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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Stephane Rey et Colette Bertot. Janvier 2002 3. Artistes d'Europe, à la K Gallery. |
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Depuis ses débuts, la K
Gallery a pris pour
option de faire (re)connaître les artistes car s’ils ne sont pas (re)connus,
ils n’existent pas et il en est, de grande valeur, qui sont tombés dans l’oubli
pour de multiples raisons. La mode, les dissensions familiales, le désintérêt
tout simplement. A ce propos, nous songeons à un artiste comme Martin
Bollé dont on n’a plus jamais entendu parler, depuis des décennies, et qui mériterait
largement de sortir des oubliettes où il est cantonné. Sur le thème « artistes d’Europe » (L’Europe a le vent en
poupe, n’est-ce pas ? ) la galerie a décidé de mêler les œuvres de
« ses » artistes, belges, à celles d’artistes venus du Nord de
L’Europe où l’expression artistique fut longtemps muselée. On les découvre donc avec curiosité constatant à quel point l’art est
universel, cri du cœur, mode d’expression qui ne connaît pas de frontières. Parmi ces artistes mal connus chez nous, citons le bulgare Valentin
Kovatchev qui pratique l’eau forte et la gravure avec une
étonnante maîtrise, mettant en présence des thèmes traditionnels et des thèmes
nouveaux, des fragments d’icônes et des paysages imaginaires. En matière de gravure encore, Eva
Labutyte,
venue de Lituanie, est une révélation. Travaillant dans un style à la fois
contemporain et conceptuel, elle poursuit une longue réflexion sur la mémoire
et l’éternité dans l’espace infini du cosmos. L’ukrainien Oleg
Liubkiwski s’est peu à peu
démarqué des thèmes imposés par le « real socialisme » pour dire, à
sa façon, très personnelle, son amour de la ville, la sienne Czernowitz, pleine d’images à la fois mythiques et
quotidiennes. Mais revenons chez nous pour admirer les petites sculptures de Nat
Neujean aux formes spontanées et sensibles comme ce
« prêtre » ciselé avec adresse pour n’exprimer que l’essentiel. L’Ardenne est sujet de prédilection d’Albert
Raty
et de Maria van Gallebaert. Le premier a le style
puissant et la pâte épaisse pour faire vibrer l’âme des paysages et des villages remplis de
poésie. La seconde, peu connue, a le don de faire surgir une atmosphère du plus
banal des coins de forêt ou du plus sombre des amoncellements de rochers. Eugène De
Bie occupe largement les cimaises
de la galerie campant avec force des personnages aux allures baroques ( comme
un étonnant « clown au piano ») ou des images lumineuses de Bretagne
où il vécut longtemps. Marcel
Delmotte s’est d’abord inspiré de la
Bible et de la mythologie pour peindre des tableaux aux allures surréalistes.
Il passe ensuite aux décors abstraits et un peu froids pour exprimer ses
rêveries fantasques et intemporelles, toutes axées sur la beauté de la femme et
la précarité de l’être humain. Epinglons enfin l’œuvre de Armand
Jamar,
peintre, aquarelliste, dessinateur mort en 1946 et dont la palette s’apparente
tantôt aux impressionnistes flamands tantôt aux impressionnistes français ce
qui lui donne l’occasion de jouer avec
virtuosité sur une vaste gamme de coloris. L’homme a beaucoup voyagé. Des
Pays-Bas à l’Afrique du Nord mais Venise fut pour lui, passionné par les jeux
de lumière, une source inépuisable d’inspiration. Stephane Rey, Colette Bertot |
Armand
Jamar
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| K Gallery. 10 rue Charles Hanssen, Bruxelles. |
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Jeudi et vendredi de 12h à 18h. Samedi de 11h à 18h. Dimanche de 11h à 14h. Et sur rendez-vous. Tel. 02/ 346.00.12. |
| Exposition accessible jusqu’au 17 février 2002. |
Copyright © 2002 Mémoires, Stephane
Rey et Colette Bertot.
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