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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Janvier 2002 Premiers pas dans le futur : Usagexterne, la galerie des jeunes créateurs. |
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Usagexterne est un nouveau lieu d'exposition à Bruxelles qui a pour ambition de faire
découvrir de jeunes créateurs à un large public. Au coeur du quartier Dansaert, lieu branché de Bruxelles, une maison de maître dernièrement
rénovée offre un espace d'exposition idéal sur trois étages, spacieux et
lumineux. Cette galerie offre à de jeunes artistes, belges ou résidants en
Belgique, récemment sortis des écoles artistiques ou même aux autodidactes
d'exposer leurs créations. Un système de parrainage lie de jeunes artistes avec
d'autres plus confirmés, comme ici François Schuiten
qui soutient les différents talents de cette exposition inaugurale. En tant que
parrain, il présente également ses propres oeuvres. Il s'agit d'une
collaboration avec la photographe Marie-Françoise Plissart qui lui a donné
quelques photos qu'elle estimait non finies mais qu'une intervention graphique
pouvait achever.
Pour sa première exposition, ce centre entièrement consacré à la jeune
création belge réunit des artistes d'horizons différents (mode, architecture,
peinture, graphisme et design) autour des Premiers
pas dans le futur. Chacun, selon sa propre voie de création, a développé
son travail autour de ce thème. En peinture, on trouve des visions assez différentes du futur à travers les
oeuvres de Jean-Luc Moerman et de Robert Quint. Les explosions cosmiques du premier
s'apparentent à des tatouages tribaux, la couleur prend vie, entre en mouvement
et traduit des formes souples. Il travaille à même le mur, sa création est
proche des graffitis ou d'un art que l'on pourrait qualifier d'urbain. Robert
Quint entretient d'étroits rapports avec la photo, la vidéo ou l'image
informatique. En abordant des techniques proches des médias, il exploite la
peinture dans son aspect futuriste. Proche du pop art par l'exploitation de
tels médias, sa peinture utilise l'image photographique, la transpose sur la
toile et lui ajoute des couleurs. Il aime souvent
partir d'un portrait et plus particulièrement d'un visage pris en gros plan
comme ici celui de François Schuiten. Daniel
Kurth, graphiste, aborde le futur par le
biais de petites choses essentielles, par un retour aux choses simples de la
vie. Son oeuvre est une grande mosaïque composée d'un ensemble de petites
photos carrées d'objets quotidiens, familiers pris en gros plan comme des
bougies, des fruits ou légumes, des animaux, etc. Dans une vision légère du futur, Laurence
Gonry
adopte le thème du martien, elle lui donne des allures de super-héros. A partir
de gravure sur bois, sur lino ou encore sur gomme, l'artiste multiplie les
petits personnages aux allures sympathiques déclinés avec humour comme ce Martien plein de sollicitude envers les
filles en petite tenue. Le parfum
cyber-pyxel
et l'Echarpe communicante de Crstof Beaufays, designer de
mode, sont des créations véritablement pensées par rapport au monde multimédia
et au développement des modes de communication. Le parfum est pensé en fonction
de l'odeur que pourrait avoir ces filles virtuelles créées de toutes pièces par
les infographistes. L'écharpe communicante est quant à elle un prolongement de
nos sens, il s'agit d'une veste de tailleur dont les cols amovibles et
interchangeables possèdent des interfaces multimédias communicantes. Une
gestuelle particulière, inspirée par nos mouvements quotidiens, permet la mise en
action des fonctions de l'écharpe. Avec de tels accessoires, l'homme se trouve
à la frontière du robot. La vision du futur de Géraldine
Miesse est plus
romantique, plus humaine. Elle développe son travail à partir du
vêtement-bijou, composé de matières précieuses, des perles, de l'organza de soie, de la mousseline de soie. Inspirée par la
métamorphose du papillon et tout ce qu'elle peut avoir de symbolique par
rapport à l'homme. Elle veut créer un vêtement qui s’apparente à une enveloppe
corporelle mi humaine mi papillon. Cette thématique est directement inspirée
d'une légende de Bouddha que l'on peut interpréter comme un symbole de l'âme de
l'homme qui quitte l'enveloppe charnelle. Ses Sylphoïdes sont des vêtements
souples et aux tons orangés, délicats et légers qui évoquent l'envol. Du point de vue des designers le futur peut améliorer l'homme dans son
quotidien et dans ses rapports aux autres. Charles Kaisin
et Manon Legros ont en commun l'exploitation du banc mais dans des techniques,
des matières et styles différents. En effet, Charles Kaisin
travaille un banc extensible en matière recyclable. Le futur est ici pensé par
rapport au monde et à son avenir en matière d'environnement et de consommation.
Le résultat est une sorte d'accordéon en papier journal, extensible, il peut
s'étendre ou s'aplatir selon les envies. Cette même flexibilité se retrouve
chez Manon Legros qui réalise un banc souple en mousse, celui-ci peut prendre
de multiples configurations. Cette jeune designer
s'intéresse à la façon dont les objets peuvent agir sur les comportements
humains. La lumière peut également moduler l'environnement comme en témoignent
les Lucy 3001 de Valérie Vergin,
lampes composées de morceaux de verre à la manière de mosaïques. Ainsi le futur perçu par les jeunes créateurs prend des allures proche de
la science-fiction mais il peut aussi être centré sur l'homme dans son
environnement et dans ses relations sociales. Certains tentent un rapprochement
des hommes avec son environnement tant social que naturel. Les nouvelles
technologies fascinent et inspirent certains, d'autres tentent un retour aux
choses simples et essentielles. Ce nouveau lieu d'exposition à Bruxelles est
l'occasion de découvrir les nouvelles tendances de l'art contemporain en
Belgique, les objectifs de ce centre sont nombreux et répondent au désir de
rencontre du public avec les jeunes créateurs et inversement. Françoise Bernardi |
Pas de
photos
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Rue du Vieux marché aux grains, 46 - 1000 Bruxelles. |
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| Du mardi au samedi de 10 à 19h. | |
| Exposition accessible jusqu'au 26 janvier 2002. |
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