LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Françoise Bernardi.  Décembre 2002 
   Lumière et peinture en Italie, 1850 - 1914 : 
  
Par "Art Media" à l'Hôtel Wielemans de Bruxelles.
 

L’Hôtel Wielemans, qui abrite l’asbl art media, accueille la très belle exposition Lumière et peinture en Italie, 1850-1914. La particularité de ce lieu réside dans son style directement inspiré de l’Alhambra de Grenade, comme en témoignent les nombreux carreaux qui décorent le patio, la salle de bain et les fenêtres. Mais, pour en revenir à l’exposition, celle-ci met en évidence les bouleversements de la peinture en Italie et les recherches menées sur la lumière.

Les changements dans le domaine de la peinture en cette fin de XIXème siècle procèdent de la conquête de la lumière à sa décomposition. En effet, les artistes commencent à peindre à l’extérieur pour se rapprocher du réel, les italiens suivent la vague impressionniste française. 

Mais paradoxalement, ce rapprochement physique du réel éloigne les artistes d’un rendu réaliste. Les recherches picturales se font à partir d’un travail de la couleur. Les artistes ont la volonté de rendre les effets du soleil couchant mais aussi des clairs-obscurs, des effets de nuit. La couleur est exploitée dans ses tons les plus clairs comme les plus foncés.

Dans un premier temps, les artistes italiens vont s’approprier la lumière et tenter de rendre les différentes variations naturelles observées au cours de la journée. Après avoir exploré ses différentes possibilités, ils vont véritablement décomposer la lumière, ce qui mènera à une vague futuriste et divisionniste. 

L’exposition s’ouvre sur deux peintures qui traduisent ces recherches picturales menées par les artistes italiens. D’un côté, on a un paysage dans un style impressionniste et de l’autre un tableau qui propose une décomposition de la couleur.

Paris joue un rôle important dans la formation des artistes italiens qui seront influencés par le courant impressionniste français. D’ailleurs, le mouvement artistique Macchiaioli provient du mot « macchie » qui signifie tache et qui fait directement allusion à ces peintres qui couvrent leur toile de taches de couleurs. Les œuvres de De Nittis, souvent réalisées au pastel, abordent le thème du paysage ou du coucher de soleil ce qui offre à l’artiste une variété de couleurs subtile. Telemaco Signorini nous montre des villages en bord de mer baignés de soleil. Ces lieux permettent aussi à l’artiste d’exploiter les jeux de lumière.

Zandomeneghi, qui vit à Paris, ne peut nier l’influence des artistes comme Degas ou Renoir sur son œuvre. Lecture intéressante, Figures féminines et surtout A la coiffeuse sont nettement inspirés par l’univers des artistes français, ce qui n’enlève rien à la beauté de ses œuvres.

Les recherches sur la couleur mènent certains peintres à des réalisations très sombres et quasi noires. Segantini étudie la diffusion de la lumière naturelle dans un espace clos ce qui lui permet de travailler les clairs-obscurs. De manière plus extrême, Morbelli peint dans un noir profond, seules quelques ombres ou silhouettes se dessinent mais de façon quasi imperceptible.

Le divisionnisme apparaît en ce début de XXème siècle et trouve son centre à Rome de 1900 à 1911 avec l’atelier de Balla. Ce mouvement artistique est basé sur le principe de décomposition de la lumière. Balla veut réduire de plus en plus les effets artistiques de la lumière à des principes scientifiques, au point de faire abstraction de tout contenu réaliste pour ne plus s’attacher qu’à l’étude de la composition de cette lumière. 

Dans cette période de transition d’un siècle à l’autre, l’Italie n’a peut-être pas connu de grands maîtres mais elle a donné naissance à des œuvres dont les qualités techniques et esthétiques s’inscrivent dans la tradition picturale italienne.

Françoise Bernardi         
Historienne de l'art          


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Zandomeneghi

 

 

 

 

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Balla 

Hôtel Wielemans, rue Defacqz, 14  -1000 Bruxelles  
Tél. : 02.544.08.33

 

Tous les jours sauf le lundi, de 10h à 18h.
Exposition accessible jusqu'au 15 décembre 2002.

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