LA LETTRE MENSUELLE
Les chroniques de Colette Bertot.   Avril  2002. 
2.
Ludwig Vandevelde à la Galerie Orion, Bruxelles.


L’art peut prendre toutes les formes et toucher toutes les sensibilités.

L’important est qu’il interpelle le spectateur, voire qu’il le bouscule un peu…

Pousser la porte de la galerie Orion, c’est accepter d’entrer dans le jeu d’un artiste « qui ne cesse d’opposer l’idée de l’immatériel au caractère matériel de la sculpture ».

L’espace est sobre et design dans l’esprit loft très actuel. Le silence est écrasant. Quelques sculptures, maximum 8,  d’argile à l’aspect brute occupent les lieux et figurent un petit jardin de fleurs.

Il y a quelques années, l’artiste anversois d’origine, avait représenté « Les douze mois » en taillant douze drapés différents dans un même tronc d’arbre, évoquant de la sorte, la richesse de la matière dans les anciennes natures mortes flamandes.

Plus tard, en utilisant un socle, une paroi, une vitrine pour présenter ses œuvres, il réalise des sculptures, toujours en bois, représentant des parties du corps humain.

Depuis peu, Ludwig Vandevelde s’est mis à modeler l’argile, cette poussière de roche sédimentaire, souvent meuble, qui, imbibée d’eau, peut former une pâte façonnable à souhait et durcissant à la cuisson.

La Bible ne dit-elle pas que le premier homme fut façonné avec de l’argile et l’on imagine aisément le plaisir tactile que doit être celui du manipulateur faisant apparaître, lentement, d’entre ses doigts, la forme qu’il veut exprimer.

Ici, le sujet est simple. Il s’agit d’un bouquet mais pas n’importe quel bouquet et il faut au spectateur le regard aiguisé pour discerner les fleurs dans la masse apparemment informe de la matière. Car le dialogue entre l’artiste et la dite matière est primordial. L’argile a pris forme sous la pression de ses mains et la matière a cessé d’être matière pour devenir sujet et prendre vie.

Couché, dressé, tête en l’air, tête en bas le bouquet s’anime. Les fleurs se devinent, la composition s’articule en de multiples impressions qui donnent à l’œuvre sa dimension dans l’espace.

« Les bouquets alors, deviennent corps sculpturaux autonomes et étranges se référant encore à peine au sujet »…
Le sujet ? L’artiste ne l’a pas improvisé. En témoignent les nombreuses sanguines occupant les cimaises de la galerie.

Vandevelde y a détaillé la fleur avec application et savoir faire pour que ces « brouillons » lui servent de base au dualisme de la pensée qu’il affectionne. D’une part, il cultive la réflexion esthétique et d’autre part, il s’adonne, avec jubilation, au fonctionnement sensuel et plastique de la sculpture.

Au premier abord, on est rétif. Plus tard, on est conquis.

Colette Bertot    
 

 

 

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Sculpture

 

 

 

 

 

 

 


Orion Art Gallery. 19 rue aux Laines. Bruxelles. 
Du mercredi au samedi de 11h à 18 h.
Exposition accessible jusqu’au 20 avril 2002.

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