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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de Colette Bertot.
Juin 2002. 2. La girafe... pieds sur terre, tête dans les nuages, à Bruxelles. |
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C’est la plus petite galerie de Bruxelles et son concept, original bien
qu’aléatoire, mérite d’être épinglé ! L’intitulé déjà indique l’architecture des lieux étroits et étirés en
longueur comme le cou du sympathique ruminant ! Une toute petite salle au
rez de chaussée,
une toute petite salle à l’étage, une minuscule cave voûtée reliées par des
escaliers en colimaçon constituent les cimaises de l’endroit agrémenté d’une
courette aux allures de jardin japonais où la végétation se pousse du col pour
aller chercher un brin de lumière entre les murs voisins. Quelques mètres carrés en somme, orchestrés par deux artistes arrivées d’horizons différents. Stefania
Unwin,
propriétaire et mécène, nous vient d’Allemagne où elle a créé une autre
« Girafe », toujours active, à Berlin. Viviane Defosset,
par ailleurs enseignante et linguiste qui s’investit, depuis quelques années,
dans le projet au long cou. Accrochée entre le quartier « chic » du Sablon et les
Marolles, la Girafe se veut « pont » entre deux milieux de vie et
l’idée, qui est dans l’air du temps, fait son chemin. Nos deux protagonistes sont aiguillonnées par l’amour de l’art et le
rêve de constituer un groupe d’artistes (maximum 15) véhiculant les mêmes valeurs spirituelles à
savoir :être capable d’exprimer dans la discipline choisie une impression
de vérité intérieure d’une manière compréhensible. La galerie se veut « non marchande ». On y parle d’ailleurs
peu de contingences matérielles… Côté artistes, les joyeuses aquarelles d’André Dumont,
ucclois d’origine, occupent encore les lieux. La peinture
est, pour ce créateur, animateur, pédagogue formé au métier du cirque, source
de bien-être. Il sait, d’un coup de pinceau coloré, exprimer la magie de
l’instant. Les arbres, les oiseaux, les animaux en tous genres constituent son
arche de Noé. Sa fraîcheur de vision et sa philosophie mi-adulte, mi-enfantine
font rebondir sur les murs de la Girafe comme un message de sagesse et de joie. Dès le 7 juin, il cède la place au hollandais
Joep Verbeeck dont le parcours passe par l’Académie d’Art
de ‘s Hertogenbosch, quelques expositions collectives
sur sa terre natale et une exposition
personnelle en la Girafe de Berlin. Moins ludique que son prédécesseur, son thème favori transite par les
objets de tous les jours parce qu’il en ressent, au
quotidien, la présence. L’eau, source de vie, prend à ses yeux, mille formes. Dans un esprit misérabiliste qui a décidément le vent en poupe,
l’artiste trace, dans un magma de couleurs contrastées, des lavabos, des
robinets, des carrelages suggérant une histoire banale si histoire il y a…Ses
récits, explique-t-il, s’expriment de l’intérieur vers
l’extérieur. Même insignifiant, un tableau peut, à ses yeux, refléter une
expression forte et symbolique. A chacun ses rêves, à chacun ses questionnements. Affaire à suivre. Colette Bertot
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André Dumont
Joep Verbeeck
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| La Girafe. Galerie atelier. 14 rue Notre Seigneur. 1000 Bruxelles. |
| Du mercredi au vendredi de 11h à 15h. Samedi et dimanche de 10h30 à 16h. |
| Exposition Verbeeck jusqu’au 23 juin 2002. |
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