LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Colette Bertot.  Novembre 2002 
   Michel Delorme, Résonance des lieux, à la Galerie ABC. 
 

Professeur d’arts plastiques à la Haute Ecole Fransisco Ferrer, responsable d’ateliers à Woluwé Saint Lambert, l’artiste née à Bruxelles est loin d’être une inconnue et son parcours passe par de nombreuses expositions personnelles et collectives, par de multiples techniques apprivoisant tantôt les papiers collés, tantôt les clichés radiographiques, plus récemment les plaques de plâtre, mais ce qui réjouit ( rassure ) le spectateur c’est la constance avec laquelle l’artiste poursuit sa démarche.

Chez elle, pas de rupture de rythmes, pas de coup de balais tonitruant mais une permanence dans la recherche sur le chemin de la mémoire qui incontestablement l’interpelle.

Venue de la gravure, Michèle Delorme s’est mise à peindre avec le même sérieux, la même application réfléchie, troquant simplement l’encre et le stylet pour la couleur et le pinceau.

Si les œuvres sont abstraites, elles ne sont pas dépourvues d’une petite trace lisible évoquant un pan de ciel, une écriture, un signe oublié offrant au regard toute liberté de partir à la découverte d’émotions.

Regroupées sous le vocable : « Résonance des lieux » les œuvres exposées à la Galerie ABC disent, souvent en petits formats, « Les songes engloutis », « Les feuilles de route », « Le chant de la terre », « Les reliques de nulle part »…

Thèmes secrets et mystérieux chers à l’artiste qu’on devine accrochée à ces fragments de mémoire qui nous collent tous à la peau.

Les voyages imaginaires sont les plus fascinants et les errances picturales de Michèle Delorme  teintées de brumes, de gris mouillé, de sable dégradé, de blanc de craie, de bleu velouté témoignent d’une application et d’une créativité sans faille.

L’artiste travaille comme la fourmi traquant les signes, arrêtant le vent, les nuages, scrutant l’horizon et posant la couleur, en douceur, pour distiller son message d’infini.

Les œuvres se ressemblent sans se ressembler. Seul, à peine perceptible, un même fil conducteur les parcourt instaurant un dialogue subtil et poétique entre le dit et le non dit.

Parfois, sur le support – qu’il soit de toile, de plâtre ou de papier – viennent s’inscrire en épaisseur des empreintes de matières méthodiquement agencées et qui portent nom : « Duetto » ou « Dans la pierre » .

En touches effleurées, en coloris pastels, en reliefs fragiles ou appuyés, en signes inconnus, Michèle Delorme sait le chemin des mondes imaginaires.

Colette Bertot         


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27imdelorme.JPG (20004 octets)

Michèle Delorme,
"Terre d'ombre"

 

 

 

Galerie ABC. 53 rue Lebeau, Bruxelles.

Du mardi au samedi de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h30.
Fermé dimanche et lundi, 1 et 2 novembre.

Exposition accessible jusqu'au 26 novembre 2002.

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