LA LETTRE MENSUELLE
Les chroniques de Stephane Rey et Colette Bertot.   Décembre 2001 
3.
Le vitrail... légendes et chant de lumière.
 

A l’approche des fêtes, coup de cœur pour deux ouvrages évoquant l’histoire du vitrail dont Claudel disait :  « cela vit et palpite, cela dort et rutile, cela s’allume et brûle, éclair ou braise, rubis, émeraude et cobalt et sous le trait qui le perce… tout cela chauffe et chante et, du seul fait de sa variété, produit un prodigieux ramage… »

 

Dans le premier ouvrage (1) on pénètre au cœur de la plus belle invention du Moyen-Age occidental. Place à la magie du verre et de la lumière souvent comparée à l’éclat des pierres précieuses.

Selon Bernard Tirtiaux, maître verrier et romancier belge, auteur de « Le passeur de lumière » au commencement du verre est le sable, le feu, le souffle…

Les premiers vitraux s’appellent verrières. Au V° siècle, ils apparaissent comme une mosaïque abstraite dont les multiples fragments de verre teinté étaient découpés et assemblés dans une résille de lames de plomb. Vers l’an Mille, figures, personnages et histoires tirées de la Bible sont peints sur les vitraux et la grande sarabande peut commencer. Clarté du vitrail roman, épanouissement du vitrail gothique, fleurs de pierres et de lumières que sont les rosaces, éblouissement des couleurs qui se diversifient au fil du temps…

Dites Chartres, Bourges, Notre Dame de Paris, Reims, Strasbourg… vous avez dit la perfection d’un art aux multiples facettes et d’une richesse iconographique intense et insoupçonnée.

Ce livre là, vous le reprendrez cent fois, cents fois il sera différent racontant tantôt les sources du vitrail, tantôt le mystère des alchimies ou le symbolisme des couleurs. Région par région, il répertorie et illustre – superbement – les plus beaux vitraux du monde, ces « interprètes de la lumière divine ».

 

Le second ouvrage (2) raconte le vitrail contemporain, indissociable de l’élan de spiritualité qui a soulevé le Moyen-Age.

Après de longues périodes de stagnation, le XX° siècle verra naître une façon nouvelle d’approcher cet art de la lumière.

Pourrait-on dire « à quelque chose malheur est bon » la seconde guerre mondiale laissant bien des baies vidées de leurs vitraux aura -t –elle donné à ceux-ci la chance d’inspirer des peintres renommés.

En France,Rouault, Braque, Chagall, Matisse, Soulages, Ubac et bien d’autres... En Belgique Counhaye, Anto-Carte, Blank, Calders, Jos Knaepen vont contribuer à faire entrer l’abstraction dans l’art sacré et dans l’architecture contemporaine. L’ouvrage structuré en deux parties évoque d’une part, le souffle nouveau  avec ses repères pour l’évaluation du vitrail du XX° siècle et d’autre part, il s’attarde sur les artistes et leurs œuvres et, pour le lecteur, le plaisir est grand de cheminer avec eux au pays de la lumière.

Coup de griffe tout de même à la Commission belge des Monuments et des sites et au Corpus Vitrearum, « totalement inopérants, selon les auteurs, dans la sauvegarde des vitraux ou dans le soutien d’une authentique création » ( un exemple signalé parmi d’autres, les vitraux agressifs de l’église de Marche en Famenne). 

 Stephane Rey,    
Colette Bertot    
 

 

 

Cliquez sur la miniature 
pour voir l'oeuvre 
en grand format

 

 

16reyblank.JPG (26461 octets)


André Blank,
vitrail

 

 

 

(1) Vitraux. Légendes de lumières.
Sophie Martineaud. Photographies Michel Maliarevsky.  Ed. Flammarion.

(2) Le vitrail contemporain. Comme un chant de lumière.
Jean Marie Gé
ron. Albert Moxhet. Ed. La Renaissance du Livre. Dexia.

Copyright © 2001 Mémoires, Stephane Rey et Colette Bertot. 
Tous droits réservés.

Les autres articles sont accessibles via nos archives
Retour à la lettre        Retour à l'accueil