"Collectionner... un plaisir ou un souci"
par Monsieur Luc Hemeleers.
 

Il n'y a pas de doute, les belges font partie des plus grands collectionneurs européens.

La qualité des oeuvres dans nos musées, galeries, le grand sens professionnel de nos experts et Hôtels de vente, attestent de l'activité intense dans ce domaine particulier.

Aujourd'hui un paradoxe veut que l'assurance de ces collections reste, trop souvent, ignorée et méconnue.

Les solutions proposées par un nombre très limité d'assureurs spécialisés font-elles peur aux collectionneurs ? Ceux-ci préfèrent-ils ne pas penser à la disparition de biens qui leur sont chers ou appliquent-il l'adage "pour vivre heureux vivons cachés" ?

Mais c'est très probablement avant tout le manque d'harmonie entre le contexte émotionnel lié à "la passion" éprouvée pour une collection et la rigidité contractuelle de la plupart des contrats d'assurance qui pose problème.

Il appartient à chacune des parties concernées,collectionneurs,assureurs de mettre en place avec l'aide d'un courtier spécialisé, un climat répondant aux besoins spécifiques par le biais d'un contrat de confiance

Volontairement ou non, le collectionneur passionné ignore trop souvent les moyens mis à sa disposition pour protéger son patrimoine mobilier.
La majorité du temps il tentera d'éluder cette question essentielle en prétextant :

"En cas de disparition de mes objets de valeur, rien ne pourra les remplacer, j'y suis sentimentalement trop attaché".

Cet argument fort compréhensible de la part d'un "vrai collectionneur", constitue aux yeux des assureurs, la meilleure garantie quant au sérieux de son futur assuré.

Cette réflexion représente véritablement le point de départ pour apporter une réponse à ce souci : la prévention.

C'est précisément à ce sujet que le courtier et l'assureur pourront apporter leur expérience réciproque lors de visites de risques. Une approche commune entre collectionneur, courtier et assureur permettra réellement de nouer le premier contrat de confiance entre l'ensemble des parties

Il faut en effet que "collectionner" reste un plaisir et ne devienne pas un réel souci.

Pour certains, cela devient hélas une source permanente de tracas.
Comment l'éviter ?
Nous tentons ci-après de répondre à cette question.

Le réel amateur d'objets d'art aura une double préoccupation.

La première sera de protéger le plus efficacement possible les œuvres qu'il chérit afin de leur éviter tout dommage.

De nombreuses précautions élémentaires peuvent être prises, telles que, parmi d'autres :

* posséder 1 ou 2 extincteurs portatifs permettant de réagir rapidement sans devoir attendre - parfois trop longtemps - l'intervention des pompiers.
* fixation solide des œuvres pendues aux murs.
* éviter d'entasser des œuvres à même le sol et ce, surtout dans des caves (dégâts des eaux).
* placer les objets fragiles sur des "bases" lourdes et stables en évitant les endroits de passage.
* écarter les œuvres "sensibles" des sources de chaleur qui peuvent les altérer au cours du temps.
* se méfier d'un degré d'hygrométrie trop élevé pour des œuvres qui y sont sensibles.
* se méfier des bris de glaces en général, ces derniers, en se brisant, peuvent entraîner de sérieux dégâts, etc...

Quant au risque de vol ou de vandalisme, tout dépendra bien entendu des lieux que vous occupez.

Toutefois, certains principes de bases restent valables dans tous les cas, à savoir :

* éviter que tout passant ne puisse, aux travers de vos fenêtres, constater la présence de biens de valeur.
* quand la chose est possible, tenter de protéger les lieux par des protections "mécaniques" empêchant ainsi l'intrus de pénétrer à l'intérieur des lieux. Même avec une protection électronique, l'audacieux pourra réaliser une incursion rapide en emportant 2 ou 3 pièces de grande valeur.
* sachez que, statistiquement, les biens les plus convoités sont les bijoux, les montres de valeur, l'argenterie et les petits bibelots facilement emportables.
* organisez-vous, toujours suivant vos possibilités, pour que les lieux que vous habitez soient occupés toute l'année.
* si les lieux s'y prêtent, deux chiens de garde restent toujours fort dissuasifs.
* laisser toujours "traîner" un peu d'argent quand vous quittez les lieux, ceci pourra rapidement satisfaire l'intrus éventuel en vous évitant des dommages matériels plus importants.

Pour l'examen de votre cas personnel, faites appel à deux conseillers en sécurité pour enregistrer leurs conseils, mais veillez à vous adresser à des firmes :

* qui sont agréées par l'UPEA (Union Professionnelle des Entreprises d'Assurances).
* qui ont au moins 10 ans d'expérience.
* qui peuvent vous procurer assistance 24/24 heures.
* qui utilisent du matériel également agréé.
* qui peuvent vous procurer des solutions électroniques et mécaniques.
* qui ont des références probantes.

La seconde préoccupation du réel "amoureux de ses œuvres" sera, une fois valablement protégé, d'avoir recours aux assureurs pour être indemnisé en cas de sinistre qui surviendrait malgré toutes les précautions qu'il aura pu prendre.

Quelques conseils en la matière :

* Adressez-vous à un courtier spécialisé dans la couverture des œuvres d'art et qui, lui-même, vous orientera vers telle ou telle compagnie.
* Demandez une proposition de couverture du type "Tous Risques Sauf". Il est en effet beaucoup plus clair et facile pour vous d'analyser la liste limitative des exclusions prévues par l'assureur.
* Afin d'éviter toute discussion en cas de perte totale, exigez une couverture en "valeur agréée" plutôt qu'en "valeur déclarée" ... à clarifier avec votre assureur avant la signature du contrat.
* Vérifiez le contenu des clauses relatives à la dépréciation après restauration, aux procédés d'indemnisation concernant les paires ou ensemble, ainsi qu'aux limites éventuelles d'intervention pour certaines catégories de biens.
* Assurez-vous en fin des mesures prises par le courtier et la compagnie sur le plan de la confidentialité du contrat.

Certains collectionneurs sont plus à considérer comme des personnes ayant "investi" dans l'art. Quoiqu'il ne soit agréable pour personne d'avoir été cambriolé, l'aspect "protection" les préoccupent moins puisqu'ils seront satisfaits à partir du moment où ils retrouveront en indemnité la valeur des biens sinistrés.

Il leur faudra toutefois, s'ils souhaitent s'assurer, trouver un assureur qui acceptera de "penser sécurité" à leur place, ce qui n'est jamais souhaitable car le propriétaire est toujours celui qui connaît le mieux les faiblesses de son risque.

Un dialogue franc entre le propriétaire des biens, son conseiller en sécurité et son conseiller en assurance est, sans aucun doute, la meilleure formule qui permettra de dégager la solution la plus efficace et donc la plus rassurante.

Il appartiendra donc au courtier professionnel de jouer pleinement son rôle de conseiller.

Luc HEMELEERS, Administrateur,    
S.A. Léon EECKMAN Assureurs - Conseils   
Chaussée de Waterloo 255, bte 10 - 1060 Bruxelles.  
Tel.: (02) 539.00.80 - FAX : (02) 537.96.19 - assurances@eeckman.be   

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