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** N° 14 - Octobre 2001 ** |
| LA LETTRE MENSUELLE |
Parution du 01
10 01 |
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"Mal à l'Art..." Ce curieux titre pour évoquer les relations que l'art peut entretenir avec la médecine, et nombreuses sont les manières de considérer ces imbrications. Deux événements, déjà cités dans les "Nouvelles brèves", me conduisent à évoquer ce thème : - le Musée d'Histoire de la Médecine de l'Université Libre de Bruxelles (ULB) vient de recevoir en dépôt une partie des reconstitutions en cire de la collection Spitzner, après qu'elle ait tourné dans des foires foraines durant de nombreuses décennies. On ne pouvait lui rêver meilleur hébergement. Pour rappel, Spitzner était sculpteur-mouleur à la faculté de médecine de Paris et a réalisé durant des années cette abondante série qui a servi à l'enseignement pour partie, à l'éducation sanitaire des populations pour une autre. - aux Abattoirs d'Anderlecht a lieu l'exposition Körperwelten, qui propose des restitutions anatomiques humaines réelles, rendues possibles par un traitement particulier à la résine. Ce sont donc des cadavres traités après dissection, et l'on peut s'interroger de savoir où le "créateur" les a dénichés. Il ne s'agit pas d'art -ce dont l'expo n'a pas la prétention ; on peut saluer la performance qui attire d'ailleurs les foules. Mais il s'agit clairement d'une nouvelle transgression, cette fois par rapport au respect que l'on doit aux dépouilles de nos défunts. J'en ai déjà parlé : Lettre N° 01, pour la mémoire due à nos défunts et l'art funéraire comme première forme d'humanité ; Lettre N° 06 pour les transgressions instaurées en forme d'expression à prétention artistique. J'avais d'abord construit l'éditorial sur ce thème d'Art et Médecine. Mais au fur et à mesure que la matière s'étoffait et que l'article prenait de l'ampleur, il m'est apparu préférable de lui consacrer une page distincte. Vous y accéderez donc pour sa lecture par le lien inclus dans le sommaire. Je voudrais simplement ajouter un mot au sujet de ces "transgressions" que je fustige dans plusieurs éditoriaux. Certains d'entre vous, au travers de mots qu'ils m'ont envoyés, ont manifestement pu penser que j'étais un tantinet conservateur, n'admettant que l'art "propre", "conventionnel" ou explicite. Cela me désolerait que ma position fût ainsi perçue. La créativité tout à fait moderne, novatrice et largement hors des sentiers battus de plusieurs artistes sur le site est là pour affirmer le contraire. J'ai par ailleurs déjà soutenu que l'évolution -mais pas le progrès dont j'ai dit aussi pourquoi il n'existe pas en art, voir lettre N° 04- ne pouvait se faire que par sauts et ruptures vis-à-vis des courants antécédents. Toutefois, que l'artiste le veuille ou non, il est comme chacun de nous tributaire de ses mémoires qui influenceront son art. Je relisais une notice biographique de Paul Haesaerts sur les débuts du Réalisme en Belgique. L'auteur explique que Henri de Braekeleer et Jan Stobbaerts furent tous deux renvoyés de l'Académie d'Anvers, "lorsque l'un expose sa Blanchisserie, cour sordide, l'autre une première Etable qui, à plein nez, sent le fumier". Le "tort" de ces artistes inaugurant le Réalisme belge avait été de peindre en réaction contre le Romantisme "enjoliveur et déclamatoire...", seul bienséant à l'époque. Ces ruptures sont saines, fécondes et nécessaires ; il faut des génies pour les initier. Et ma conviction est qu'il s'en trouvera toujours, et heureusement, pour rompre avec les canons de la génération précédente. Mais les transgressions que je critique sont celles qui rompent avec les nécessités de notre humanité : interdits de l'inceste, respect de la vie (les poissons rouges que le spectateur pouvait électrocuter à sa guise), respect de l'autre (la caricature est souvent de l'art, le tract raciste en est à mille lieues ; ou encore matière "picturale" dont la destination normale est l'égout). Enfin, mais ici la frontière est plus ténue je l'admets, la rupture pour la rupture sans autre proposition, voire la transgression comme philosophie de la création, sont souvent des moyens de nous duper et de satisfaire les snobs. Ainsi, au rayon de la rupture-concept, même s'il ne s'agit en aucun cas de transgression mais de transfert de sens, et au risque d'en fâcher quelques-uns : un ready-made ça va, trois ready-made bonjour l'exploitation d'un filon... Cela
étant, Emmanuel Mons delle Roche
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L'article d'Art&Fact, Historiens d'art de l'ULG : Madame Rosanna Tarantino évoque, avec des données nouvelles, un peintre et graveur liégeois: Georges Comhaire. L'article des Historiens de l'UCL : Madame Jacqueline Couvert nous présente un sujet technique passionnant : "Historique, repères chronologiques et méthodes d'identification des blancs de plomb, de zinc et de titane". Vous apprendrez comme je l'ai fait combien la conduite rigoureuse d'une analyse certes sophistiquée, combinée à des connaissances appropriées, permet de déceler des faux -ou d'aider à confirmer l'époque. Pierre Lapalus est cet ami français passionné par le peintre belge portraitiste Max Moreau, dont il rédige le catalogue raisonné. Sa synthèse est parfaite. Et si vous possédez des oeuvres et documents, les coordonnées de l'auteur sont à la fin de l'article : une telle occasion de figurer au catalogue raisonné ne se présente pas souvent. Monsieur C.W. Domanski nous offre une nouvelle collaboration originale, en évoquant l'exposition 100 ans d'art belge à Varsovie en 1934 : une belle manière de voir comment et par qui l'art belge était représenté en Pologne à l'époque, et comme à l'accoutumée des données totalement inédites. Stephane Rey et Colette Bertot sont restés à Bruxelles, pour nous parler d'une belle actualité : l'Art brut, Reinold Ketelbuters qui passe "de l'autre coté du miroir", et André Engels dont le cheminement est allé de l'abstrait au figuratif. Françoise Bernardi n'a pas hésité à voyager puisque ses chroniques vont de La Louvière à Liège, en passant par Bruxelles, et chaque étape fut importante : Tour et Taxi, Raoul Dufy, l'estampe polonaise. |
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* Il se prépare des modifications liées à l'inscription (liste de diffusion, gratuite) et à l'abonnement (payant). Ce que nous souhaitons, c'est élargir l'éventail des avantages pour l'une et pour l'autre. Ainsi, dès aujourd'hui, nous proposons des entrées gratuites pour l'exposition "L'Estampe polonaise de 1900 à 2000", au Centre de la Gravure de La Louvière. 25 nous sont offertes par le Centre : les abonnés seront prioritaires, et pour les autres, l'inscription sera suffisante. C'est dans cette voie d'une forme de "partenariat" avec les organisateurs d'expositions ou autres manifestations culturelles que nous nous orientons dans un premier temps. * Il est vraisemblable aussi que l'offre liée à l'abonnement s'accroissant, nous en augmenterons le prix. Mais tous les avantages offerts au prix actuel resteront bien entendu acquis aux abonnés actuels. Incontestablement, le nombre de "fiches-artistes" doit s'étoffer, et nous y travaillons quand des moments libres s'offrent -de plus en plus rarement... Mais manifestement certains visiteurs ont sauté le pas dès à présent en partie par soutien au site. De cela aussi nous leur sommes reconnaissants. E. Mons delle Roche. |
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