LA LETTRE MENSUELLE
Un article de Danièle Doumont - Novembre  2002.

       Une aquarelle de Pierre-Joseph Redouté, 
       au Musée de Groesbeeck de Croix.


Redouté,  peintre des reines.

Pierre-Joseph Redouté naît dans nos ardennes belges, à Saint-Hubert, en 1759.  A l'âge de 23 ans, il s'installe à Paris où vit son frère aîné. Là, Redouté rencontre le Conseiller de la cour, Charles-Louis L'Héritier de Brutelle qui l'oriente vers l'illustration botanique.  En 1788, L'Héritier introduit Redouté à la cour de Versailles  où il devient le 'Dessinateur et peintre du cabinet de la Reine Marie-Antoinette'.  En 1798, Joséphine de Beauharnais devient sa protectrice.  En 1824, il est nommé 'Maître de dessin au Museum d'Histoire Naturelle' et en 1830 'Peintre des fleurs du Cabinet de la Reine', Marie-Amélie. L'artiste décède  à Paris en 1840 à presque 81 ans.

Un peintre au service d'une science : la botanique.

C'est dans le contexte du 'Siècle des Lumières' que Pierre-Joseph-Redouté met naturellement son art au service de la botanique.  Cette science, née au XVIe siècle, se développe considérablement au XVIIIe siècle avec un affinement des critères de classification des plantes et atteint son essor au XIXe siècle avec l'apparition de la phylogenèse (constitution d'un 'arbre généalogique des plantes'). Redouté travaille avec des botanistes comme Lamarck, De Candolle et d'autres. Il participe à des publications d'oeuvres botaniques et publie personnellement des ouvrages de botanique. Son oeuvre la plus importante commence à être publiée en 1802 : 'Les liliacées'.

'Bouquet de fleurs dans un vase en verre' : 

Aquarelle signée et datée de 1839, au Musée de Groesbeeck de Croix.


Située dans la chambre à alcôve du Musée, cette petite aquarelle appartient à la dernière période de Redouté que l'on a qualifiée d' "élégante". Dans cette aquarelle, un vase de fleurs est posé sur une nappe ocre et se détache sur un fond brunâtre.  On peut y voir une rose blanche, des fleurs et des feuilles d'Oranger ou de Citronnier et de Primevère. Une feuille de rosier porte une goutte d'eau. 

Réalisée un an avant son décès, il s'agit d'une composition plus poétique où le peintre se détache de l'analyse plus purement botanique que l'on trouve dans ses oeuvres antérieures. La technique de lavis qu'il utilise lui permet d'obtenir une réalisation aux dégradés subtils. Il met en évidence les pétales de fleurs en faisant ressortir leur blancheur sur le vert délicat des feuillages. L'ensemble se détache sur un fond plus sombre, tout en nuances.  

Cette délicate composition trouve bien sa place dans la petite chambre du Musée où l'on pénètre par un embrasure en biais depuis le boudoir, ce qui concourt encore à l'intimité de la pièce .

Le Musée de Groebeeck de Croix restitue l'ambiance d'une riche demeure au XVIIIe siècle.  Chaque pièce est aménagée dans l'esprit de l'époque  avec mobilier et décorations murales.  Il s'agit d'un des plus beaux Hôtels de Maître de Namur, situé à deux pas de la place Saint-Aubain.

Danièle Doumont,      
Historienne d'art,      
www.culturoscope.be
      

 

 

 

 

 Coordonnées du Musée :
 Musée de Groesbeeck de Croix, 3, rue Joseph Saintraint, 5000 Namur
 Tél : + 32 081/ 23.75.10
 Ouvert de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 17h00.
 Fermé le lundi et entre Noël et Nouvel An
 Prix : Adultes : 2 €, Enfants, étudiants, seniors, groupes (min. 10 pers.) : 1 €.

Copyright © 2002 culturOscope et Danièle Doumont. 
Tous droits réservés.

Pour contacter l'auteur : daniele@culturoscope.be 

Liens internes :
* Chronique d'exposition par Stephane Rey en 2000.
* Papier à lettre "musical" avec fleurs de Redouté.

 

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