LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Françoise Bernardi.   Avril 2002 
   Mady Andrien, sculpteur : à Liège
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A travers un parcours thématique et chronologique, la Salle Saint-Georges présente l’œuvre de Mady Andrien. Bien connue des liégeois pour ses nombreuses sculptures publiques, cette artiste reste à découvrir.

Le parcours de Mady Andrien est intimement lié à la Ville de Liège. Elle étudie le dessin et la sculpture à l'Académie de Liège. En 1961, elle reçoit le Grand Prix de la Sculpture de la Ville de Liège. A partir de 1963, elle enseigne la sculpture ornementale à l’Académie royale des Beaux-Arts ainsi que la sculpture statuaire à partir de 1966. Plusieurs de ses sculptures ornent la Cité Ardente. Celles-ci répondent à une commande ou un concours : la Piscine devant l’hôpital de la Citadelle, les Principautaires, Place Saint-Barthélemy ou Saute-mouton, Place des Carmes.

La vie et les hommes sont au cœur du discours artistique de Mady Andrien. Ce sont des instants fragiles qui sont fixés dans la terre, le bronze ou encore le polyester. Les oeuvres parlent d'elles-mêmes, elles n'ont pas besoin de discours, elles sont immédiates. Il n'y a pas de héros, ce sont des individus, des groupes auxquels chacun peut facilement s'identifier. Ces sculptures touchent à l’anecdotique, au quotidien et à ses petits bonheurs. Le parcours thématique s'accorde avec une certaine chronologie, l'artiste s'est cherchée dans le travail, elle a traité différents thèmes et styles avant de trouver sa voie vers 1976.

L'homme a toujours été au centre de son travail, il s'agit là d'une constante dans ses recherches artistiques. A ses débuts, elle aborde cette thématique au travers de sculptures massives et anguleuses comme le Sculpteur et son modèle ou la Femme assise. Sa réflexion devient plus amère et pessimiste comme en témoignent la Course, les Quilles ou Jeu de massacres, œuvres plus chaotiques qui présentent  des êtres blessés, meurtris, amputés dans une veine néo-expressionniste. Son travail s’oriente vers plus de réalisme mais ses personnages traduisent encore une vision critique et négative de la société (Bête et méchant). Avec le Nanti, être bedonnant assis sur deux chaises, le nez en l’air et le sourire aux lèvres, l’humour prend place dans son art et une certaine légèreté s’amorce.

L'année 1976 marque un tournant et un véritable enclin pour la joie de vivre, une émotion plus enjouée s'empare de son art. Elle reçoit le prix spécial pour la Piscine qui décore l’entrée de l’hôpital de la Citadelle à Liège.

Mady Andrien observe notre quotidien. Les rapports entre les hommes et les événements de groupe l'inspirent et lui offrent des sujets variés et riches : les carnavals, les voyageurs, le 15 août. Au milieu de ces foules, il faut bien regarder car ce sont les petits détails qui rendent ces oeuvres personnelles et originales. La sensualité est souvent présente avec ces corps enlacés, faisant l'amour et s'embrassant goulûment. Si ses personnages se ressemblent tous, c'est dans un souci d'universalité, d'intemporalité.

Et pour ceux qui croient connaître l'artiste, les surprises viennent notamment de ses différentes relectures d'oeuvres célèbres. Mady Andrien rend hommage à différents artistes en poursuivant leurs créations, en y offrant une suite, un angle de vue différent. La sculpture lui permet de transposer dans la troisième dimension des peintures comme Le Cri de Munch ou Le Sommeil de Courbet.

Le travail de Mady Andrien est marqué par cette volonté d’immédiateté où l’émotion est première. La visite de cette exposition doit évidemment se conjuguer avec une promenade dans le centre de Liège à la (re)découverte de ces sculptures publiques.  

Françoise Bernardi    


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Plaquette

 

 

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Le Cri


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Le Nanti

Salle Saint-Georges, Féronstrée, 86 – 4000 Liège   
Tél. 04.221.26.16

Du mardi au samedi de 13 à 18h, le dimanche de 11 à 16h30.
Exposition accessible jusqu'au 12 mai 2002.

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