LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Françoise Bernardi.   Mars 2002 
   Maurice Frydman au Botanique à Bruxelles
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Maurice Frydman aborde la vie au travers d’une texture et d’une matière particulières qui évoquent la peau. Les réseaux de lignes et de fines nervures présents dans ses œuvres s’apparentent à des gros plans sur l’homme dans sa chair. Artiste parisien (1928) installé à Bruxelles en 1960, il développe une technique particulière à partir de films plastiques, ce qui lui permet d’obtenir ce rendu « textural » proche de l’épiderme.

Ses peintures procèdent souvent de l’empreinte. La matière picturale est appliquée dans les creux du film plastique qui n’est volontairement pas étiré mais plissé. Il réalise alors un monotype à partir de ce premier support. Plusieurs œuvres fonctionnent comme des diptyques avec d’une part l’original (peinture en creux sur plastique) et d’autre part le monotype, c’est-à-dire l’empreinte de la première peinture sur un support tel que du lin ou du bois. Ces paysages épidermiques, entre abstraction et figuration, sont une variation à partir d’une même technique d’empreinte.

Comment ne pas évoquer Simon Hantaï et ses pliages qui offrent un résultat proche de celui obtenu par Maurice Frydman. Ces deux artistes partagent une même pratique peu traditionnelle de la peinture. L’artiste n’a plus le total contrôle sur l’œuvre, l’aléatoire prend une place importante, ce qui établit une distance entre l’œuvre et son créateur.

La notion de protection liée à la matière plastique est accentuée quand l’artiste place un écran en plexiglas devant son œuvre afin de mieux la protéger. La matière plastique fait partie de notre quotidien, elle sert d’emballage ou de protection. Maurice Frydman en exploite les propriétés physiques et l’utilise comme support facilement modulable.

Pour ses sculptures, il utilise avec une même obsession le film plastique qu’il enroule autour de colonnes en PVC ou en bois. Ce qu’il appelle ses forêts ou bouquets de colonnes de lumière exploitent le lieu tant dans sa hauteur que dans sa surface.

En s’éloignant d’une stricte représentation de la figure humaine, Maurice Frydman en est encore plus proche. Son œuvre cultive l’ambiguïté des rapports entre l’abstraction et la figuration. Ses réseaux de lignes sont une approche de la vie à travers les cicatrices, les coupures ou les marques laissées par le temps. L’homme qui est au centre de son discours est un être blessé qui porte les traces de son vécu.

Françoise Bernardi    


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19frydmaa.JPG (38061 octets)

Maurice Frydman

 

 

 

 


Le Botanique Rue Royale, 236 – 1210 Bruxelles.   
Tél. 02.218.37.32

Tous les jours sauf le lundi de 11 à 18h.
Exposition accessible jusqu'au 10 mars 2002.

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