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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Novembre 2002 7000 ans d'art Perse. Chefs d'oeuvre du Musée National de Téhéran au Centre d'art de l'Abbaye Saint-Pierre à Gand. |
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Après un passage à Bonn, 180 pièces d’art perse issues du Musée national de Téhéran sont présentées au Centre d’art de l’abbaye Saint-Pierre à Gand. Cette exposition exceptionnelle propose une approche historique et artistique de cette civilisation ancienne. Les Perses qui fondent le premier empire mondial, témoignent des contacts entre l’Orient et l’Occident et plus particulièrement la Grèce qui, avec Alexandre le Grand, mettra fin à la domination de cet immense empire. Le parcours chronologique nous conduit des pièces néolithiques en terre cuite au parchemin coranique du Xème siècle. L’exposition se divise selon huit périodes historiques importantes et déterminantes pour l’empire perse qui est devenu l’une des plus importantes civilisations indo-européennes grâce à ses conquêtes et à ses avancées technologiques. Cet empire s’étend, à son apogée, sur un vaste territoire allant des Balkans à l’Indus et de la Grèce à l’Ethiopie. Il est constitué de nombreuses ethnies différentes qui ont fusionné et se sont enrichies mutuellement. Avec la révolution néolithique, l’homme se sédentarise et commence à domestiquer son milieu. De nombreux objets en terre cuite et des céramiques de cette époque sont conservées. Les plus anciennes pièces exposées sont de minuscules figurines en argile (6ème-7ème millénaire avant J-C) qui servaient très probablement d’amulettes ou de véhicules magiques pour prononcer un vœu. Les céramiques utilisées pour la conservation des aliments étaient le plus souvent peintes selon un décor naturaliste. Les techniques de la porterie évoluent, les formes deviennent plus fines et variées. La naissance de l’écriture aux environs de 3200 avant J-C marque un tournant décisif dans l’évolution de la culture iranienne. Les contacts commerciaux se développent. Des tablettes d’argile servent alors de documents comptables. Les sceaux-cylindres datent également de cette époque, il s’agit des premières pièces d’identité. Le royaume d’Elam est florissant dans le courant du deuxième millénaire. Les peuples élamites sont principalement installés dans les villes de Suse. Le Proche-Orient connaît également un développement technologique très important avec la diffusion du cheval et de la roue mais aussi l’utilisation du fer. De cette période est conservé une plaquette en relief représentant un couple enlacé, couché sur un lit. Un érotisme vieux de plus de trois millénaires ! L’age du fer (milieu du deuxième millénaire jusqu’au milieu du premier avant J-C) s’accompagne d’une nouvelle vague d’immigrations de tribus parlant l’indo-européen. Il s’agit des Mèdes et des Perses qui entreront en conflit avec les élamites. Pour cette période, de nombreuses découvertes témoignent de la maîtrise du travail de l’orfèvrerie. Les cimetières du Luristan ont laissé un riche patrimoine artistique avec une importante production d’objets en bronze, armes et pièces de harnachement. Le trésor de Ziwiyé, découvert dans les années 40, témoigne lui aussi de la richesse et des nombreuses influences de l’art perse (art assyrien, mèdes, scythes). Ce trésor d’or et d’ivoire fait partie d’un ensemble funéraire, probablement la tombe d’un prince scythe. Les plaques d’ivoire et d’or sont des pièces exceptionnelles par la finesse de leurs décors. Les Perses (tribus indo-européennes venues de Russie) fondent le premier empire mondial avec la dynastie des Achéménides. Ce puissant empire naît sous Cyrus le Grand (559-530 avant J-C) et s’étend avec ses successeurs des Balkans à l’Indus et de la Grèce à l’Ethiopie. Ces nombreuses conquêtes ont une influence directe sur la culture qui résulte de fusions et de mélanges entre les différentes cultures et religions des peuples conquis. On constate une nette influence égyptienne, la sculpture et l’architecture sont étroitement liés dans une glorification du pouvoir du souverain. La tête du guerrier perse, ce haut-relief taillé dans le calcaire témoigne de ces échanges entre ces deux cultures. Cet immense empire perse voit la fin de son règne arrivé avec Alexandre le Grand qui 330 avant JC réduit Persépolis en cendres. A la mort de l’empereur, ce vaste territoire conquis est divisé entre ses généraux, les Séleucides. Cette période est marquée par les échanges entre la civilisation grecque et orientale ce qui donnera naissance à l’art hellénistique. Mais les conflits ne sont pas finis et un nouveau peuple, les Parthes, issu du Turkménistan, s’emparent du nord-est de l’Iran. Les cultures grecques et orientales sont en étroits contact. On retrouve par exemple des statues de divinités grecques comme Aphrodite sur le site de Monts Bakhtiari au sud-ouest de l’Iran. Au IIIème siècle après J-C, un souverain perse combat les Parthes et prend le pouvoir. Les Sassanides constituent la nouvelle dynastie iranienne. Ils étendent leur pouvoir et font craindre l’empire romain. Le zoroastrisme devient la religion nationale. Un fort sentiment national s’exprime dans l’art qui véhicule des idéologies. La conquête de l’Iran par les musulmans en 642 met fin au règne des Sassanides et intègre l’Iran dans le monde musulman. Cette exposition témoigne de la richesse et de la variété d’un empire qui s’est nourri et enrichi au fil du temps et de ses conquêtes. Françoise Bernardi |
Photos de
Haut-relief
Sceau-cylindre
Bas-relief |
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Centre d’art de
l’abbaye Saint-Pierre, Sint-Pietersplein, 9 - 9000 Gand. |
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| Tous les jours sauf le lundi de 10 à 18h | |
| Exposition accessible jusqu'au 05 janvier 2003. |
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