LA LETTRE MENSUELLE
La chronique de l'Université, ULg - Mars  2002.

     Henri Deprez - Quatre peintures de plafond pour le Waux-Hall à Spa,  
    
par Madame Vanessa Krins

 

PARTIE I en cliquant ici : Le plafond du Waux-Hall

PARTIE II. 
Henri Deprez : biographie et œuvre d'Henri Deprez

Peintre fécond dont une grande partie de l’œuvre a aujourd’hui disparu, Henri Deprez naît à Liège en 1720. Elève du sculpteur Renier Panhay de Rendeux, il obtient assez tard une bourse pour la fondation Lambert Darchis à Rome afin de se perfectionner. Sa présence y est attestée en 1747, 1748 et 1751. Son séjour romain est assez mal connu. Il aurait travaillé, avec ses compatriotes Jean Latour et Englebert Rendeux, chez Hyacinthe Corrado, peintre de fresques italien (1693-1768). 

Dès son retour, il reçoit de nombreuses commandes, surtout pour des églises liégeoises. En 1762, il épouse Marie-Elisabeth Petitjean, dont il aura trois enfants. Elle est la sœur de Gérard-François Petitjean, chanoine de la cathédrale Saint-Lambert et de la collégiale Saint-Denis, en faveur à la cour du prince-évêque Charles-Nicolas d’Oultremont. 

Cette alliance, tout comme ses nombreuses réalisations vendues moins chères, lui ont valu des critiques déjà de son vivant. Léonard Defrance ne le qualifie-t-il pas dans ses mémoires de «barbouilleur insigne», qui «pochait des yeux dans ses figures mieux qu’un parfait cuisinier ne fait les œufs»? Deprez semble avant tout soucieux de productivité et la qualité de son œuvre s’en ressent. Il est spécialisé dans les portraits, ainsi que dans les peintures religieuses et mythologiques. Il s’inspire largement d’autres artistes et reproduit les mêmes motifs d’une composition à l’autre. Deprez meurt en 1797.

Une chronologie de son œuvre est établie par Albert Lemeunier. En 1750-1751, il réalise six petits tableaux pour l’église Saint-Denis à Liège et, vers 1760-1765, la plupart des peintures décoratives du château de Belle-Maison à Marchin. Vers 1763, il exécute des peintures décoratives pour l’hôtel Spirlet en Hors-Château et deux tableaux pour le chœur des Dames de l’église abbatiale du Val-Benoît. En 1765, il peint les scènes de la vie de saint Feuillien pour la collégiale de Fosses. De la même époque datent les tableaux décoratifs de la bibliothèque du palais des princes-évêques (vers 1766), la peinture de la voûte et de la coupole de l’église du Saint-Sacrement à Liège et deux attiques de portes pour l’hôtel de Clerx d’Aigremont dans la même ville (vers 1767). En 1768, il fait le portrait de Charles-Nicolas d’Oultremont pour l’hôtel de ville de Huy. Au début des années 1770, il réalise «Jésus chassant les marchands du temple» et «Jésus parmi les docteurs» pour l’église des Prémontrés de Beaurepart et commence à orner la voûte de l’église Saint-André à Liège. En 1773, il réalise les scènes de la vie d’Enée pour la salle à manger du château des Sélys à Fanson. En 1776, il commence une commande importante pour l’église de Chênée : quatorze stations du chemin de croix, deux tableaux («l’Agonie du Sauveur» et la «Résurrection») et deux médaillons (saint Pierre et saint Paul). En 1779, il peint un plafond, aujourd'hui disparu, à l’hôtel de ville de Verviers. 

Sont encore attestés une Assomption pour l’église de Glons (1786), un Calvaire pour la chapelle Saint-Roch de Volière (1789), une Trinité pour la chapelle Sainte-Ursule au palais de Liège (1790, aujourd’hui à l’église de Housse) et, enfin, un chemin de croix de seize stations à l’église Notre-Dame de la Licour à Herstal (1792). 

A. Lemeunier mentionne également les œuvres disparues et connues par les notes du chanoine Hamal : voûte de l’église du Séminaire et de celle des Jésuites, tableaux pour le chœur de l’église de l’abbaye de Robermont, pour la collégiale Saint-Pierre, pour l’église des Carmélites de Saint-Léonard, pour le chœur de l’église des Carmes déchaussés en Hors-Château, pour le chœur de l’église Saint-Séverin à Liège et, enfin, un Christ pour le maître-autel de l’église des Clarisses que Hamal cite comme le chef-d’œuvre de Deprez. Peuvent encore être signalés des dessus-de-porte pour l’hôtel d’Ansembourg et pour celui de Hayme de Bomal, ainsi que des tableaux pour l’église Saint-Loup à Namur.

A. Lemeunier (p.43) situe le plafond de la salle de bal du Waux-Hall en 1774, date avancée sans source, vraisemblablement celle, erronée mais répandue, de la construction du bâtiment. Les plafonds ont été peints plus probablement en 1770 (cage d’escalier et salle de bal) et en 1771 (grand et petit salons).

Vanessa Krins,     
Historienne d'art     

PARTIE I en cliquant ici :
Le plafond du Waux-Hall

Bibliographie :

DE LAIRESSE Gérard, Le grand livre des peintres, 2 vol., rééd., Paris, 1787.

DETHIER Ivan, Décoration du Waux-Hall, dans Histoire et Archéologie spadoises, mars 1985, p. 9-11.

FOLVILLE Hughes et Jacques, Spa, le Waux-Hall, les quatre plafonds décorés par Henri Deprez (Liège : 1720-1797), dans Musique et patrimoine (Dossier de la C.R.M.S.F., 2), s.l., 1995, pp. 157-159.

KRINS Vanessa, Le Waux-Hall à Spa, (Dossier de la C.R.M.S.F., 6), Stavelot, 2000.

LEMEUNIER Albert, Henry Deprez, essai de bibliographie, dans Cahiers du C.A.C.E.F., n° 127, 1987, pp. 40-44.

LOMBAERDE Piet et FABRI R., Le Waux-Hall de Spa, dans Maison d’Hier et d’Aujourd’hui, n° 67, 3e trimestre 1985, pp. 2-31.

MARQUET Léon et BEDORET Gaston, A l’âge d’or de Spa, le Waux-Hall au XVIIIe siècle. Du XIXe siècle à nos jours, Verviers, 1985.

 

 

Toutes les
illustrations se
trouvent sur 
la PARTIE I 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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