LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Françoise Bernardi.   Août 2002 
   Plaques émaillées, de la publicité à l'architecture
: à St-Hubert


Durant tout l’été, le palais abbatial de Saint-Hubert propose une exposition consacrée aux plaques émaillées belges. Ce support a connu au fil des années différentes attributions. Utilisé par les publicitaires ou les artistes, on le retrouve aussi plus familièrement dans les villes sous forme de panneaux indicateurs.  

Si l’émaillage est une technique déjà maîtrisée dans l’Egypte ancienne, la présente exposition s’intéresse particulièrement à la plaque publicitaire répandue en Belgique depuis la fin du XIXè siècle. Le renouveau des arts décoratifs et la révolution industrielle offrent un nouveau souffle à l’émail qui prend la forme de plaque publicitaire. Sa capacité de résistance fait de l’émail une technique privilégiée dont les publicitaires ont su tirer profit.

A la fin du XIXè siècle, la plaque émaillée est utilisée pour des panneaux indicateurs, son utilisation est avant tout informative. Dans les années 20, le niveau de vie augmente et on pousse à la consommation. Les plaques publicitaires sont alors très largement répandues, elles envahissent les rues. Dans l’entre-deux-guerres, la plaque émaillée belge a connu son âge d’or. On peut citer deux grandes émailleries belges : les émailleries de Koekelberg et l’Emaillerie belge. Après la guerre 40-45, la plaque émaillée connaît un nouveau succès. Mais celui-ci ne durera pas puisque, dans les années 70, elle tend à disparaître.

Dans le domaine de la publicité, la résistance et le caractère durable de la plaque émaillée sont ses avantages autant que ses inconvénients. Ce support suit moins rapidement les modes et l’évolution des styles que l’affiche. Ainsi, on y voit le plus souvent le nom du produit ou un personnage qui sert de symbole à l’entreprise. Les plaques émaillées présentent généralement des produits de consommation quotidienne comme l’eau, le tabac ou encore la bière.

Les eaux de Spa et de Chaudfontaine ont fait appel au même graphiste, Jean d’Ylen, pour réaliser leur publicité. Ses réalisations vont devenir les emblèmes, les logos de ces deux marques. Le Pierrot de l’un ou la colombe de l’autre sont intimement liés à ces deux entreprises. D’autres graphistes célèbres ont créé de véritables emblèmes comme Cassandre et le Chat noir, ou Léon Marfurt et la femme Belga. Mais ces créations ne sont pas uniquement destinées à la plaque émaillée, on peut également les retrouver dans les affiches.

Les artistes contemporains tentent également d’exploiter ce support. Des extraits de B.D (Tintin, Blake et Mortimer, etc.) sont présentés sur des plaques émaillées mais leur destination est encore incertaine. Ben ou Liliane Vertessen exploitent les qualités esthétiques de ce support ainsi que ses propriétés d’inaltérabilité. Les villes en font de plus en plus usage pour leurs panneaux indicateurs (noms des rues, métro, aéroport).

L’exposition se veut assez complète dans la présentation de la plaque émaillée qu’elle propose dans ses multiples applications même si la tendance dominante est la publicité. Actuellement, elle n’est plus que rarement utilisée comme support publicitaire (Coca-Cola, Palm). Cependant, son avenir semble prometteur. Ses capacités de résistance aux graffitis, aux conditions climatiques variables et l’inaltérabilité de ses couleurs sont autant de qualités qui font de la plaque émaillée un support durable idéal.

Françoise Bernardi,     
Historienne d'art      


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Plaquette


Palais abbatial de Saint-Hubert  
Tél 061.25.01.50

Du mardi au dimanche de 13 à 18h, fermé lundi.
Exposition accessible jusqu'au 06 octobre 2002.

Copyright © 2002 Mémoires et Françoise Bernardi. 
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