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LA LETTRE MENSUELLE |
| En préambule au futur catalogue raisonné - Septembre 2001. |
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Le peintre portraitiste Max Moreau, par Pierre Lapalus |
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Art-memoires me prête sa plume et je la prends bien volontiers pour tenter de résumer la vie du truculent peintre portraitiste Max MOREAU. Alors, en route ! L'enfance et l'adolescence En 1902, Max Moreau voit le jour à Soignies, petite bourgade de Belgique francophone au sud de Bruxelles que ses parents et lui-même rejoignent en 1905. Henri Moreau, son père était artiste peintre. Il peignait surtout des nus et fréquentait les milieux du théâtre et des cabarets. Le jeune Max s'asseyait près de son père et le regardait peindre. Il écrira beaucoup plus tard à ce propos : " j'apprenais ainsi, inconsciemment, à voir et voir juste ". Très vite, lui aussi pris les crayons et, à l'âge de douze ans, il était en mesure de dessiner parfaitement une tête d'après nature. L'usage de la couleur ne vînt que plus tard, et c'est vers l'âge de quatorze ans qu'il fit ses premières armes à la peinture à l'huile. Pendant la guerre, quasiment point d'école, encore moins d'académie des Beaux-Arts. Par contre, un exercice régulier du dessin et de la peinture, encadré par les conseils... et les critiques de son père. Celui-ci était sévère, mais le travail approfondi du jeune Max engendrait de rapides progrès. De 16 à 18 ans, il fréquenta les plus grands musées belges pour y exécuter des copies d'œuvres de grands maîtres tels Vélasquez ou Frans Hals. En parallèle, son père l'avait introduit dans les loges des théâtres de Bruxelles, et ce fut pour lui l'occasion de réaliser des portraits d'acteurs à longueur de soirées. Vers 1920, toute la famille vînt habiter Paris, et le jeune artiste continua naturellement ses activités dans les théâtres. En particulier, à la Comédie Française, où il fit la connaissance de Denis D'INES dont il exécutera tout au long de sa vie plus de 70 portraits représentants l'acteur dans ses différents rôles. L'entrée dans la vie adulte Max Moreau retourne en Belgique pour y effectuer son service militaire et, un peu plus tard, il épouse Félia Leclercq de trois ans sa cadette. Max, qui n'a fait des études que primaires, compte bien faire son chemin dans la vie ; et ce chemin, c'est celui des artistes, ceux-là même qu'il a fréquenté durant toute son enfance et son adolescence dans les coulisses et qui ont pratiquement fait son éducation. Attiré par l'orient décrit dans les tableaux de ses aînés, il part un peu à l'aventure avec femme, chevalet et pinceaux. La Tunisie En 1929, le premier de ses cinq séjours en Tunisie, est un véritable "éblouissement". Il se met très vite au travail... et sur deux fronts. D'une part, le portrait, de l'autre, la peinture sur le motif de scènes indigènes. Max Moreau n'a que 27 ans, mais il est déjà un personnage truculent, qui lie facilement contact, et se fait rapidement une clientèle conséquente dans les milieux aisés de l'époque. En particulier, auprès des médecins, des hommes de justices et des haut fonctionnaires de Tunis. Il fréquente très vite les peintres locaux et les gens de théâtre, ce qui l'amène tout naturellement à rencontrer Alexandre Fichet. Fichet est une grande figure de la vie artistiques et politique à Tunis. Il organise le Salon Tunisien et préside l'Essor qui propose des Tribunes libres à divers orateurs et des pièces de théâtre jouées par une troupe d'amateurs reconnue. Max Moreau joue assez régulièrement dans cette troupe. En 1932, il monte même une pièce tragi-comique de sa composition, basée sur la parodie et intitulée " Tutus ". Il y tient le premier rôle. La critique est alors dithyrambique, le public ravi. Il écrit également quelques articles bien sentis dans lesquels il ne mâche pas ses mots. En effet, son intransigeance l'écarte des différents courants de peinture alors présents en Tunisie, aussi bien qu'en Europe. Il y évoque des références, celles qu'il gardera toute sa vie : Holbein, Van Dijck, Hals et surtout Velázquez qu'il vénère par dessus tout. Mais laissons parler le peintre : " Aussi, quelle jouissance pour le
portraitiste émerveillé qui parcoure les dédales de la ville arabe et les
quartiers de la Hara. Tout au long de ses cinq séjours, Max Moreau a surtout vécu à Tunis, mais il a aussi visité le reste de la Tunisie et nous a laissé des oeuvres sur Nabeul, Kairouan, Sousse, Sfax, Djerba, Gabès, Kébili, les oasis du sud tunisien et bien sûr, les environs de Tunis. Il y a réalisé les portraits de centaines de personnes de toutes races, de toutes nationalités. Entre chaque séjour, il revient à Bruxelles, où il expose une fois tous les deux ans environ ; en particulier, à la Galerie d'Art Kodak et à la Petite Galerie. Il ne reviendra en Tunisie qu'en 1947, puis en 1948 pour deux séjours assez courts. La deuxième guerre mondiale Il passe essentiellement la deuxième guerre mondiale dans le sud de la France et à Vichy. Il continue à faire de très nombreux portraits, principalement à l'aquarelle. En 1946, il s'installe pour un an à Nice. Retour au Maghreb - le Maroc Moreau et sa femme s'installent à Marrakech de 1947 à 1950. Il signe là-bas parmi ses plus belles toiles. Il faut dire que l'endroit l'inspirait : " le pittoresque arabe n'a rien de la turquerie, laquelle est vraiment conventionnelle et parfaitement haïssable ! La somptueuse pouillerie des mendiants arabes, l'imprévu des boutiques des souks, les rues ensoleillées, l'incroyable place Djemaâ el Fnâ, réservoir humain inépuisable, fantastiquement pictural, étaient pour moi, une orgie de trésors vraiment fabuleuse. " Une rétrospective de ce séjour marocain donne lieu à une exposition chez Bernheim-Jeune à Paris en 1951. La critique parisienne alors tournée vers la peinture contemporaine, reconnaît là des oeuvres de qualités toutefois bien peu en accord avec leur temps. Paris et les voyages Les Moreau s'installent à Paris. Ce sera plus un " camp de base ", car les voyages vont se succéder sans interruption jusqu'en 1965. Les Bahamas, les U.S.A., l'Angleterre, le Portugal et l'Espagne. Chaque été ou presque, il vient à Vichy, pour portraiturer les gens fortunés. Il faut se souvenir des liens alors très étroits entre Vichy et les pays du Maghreb. La vie artistique et sportive y est intense. Et puis, des portraits, toujours des portraits : L'ex roi d'Italie, une fille Rockfeller, Jules Romain et tant et tant d'artistes du théâtre, du cinéma et de l'opéra. Citons Pierre Dac, Noël Roquevert, Gino Cervi, Anthony Quinn, Tyrone Power, Henri Fonda, Madeleine Ozeray, Tito Gobbi, Graziella Sciutti, Pierre Nougaro... Il expose bien sûr dans tous les pays visités, notamment chez Wildenstein à New-York en 1960. Il expose à nouveau à Bruxelles, après 23 ans d'absence, chez Isy Brachot en 61, 62 et 65. Grenade En 1965, Max Moreau et son épouse se fixent définitivement à Grenade dans un carmen de l'Albayzin. Le peintre trouve rapidement une clientèle dans la bourgeoisie locale et expose régulièrement avec succès. Il n'a pas oublié son pays natal et presque chaque année, il y retourne pour une exposition (Galerie Baron René Steen en 70, 72 et 74) et une série de portraits dans la noblesse belge. Il décède en 1992, à l'âge de nonante ans, après avoir traversé le siècle dans un parcours rare, riche et ma fois bien peu en accord avec son temps. Il a construit sa vie et maîtrisé son destin. Il a été lui-même, avec force et conviction. Analyse critique Que ce soit à l'huile ou à l'aquarelle, ce peintre excelle non seulement dans le dessin mais aussi dans l'art de continuer à faire vivre le modèle en saisissant chez celui-ci toutes les finesses d'expression et de caractère. Son réalisme n'a rien de photographique. Ses visages contiennent tout à la fois une multitude d'instants ; ils sont le contraire de l'instantané photographique, qui, dans l'art pictural pourrait être évoqué par les oeuvres de Chocarne Moreau. Sa palette est large et franche, sa couleur toujours très juste, jamais sortie du tube. Sa touche est mêlée, rapide, parfois écrasée. Elle s'affine avec les années, même si quelques empâtements vigoureux demeurent. Grand admirateur des peintres flamands, il s'attache à maîtriser un clair obscur au contraste tonal toutefois atténué. Ses scènes de genre sont admirablement mises en place, pleines de beauté et de poésie. Dans ses oeuvres majeures, le peintre aime à montrer les gens du peuple dans leur travail, entourés d'une multitude d'objets, de fruits, ou de poissons, alliant ainsi l'art du portrait et de la nature morte sur une même toile, plutôt que celui de la scène de genre artificiellement construite. Pierre LAPALUS Bibliographie Musées Formats préférentiels: formats français 15P, 25P, 30F, 40F. (Aq 65X50)
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Les droits
sont la propriété de la Ville
Même leur
site ne montre que l'extérieur du musée, un M. Lapalus MdR |
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Appel à témoignage Pierre LAPALUS,
32, bvd Marcel Delprat 13013 MARSEILLE - France |
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