![]() |
LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Octobre 2002 Moi ou un autre : Autoportraits d'artistes belges, chez Dexia |
|
Dernière exposition proposée par la Dexia Banque dans le grand hall de l’ex Crédit-Communal, « Moi ou un autre » met un point final à une belle épopée culturelle commencée en 1960. Dexia reprend le flambeau. Autrement et bientôt
dans d’autres locaux. L’exposition présente plus de 50 autoportraits d’artistes belges. Le
plus ancien est signé James Ensor, le plus récent Robert Devriendt
et il a été réalisé spécialement pour l’exposition qui, cette fois, n’est pas
structurée de manière chronologique mais bien thématique. Elle retrace donc, à sa manière, l’évolution du portrait en tant que
tel et la façon qu’a l’artiste de percevoir son identité.. Un fait est certain, les nombreux autoportraits contemporains le
prouvent, le genre n’a rien perdu de sa vitalité. Souvenir, dérision, introspection, il y aurait bien des commentaires
psychologiques à faire – c’est la mode n’est ce pas – sur l’art et la manière
dont l’artiste se représente, « en équilibre instable sur la frontière
entre transparence et mystère, exhibitionnisme et dissimulation, séduction et
rejet, vérité et imaginaire ». Tout est question de vocabulaire. La plupart des autoportraits sont une représentation ressemblante de
l’artiste par lui-même. Nous en prendrons ici pour exemple, l’autoportrait
« avec palette de peintre » de Louis Buisseret,
d’une parfaite perfection technique, dans une attitude un peu froide et
distante. Parfois l’artiste se situe dans un lieu déterminé tel « Le peintre
dans son jardin » où Gustave van de Woestijne se
représente statique et serein derrière sa petite barrière qui fait furieusement
songer aux jardins clos des Primitifs Flamands. Les couleurs sont douces et posées avec application à l’intérieur de
lignes précises. L’autoportrait se complique quand l’artiste se dissimule derrière une
métaphore. C’est Jan Fabre se glissant dans la peau d’un hanneton. C’est Robert
Devriendt « peignant l’illusion d’une illusion »
et se représentant en « Cerf pleurant » ! L’animal empaillé est
peint, en format réduit, jusque dans le moindre détail. Il apparaît là tel une
métamorphose avec les larmes, plus vraies que vraies, comme élément humain. Au fil des thèmes, la confusion s’installe. Félicien Rops, forcément, nous livre une autoportrait satanique et
Liliane Vertessen se met en scène à coup de peluches,
de fourrures, de plumes, de néon criard se situant dans une histoire de l’art
occidentale dominée, selon elle, par les hommes… Quant à Pieter Vermeersch, il réalise tous les ans son autoportrait.
Il en est actuellement au 11° et figure entre les autoportraits de son grand
père et de son père, eux aussi artistes ! S’agit –il encore d’autoportraits et le spectateur s’égare, non sans
plaisir, du côté de l’autoportrait de Thierry De Cordier, intitulé simplement
« Moi » boule noire et tassée fermement plantée sur ses bottines et
vêtu de textiles superposés ! La confrontation est passionnante. Certains semblent sûrs d’eux,
d’autres doutent, jouent ou cherchent. Il est tant de thèmes possibles et ici évoqués. Le regard, le masque,
le déguisement, le dédoublement, le portrait de l’esprit. La preuve que la question de l’identité est loin d’être résolue et en
chatouille encore plus d’un… Colette Bertot |
Cliquez
sur les miniatures *
Pieter Vermeersch
Robert Devriendt
|
|
Galerie
Dexia. Passage 44. Bruxelles. |
|
| Du mardi au dimanche, de 11h à 18h. Fermé lundi et jours fériés. | |
| Exposition accessible jusqu'au 26 janvier 2003. |
Copyright © 2002 Mémoires et Colette
Bertot.
Tous droits réservés.
Les autres articles sont accessibles via nos
archives.
Inscrivez-vous pour recevoir les
infos de la lettre mensuelle.
Retour à la lettre
Retour à l'accueil