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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Stephane Rey et Colette Bertot. Décembre 2001 1. Eijberg. Oeuvres récentes. |
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La galerie ABC soutient depuis des années le sculpteur
Eijberg magnifiant « le corps et lui seul », sous
toutes ses formes et en toutes les matières. Ce bel ensemble d’œuvres récentes et de petit format ne nous fait pas
oublier que l’artiste fut vigoureux tailleur de pierres de grandes dimensions,
obligé, un jour, pour raison de santé, de ménager ses forces, de renoncer aux
pratiques de la taille directe ou à l’exécution de pièces de bronze lourdes à
manipuler. Il lui fallut presque refaire une nouvelle carrière, à la mesure de ses
dons, de ses élans pour ne garder finalement que l’essentiel, pour repenser un
nouvel imaginaire où la nature et l’être humain prennent toutes les apparences
de la matière. Et en fait de matière
Eijberg les apprivoise
toutes avec une même rigueur. La pierre polie s’adoucit sous la caresse de l’eau et les formes se
dégagent doucement du bloc travaillé. Ainsi de cette « Colombe » en
albâtre réduite à un simple coup d’aile. Ainsi de ces bronzes ramassés et
audacieux qui chez l’artiste ne sont qu’un torse, une ébauche de bras, une
cambrure, une paire de seins juvéniles. Tout est dit de façon presque antique (
voire cycladique ) le mouvement assurant la pensée et la matière la pérennité. « Le Centaure » explose de force, « l’Archange »
évoque Samothrace, « la Feria » invite à l’envolée dansante. Le
bronze est le plus bel atours du sculpteur… Ne négligeant aucun matériau
Eijberg s’est
acoquiné avec le bois plus docile. Chaque espèce est différente et l’artiste le sait qui joue avec leur
consistance et en exploite les moindres accidents. Du hêtre, il fait une sensuelle « Amazone », du buis un sobre
« Rendez-vous », de l’ébène une cocasse « Madame
Stradivarius » et la simplicité végétale devient chef d’œuvre. Il travaille même le plâtre, matériau banal qui sous des doigts habiles
devient gracieuse « Mariée ». Eijberg a trouvé son chemin entre figuration et
abstraction, entre tranquillité et sensualité, entre espace et nature. Pas
étonnant dès lors qu’il s’occupe activement de l’installation de sculptures au
jardin des plantes médicinales de l’Université Catholique de Louvain en Woluwe où règne, parmi d’autres, son émouvante
« Océane » de bronze. Stephane Rey, Colette Bertot |
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| Galerie ABC . 53 rue Lebeau. Bruxelles. |
| Du mardi au samedi de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h30. |
| Exposition accessible jusqu’au 12 janvier 2002. |
Copyright © 2001 Mémoires, Stephane
Rey et Colette Bertot.
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