l’Euro 2000 dont plusieurs matchs devaient être joués à Bruges, le conservateur en chef des musées de la ville eut l’excellente idée d’organiser une exposition de tableaux appartenant à la ville et la représentant.

Pas question donc d’emprunts à d’autres musées ou collections privées mais l’occasion de faire découvrir des oeuvres appartenant aux musées ou aux archives locales.

L’idée ne manque ni d’audace ni d’originalité...

Cap donc sur Bruges qui n’a rien d’une ville morte !

Le long du Dijver, le très beau musée Gruuthuse propose bien plus qu’une simple exposition mais une "tranche de vie" étalée sur cinq siècles et contant l’aménagement intérieur et extérieur de la cité. 

Le scénario est basé sur le principe que les vues sont aussi des documents historiques, des photographies en quelque sorte, à confronter avec la réalité ce qui nous donne, à partir de cartes anciennes et d’agrandissements de détails tirés de tableaux des XV° et XVI° siècles, une série de "regards" sur la Grand-Place, sur le Burg, le Braamberg, le Havenkom...

Ce sont des "fenêtres ouvertes" sur des lieux, sur des ambiances, des personnages, des objets en rapport avec l’époque et qui permettent au visiteur de se rendre compte des évolutions du visage de Bruges. Ainsi, par exemple, les fenêtres ouvertes sur la toile "Handelskom" peinte par J. Beerblock sont l’occasion d’aménager un bureau avec des objets concernant, tous, la marine et la navigation.

Ainsi pour rendre l’exposition plus vivante, la cuisine du palais Gruuthuse, superbe exemple d’aménagement intérieur, a-t-elle été ouverte au public avec ses faïences, ses plats, ses passoires d’époque.

Un certain nombre de tableaux représentant la ville voisinent avec des plans, des objets insolites ou dérisoires comme un appareil à couper les mains sur trépied... instrument de punition mis en usage en application du Code Pénal Napoléonien ou encore une première machine à coudre inventée par Isaac Singer en 1858.

L’intérêt que suscite cette exposition est sa façon de jeter un regard différent sur Bruges et ses collections. L’affiche qui l’illustre mérite d’être épinglée. Elle représente un savant montage photographique d’une fenêtre du XVI° siècle avec tentures et serrures tirées de la collection Gruuthuse, tout cela combiné avec une vue sur la grue de la ville ( Kraanplaats) qui est en fait un détail de l’oeuvre de Pieter Pourbus "Portret van Jan Van Eyewerve" de 1551.

Stephane Rey             

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les miniatures 

 

lm1illrey1.JPG (20141 octets)

Appareil à couper les mains,
bois, fer forgé ou acier

 

 

 

 

 

 

lm1illrey2.JPG (42749 octets)

Affiche de l'exposition, 
en 4 langues

 

 

 

 

Gruuthusemuseum, Dijver 17. Bruges.
Tous les jours de 9h30 à 17h.
A partir du 1 octobre 2000, fermé le mardi.
Jusqu’au 31 avril 2001.

© Copyright 2000 Mémoires et Stephane Rey.

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