LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Colette Bertot.  Décembre 2002 
   Quand l'art contemporain entre au Palais.  

D
De quoi faut-il se réjouir le plus ? De ce que notre Reine dépoussière les couloirs du Palais en y introduisant des œuvres d’art contemporain ou de ce que Jan Fabre, le provocateur, fasse partie de cette première fournée d’artistes aux côtés des, bien plus sérieux, Dirk Braeckman et Marthe Wéry.

Le visiteur, lors de prochaines journées portes-ouvertes jugera.

En tout état de cause, l’ensemble des artistes belges ne peut que se féliciter de l’initiative royale qui est reconnaissance, en haut lieu, de leur savoir-faire.

Chaque année, d’autres œuvres judicieusement choisies, prendront le chemin d’un Palais XIX° entrant de plein pied dans le XXI° siècle !

Fabre en la salle d’apparat…

La construction du Palais a été terminée en 1829 mais au cours du règne de Léopold II, de grands travaux furent réalisés dont la Salle des Glaces ( longue de 27,5m sur 11m de large ) qui devait être somptueusement décorée. Suite au décès du Roi en 1909, le projet fut interrompu.

Aujourd’hui, le Conseil artistique créé par S.M. la Reine a repris le flambeau. La salle d’apparat est achevée. Jan Fabre qu’on voit partout ( prochaine exposition au MAC d’Anvers jusqu’au 9 Août 2003 sous l’intitulé… « Eternel retour ») ce qui ne veut pas obligatoirement dire talent en est le concepteur.

Son plafond fourmille et scintille d’un million et demi de carapaces de scarabées Thaïs placés, par son équipe et sous sa direction.

L’homme a depuis toujours une prédilection pour le monde des bestioles. Les scarabées symbolisent, à ses yeux, le corps spirituel. Le corps comme une coquille vide mais remplie de souvenirs. Précisons pour ceux qui douteraient de la pérennité de l’œuvre que la carapace du scarabée est en chitine, un des matériaux les plus durs et les plus indestructibles de la nature. Quant à la colle…

L’effet, il faut bien l’avouer (même si la démarche ne nous paraît pas vraiment artistique) est extraordinaire et l’on n’hésitera pas à rester la tête en l’air, les yeux rivés à ce plafond étincelant de milliers de carapaces aux nuances de vert intense, de bleu infini avivées par un savant éclairage doublé de jeux de miroirs et dégringolant en vagues mouvantes le long du lustre somptueux. Encore un peu on tendrait l’oreille au bruissement des élytres !

Ce n’est pas la Chapelle Sixtine mais l’entreprise est de taille et l’on ne peut nier la fascination qu’exerce sur l’œil le spectacle de ce céleste plafond…

Salle du Sphinx et « Salle Monacale »…

Dirk Braeckman, photographe gantois au palmarès impressionnant, réputé pour ses portraits fragiles, spontanés et non posés occupe lui la salle du Sphinx avec deux portraits en pied du Roi et de la Reine, ayant en toile de fond les jardins de Laeken et une jolie échappée sur Bruxelles donnant à l’image une profondeur intense.

Nos souverains y sont empreints, sans le moindre apparat, d’une grande noblesse et d’une dignité naturelle qui leur ressemble.

Quatre autres clichés les accompagnant sont des prises de vue réalisées dans le Palais. Elles représentent des fragments d’œuvres d’art, de meubles, de revêtements muraux rencontrés ci et là  dans les salles.

Marthe Wéry enfin est, pour nous, la plus intéressante des artistes retenues. Son œuvre s’inscrit depuis belle lurette dans l’optique d’une longue quête de l’équilibre subtil entre couleur et espace. Sa démarche passe par « le ruissellement, la coagulation et le séchage de pigments liés ». La texture de la couleur s’apparente à une coulée de lave figée.

Ici 7 toiles, toutes dans les tons verts dégradés, du plus foncé au plus clair, décorent les murs d’une salle presque monacale aux carrelages noirs et blancs se prêtant admirablement au jeu des nuances .

Chaque toile est différente et toutes se ressemblent. Les tons proches les uns des autres se mêlent et s’entremêlent avec subtilité. La couleur semble glisser sur le support comme mue par les lois de l’attraction terrestre et une sorte de sérénité irradie les lieux, éclaire et apaise en même temps le spectateur interpellé par leur indicible message d’équilibre et de sobriété.

3 artistes, 3 démarches différentes. Un commun dénominateur : la lumière et une initiative de premier plan à marquer d’une pierre blanche.

Colette Bertot         

Lien sur le site :
Jan Fabre à Gand, chronique de Vera Lewijse.


Cliquez sur les miniatures 
pour voir l'oeuvre 
en grand format

*

 

28ilbraeckman.jpg (25564 octets)

Dirk Braeckman

 

 

 

28ilwery11.jpg (39207 octets)

Marthe Wéry

 

 

 

28ilwery22.jpg (32969 octets)

Marthe Wery

 

 

 

28ilwery44.jpg (35111 octets)

Marthe Wéry 

 

 

 

Supprimées :
3 photos de
l'oeuvre de Jan Fabre,
par droits Sabam

Copyright © 2002 Mémoires et Colette Bertot. 
Tous droits réservés.

Les autres articles sont accessibles via nos archives
Inscrivez-vous pour recevoir les infos de la lettre mensuelle.
Retour à la lettre        Retour à l'accueil

 

Hit-Parade