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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Janvier 2003. Les Jardins de Grenade : au Musée d'Art Moderne d'Ostende. |
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L’exposition d’Ostende confronte les travaux de six artistes flamands et de six artistes espagnols contemporains inspirés par les lieux mythiques des jardins de Grenade. Célèbre pour son palais mauresque de l’Alhambra, Grenade est une ville au riche passé artistique. Si les formes traditionnelles des jardins de Grenade ont inspiré les différents artistes exposés, des thèmes plus mythiques ont donné naissance à des œuvres relevant plus de l’imaginaire de chacun. Le monde végétal et architectural est évidemment au cœur des œuvres ici exposées. Il est intéressant de voir comment chaque artiste aborde un même lieu avec la sensibilité et le style qui lui est propre. Du côté flamand, on retrouve les photographies de Kristien Buyse qui tendent vers un maximum d’objectivité et de réalisme. Jan De Vliegher travaille lui aussi à partir de photos mais celles-ci lui servent de modèles. Il réalise, à partir de cette matière une série de petits tableaux où les motifs végétaux sont cadrés au plus proche. Cet ensemble se présente comme la division en parcelle d’un même ensemble. Les couleurs de Grenade, les jardins ensoleillés sont évidemment présents dans les peintures. Le résultat nous donne souvent à voir des peintures très colorées, aux tons presque fluorescents. Pjerro Roobjee, marqué par la lumière qui baigne toute la ville, a traduit cette impression dans des peintures aux couleurs éclatantes. Il transpose la lumière bien plus que le motif dans ses peintures de jardins. Jan Vanriet décline les jardins à différents moments de la journée. Les formes deviennent plus abstraites et ne sont plus que des ombres ou des taches sombres à la surface du tableau. Jan Van Mechelen peuple ses peintures de personnages étranges et irréels inspirés par des récits mythologiques directement transposés dans les jardins de Grenade. Dans un esprit proche du surréalisme, Hans Vandekerckove met plutôt l’accent sur la géométrie des lieux. Il rend statique ce qui est en mouvement, il paralyse et fige les paysages dans des formes nettes et géométriques. Les tons rappellent les peintures de Magritte. Rien ne bouge dans ses oeuvres où le temps s’est arrêté. Les plans d’eau ou les poissons qu’il représente sont tellement stylisés qu’ils en deviennent irréels. Les six artistes espagnols ont eux aussi privilégié la couleur dans leurs créations. Pedro Garciarias travaille ses peintures avec beaucoup d’eau, provoquant des coulées. Le motif initial en est perturbé. Ce qui était à l’origine un modèle réaliste devient abstrait par cette technique particulière. José Maria Sicilia nous présente, dans une technique qui lui est propre, une fleur prise dans de la cire ainsi qu’une suite de gravures présentant les métamorphoses de la fleur. Soledad Sevilla transcende la réalité dans ses grands formats pour atteindre l’essence des jardins de Grenade et rendre toute l’émotion qui s’en dégage. Maria Teresa aborde la lumière et les tourments de la nature dans des peintures caractérisées par des tons très vifs. Paco Lagares travaille avec cette même volonté de rendre la lumière dans un état presque irréel et même excessif. La photographie espagnole est ici illustrée par les œuvres en noir et blanc de Francesco Fernandez. Il travaille le gros plan pour montrer les détails les plus subtils de ses modèles (calas). Mais il sait aussi prendre du recul pour rendre l’atmosphère générale des lieux par des photographies très travaillées et lisses. En partant d’un même thème, on constate que les artistes, bien qu’ayant une sensibilité et un langage artistique différents, se retrouvent généralement autour d’une même caractéristique : la lumière. C’est d’ailleurs ce qui lie très clairement les différents artistes exposés au risque parfois d’être répétitif. Tout commentaire étant quasi inexistant pour le visiteur, ce dernier se fiera à son instinct et se laissera emporter par les œuvres exposées. A noter qu’un détour par les collections permanentes est indispensable tant elles recèlent de trésors de l’art belge. Françoise Bernardi
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Cliquez sur la miniature ***
Photos de
Paco Lagares
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Musée d’Art Moderne
d’Ostende, Romestraat, 11 – 8400 Ostende. |
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| Du mardi au dimanche de 10 à 18h, fermé le lundi. | |
| Exposition accessible jusqu'au 16 février 2003. |
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