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LA LETTRE MENSUELLE |
| La chronique de l'Université, ULg - Novembre 2001. |
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Le designer Art Nouveau Léon Ledru, par Madame Anne Pluymaekers |
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Précocement, Louis-Léon Ledru manifeste des prédispositions pour le dessin. Il se forme en copiant des maîtres tels que Rubens, Chardin, Greuze ou encore, Ingres. Souvent exécutées au crayon Conté, ses études académiques de crânes ou de fleurs démontrent son acuité dans la précision des détails et ses préoccupations quant au rendu expressif des matières et des modelés (fig.2 ). Les quelques dessins conservés, intitulés L’église de Pommerieux (Moselle), Fermier (1870) et Blois (1876), ont été réalisés durant son adolescence. Datés de 1869 à 1876, ils témoignent d’un certain talent. Dès 1878, sa passion s’exerce avec une nette préférence dans la composition de paysages. Un nombre appréciable d’aquarelles, d’huiles, de dessins aux crayons de couleur en sont les témoins. Quelques années après l’éclosion de l’impressionnisme, à l’âge de 22 ans, Ledru se voit décerner par la préfecture de police une autorisation à planter son chevalet sur la voie publique. Il peut y "stationner" le matin jusqu’à dix heures afin de faire des études de peinture, tout en prenant garde à ne pas entraver la circulation. Au Salon de Paris, en 1879, Ledru expose neuf aquarelles et études, et en 1880, treize "aquarelles-études" et quatorze "dessins-études". Son nom est présent sous la rubrique "dessins, cartons, etc.". Il est qualifié de peintre et d’élève de Monsieur Levasseur (2). Il est traditionnellement admis que Ledru soit passé à l’École des Beaux-Arts de Paris, cependant aucun élément ne permet d’étayer cette affirmation. Entre 1880 et 1888, les activités professionnelles de Ledru en France sont mal connues. Sa participation aux Salons n’est plus décelée dans les catalogues d’exposition. Il semble qu’il œuvre en tant que créateur à la cristallerie de Sèvres, sous la direction d’Alfred Landier & Houdaille. L’estampe servant de page de garde à un de leurs catalogues porte la signature dans le coin inférieur droit : "L. Ledru del" (fig. 3). L’intégralité des modèles reproduits dans ce dernier est susceptible d’avoir Ledru comme concepteur. L’iconographie de la page de garde retient particulièrement notre attention car elle met en scène des pièces en cristal telles que des verres, des flûtes, des vases, une carafe et un chandelier. Celles-ci peuvent être rapprochées des modèles classiques que Ledru concevra plus tard pour le Val Saint-Lambert. Sa coopération avec les imprimeries ne s’est pas arrêtée à ce seul exemple ; en effet, il élabore des gravures dans un style classique. Le Diplôme de comptable exécuté pour la Société académique de comptabilité en est une illustration éloquente. Le projet au crayon du fronton démontre l’aptitude de Ledru à inventer et à puiser allègrement dans le répertoire antique (fig. 4). Un de ces contemporains le décrit en ces termes " M. Ledru, artiste compositeur […]. Il a horreur de la banalité. Il a, de naissance, le goût français, et il affectionne les classiques ". Durant sa période parisienne, il croque de nombreux portraits et caricatures de ses connaissances ; ses amis artistes le dessinent à leur tour. Léon Ledru représente le Paris de la Belle Époque : des scènes de café ou de cabaret à la manière de Toulouse-Lautrec. La Ville Lumière l’inspire ; il peint et dessine sur le motif comme l’illustre son tableau Vue de Paris aux Moulineaux (1888) et La ballade parisienne (fig. 5). La "période belge". Li grand rosset Français, ainsi est surnommé Louis-Léon Ledru, par les ouvriers des cristalleries du Val Saint-Lambert à son arrivée dans la cité ardente en 1888. En effet, il est roux et mesure environ 1m80. D’abord engagé en tant que dessinateur, dès 1896, il est promu chef du service des créations. En contrepartie de ce statut plus stable que celui d’artiste indépendant, il accepte de se plier aux contraintes de la fabrication industrielle et aux contingences des exigences commerciales. Dans sa lettre d’engagement, le Directeur du Val, Jules Deprez, l’autorise à retourner fréquemment à Paris. Ses séjours lui permettent d’entretenir ses liens avec ses amis artistes et marchands parisiens. Plusieurs artistes lui offrent, dans ces circonstances, des dessins et le portraiturent ; le peintre Lucien Lavigne (3) l’a particulièrement bien croqué. Ledru a conservé des gravures portant la signature du graveur Lucien Margélidon (4) qu’il côtoie à de nombreuses occasions. Le sculpteur animalier Paul-Edouard Dreux (5), les peintres Levallois (6) et Vion (7) font partie de ses intimes. Ledru est également lié au céramiste Gustave Chéret, frère de Jules Chéret, le célèbre affichiste français. Gustave a travaillé à Baccarat et ensuite, pour la manufacture de Sèvres, à la direction des travaux d’art (8). Cet élément peut nous permettre de corroborer l’hypothèse selon laquelle Léon Ledru a travaillé aux cristalleries de Sèvres. Le 28 décembre 1895, exactement deux jours après l’inauguration officielle, en amateur de modernité, Léon Ledru visite le magasin à l’enseigne "La maison de l’Art nouveau" de Samuel Bing (9). C’est également à Paris, avenue de l’Opéra, en août 1897 que Ledru fait la connaissance de l’artiste art nouveau américain Louis Comfort Tiffany. Paris regorge de divertissements et de mondanités de tous genres, ainsi il se rend fréquemment au Moulin rouge et aux Folies Bergères. Il assiste aux représentations des vedettes et des artistes à la mode. On le voit, par exemple, applaudir Sarah Bernhardt dans Les Rois à la salle La Renaissance. Il visite les Salons, les musées du Louvre, Guimet et du Luxembourg. Ledru se rend à des manifestations importantes telles que l’exposition universelle de Paris en 1889 au cours de laquelle il assiste à la consécration du verrier nancéien Emile Gallé. Le bouillon culturel parisien dans lequel il baigne lors de ses passages, le sensibilise à l’évolution des tendances artistiques et modernistes. En Belgique aussi, Léon Ledru côtoie de nombreux artistes "dans le vent". A Liège, Ledru fréquente entre autres l’imprimeur Bénard, l’affichiste Rassenfosse, les sculpteurs Bouhon et de Mathelin, l’architecte Jaspar, le décorateur Serrurier-Bovy, le graveur Maréchal, les peintres Berchmans (10), Heintz (11), Rassenfosse, Donnay, De Witte, etc. Ce cénacle artistique organise de fréquentes activités, réunions et sorties, en s’invitant mutuellement à dîner. Une véritable émulation règne entre ces artistes. Léon Ledru est un grand ami d’Armand Rassenfosse. Celui-ci échange un dessin de Hiercheuse, contre un dessin de ce dernier. Ils se fréquentent régulièrement. Engagé dans la modernité, Ledru commande à Serrurier-Bovy du papier peint pour son intérieur personnel. Ledru note souvent le passage de toutes ces personnalités au Val Saint-Lambert. Ses sorties au Théâtre ou au Conservatoire sont presque quotidiennes. Il fréquente, entre autres, l’Acclimatation, le Pavillon de Flore, le Phare, le Gymnase et se rend souvent au cirque. Le mélomane côtoie Radoux, le directeur du conservatoire de Liège. Cultivé et doté d’un esprit curieux, il assiste volontiers à des conférences et à des diaporamas (12). Membre effectif de l’Association Française de Bienfaisance (13), Ledru participe aux assemblées générales et fait partie de la colonie française liégeoise. Dès 1894, l’artiste s’associe à l’Institut archéologique liégeois, participe activement à ses manifestations et en devient membre effectif en 1911. Il est l’auteur d’articles en tant qu’historien et archéologue amateur. Ses recherches et ses conférences se centrent essentiellement sur l’ancienne abbaye cistercienne du Val Saint-Lambert. Il effectue même des fouilles pour en retrouver les fondations. Par de nombreux dessins et schémas, il illustre lui-même ses investigations et son propos. Collectionneur, il possède un grand nombre d’estampes et d’œuvres d’art dont certaines émanent d’artistes renommés ou de connaissances. Les œuvres qu’il détient sont signées entre autres par : François Maréchal " Au confrère Ledru. le 24/4/91 ", Paul Jaspar " A l’ami Ledru. Juin 98 ", Constantin Meunier ou Félicien Rops. Sa collection est vaste et hétéroclite, reflétant l’éclectisme de l’époque : s’y retrouvent des icônes russes, du mobilier de style liégeois XVIIIème siècle, des objets de style gothique, des vases grecs, des estampes japonaises ou encore des gravures de Callot. En 1905, certaines pièces sont présentées dans la section Art ancien de l’exposition universelle de Liège. Il affectionne à effectuer des études graphiques d’après les objets qu’il possède (fig. 6). Dans son agenda, Ledru a retranscrit des citations révélatrices de la manière dont il envisage sa conduite artistique. (14). Ces quelques phrases démontrent une démarche intellectuelle proche de celle des avant-gardistes. Pleinairiste, mais éclectique ! À partir de 1890, Ledru expose au sein du Cercle des Beaux-Arts de Liège dont il est membre ; le 1er juillet 1896, il est associé à la Commission administrative. Lors des expositions générales du Cercle, il présente des aquarelles, des dessins et des peintures à l’huile représentant des natures mortes, des croquis pris au Val Saint-Lambert et des paysages. 1913 est la dernière date relevée de sa participation au Cercle. En outre, l’artiste participe aussi aux Salons de Liège en 1896 où il présente un dessin intitulé Le Barrage de Fétinne et des croquis du Val Saint-Lambert, en 1902, quatre tableautins représentant les Environs de Liège et en 1912, quatre aquarelles. C’est en 1905, au Cercle Athlétique Liégeois, qu’il présente pour la première fois ses oeuvres en solitaire, lors d’une manifestation intitulée "Exposition de peintures, d’aquarelles et de dessins de Léon Ledru". Soixante-quatre œuvres sont rassemblées et retracent sa production de la décennie écoulée. Le catalogue révèle les thèmes de prédilection de Léon Ledru : le paysage, en France et en Belgique, au bord de cours d’eau, dans les sous-bois, la flore, le portrait, la représentation d’architecture et d’ouvriers au travail au Val. A cette même occasion, Ledru expose trois portraits exécutés au centre de médaillons en bronze, démontrant sa curiosité à adapter son art à de nouveaux supports et à s’initier à de nouvelles techniques. Les intitulés de plusieurs œuvres, comme Brouillard dans le bois de Chaville, Coucher de soleil sur l’Ourthe et Au point du jour, témoignent de son intérêt envers une observation attentive de la fluctuation du paysage en fonction du moment de la journée, de la luminosité et des changements atmosphériques. Partageant avec les impressionnistes la même volonté de travailler " sur le motif " et l’ambition de pousser très loin l’étude du plein air, sa manière en est toutefois éloignée. Celle-ci s’apparente plus à celle de son collègue et ami Richard Heintz avec qui il partage son engouement pour les paysages. Dans sa collection, Ledru conserve plusieurs oeuvres de ce paysagiste, dont une intitulée Impression, Effet de neige par une belle journée de Février 1895 (vue prise à Sy) (1895) (fig. 7). Par le mot Impression, écrit directement sur la toile, Heintz veut se rattacher au mouvement impressionniste et à l’œuvre éponyme de Monet, Impression, soleil levant (1874). A son tour, Ledru intitule une œuvre Effet de neige au Bas-Meudon marquant peut-être par cette action son admiration pour l’œuvre de Heintz et soulignant ainsi leur conception identique du paysage. Son entourage artistique et sa collection personnelle permettent de cerner la mouvance stylistique paysagiste dans laquelle il s’insère et par conséquent une multitude de comparaisons sont envisageables. Admirateur des pleinairistes, Théodore Baron et François Maréchal dont il possède quelques œuvres, pareillement Ledru veut rendre compte d’une nature avec davantage d’objectivité, de sincérité et de réalisme. De même, l’artiste décrit à l’aide de ses pinceaux ou crayons la nature pour elle-même, et se rend à Ougrée, Wandre, Seraing et Herstal, pour y confectionner son inventaire personnel de vues de la région mosane dans lesquelles une certaine sérénité et harmonie se dégagent. Ses œuvres s’intitulent entre autres Chemin d’Hobdomont (1891), Escaliers à Liège (1900) et L’église de Fétinne (1895) (fig. 8). La conception de cette dernière lui a occasionné de multiples déplacements. Muni de sa palette repliable (en effet, elle est constituée de deux planchettes en bois reliées par des charnières), il délaisse son atelier pour planter son chevalet en plein air et peint. Seules les finitions sont exécutées en atelier à l’aide de photographies qu’il a prises lui-même in situ. Il n’hésite toutefois pas à enjoliver quelque peu la réalité en camouflant des habitations par de la végétation, en évinçant certains éléments ou en accentuant les courbes de la passerelle à l’avant plan, la transformant par cet artifice en un pont japonais. Pour Maison dans la campagne (fig. 9) et Vue de Meuse (1895)(fig. 10), il use d’une palette colorée et lumineuse. Ledru use tantôt des empâtements riches et larges, tantôt une touche délicate et minutieuse notamment pour les détails. Une touche plus épaisse pour les éléments de l’avant-plan, confère une impression de relief aux capucines orangées dans Vue de Meuse. La composition de cette huile sur toile est équilibrée grâce au contraste entre l’espace ombragé, où la lumière se joue librement entre les feuilles du marronnier, à droite et la luminosité de la Meuse à l’arrière plan. Dans les paysages qu’il exécute à l’aquarelle règnent également fraîcheur, luminosité et spontanéité (fig. 11). Comme son confrère français Emile Gallé, Ledru montre un intérêt scientifique et esthétique pour la botanique. De nombreuses études de plantes et de fleurs sont exécutées dans des techniques variées, dont le fusain, l’aquarelle et le pastel. Il examine et peint les fleurs exotiques et celles de nos régions. Ses œuvres portent les noms de Népenthès, l’Anthurium de la famille des aroïdes, etc. Il observe les fleurs du bois de son directeur Georges Deprez et passe plusieurs journées dans son bureau à analyser le chrysanthème, l’hortensia, le cyclamen et l’orchidée (fig. 12). Ledru a en sa possession l’ouvrage de Grasset, La plante et ses applications ornementales (1896). Ce manuel qui contient un réservoir de 160 000 espèces de plantes et qui offre une infinité de formes et de modèles pour toutes sortes de figurations et d’objets, l’a influencé dans ses propres conceptions de flore décorative. Ses sources d’inspiration, lorsqu’il ne s’adresse pas directement à la nature, sont de nombreux documents graphiques qu’il a rassemblés. Ils se composent d’images ou de reproductions découpées dans des journaux et revues et collées ensuite sur de grandes feuilles. Parmi cette documentation iconographique, on retrouve des feuillets de la revue Art et décoration à laquelle le service des créations du Val Saint-Lambert est abonné tout comme aux revues The Studio et Dekorative Kunst. À Liège, en 1895, lors de l’Exposition d’architecture et d’arts décoratifs, il propose des projets de fontaines lumineuses et grave des timbres-poste destinés aux fêtes en l’honneur de Saint-Lambert qui se tiendront dans cette même ville en 1896. Quatre timbres, de couleurs et de valeurs différentes, reproduisent respectivement une aquarelle de de Witte figurant une botteresse liégeoise ; Le buste de saint Lambert du Trésor de la Cathédrale ; une vue intitulée Sous une arcade du palais des princes-évêques, une perspective sur la Cité par derrière le vieux Pont des Arches et Le blason au perron de Liège (fig. 13). Si le Comité des fêtes souhaite que ces timbres spéciaux soient émis à l’occasion des fêtes commémoratives, les démarches entreprises auprès du ministère n’aboutissent toutefois pas. Au tournant du siècle, l’affiche liégeoise conquiert ses lettres de noblesse notamment grâce au talent d’Auguste Bénard, d’Emile Berchmans et d’Armand Rassenfosse. Leurs affiches sont déjà élevées à l’époque au rang d’œuvres d’art. Ainsi, elles font partie intégrante d’expositions, parfois qui leur sont exclusivement dédiées. Ledru s’est aussi essayé dans ce créneau et expose quelques projets à l’exposition d’affiches et de réclames organisée par le Cercle des Beaux-Arts aux salons du Vénitiens en septembre 1896. L’affiche fait également l’objet de concours, dont la victoire est ardemment convoitée. En 1902, Ledru participe à des concours d’affiches ; il signe notamment un projet d’affiche pour l’Exposition des incognitos au Cercle des Beaux-Arts. (fig. 14). La graphie employée pour les lettres et les coloris ne sont pas sans évoquer la tendance Art nouveau. Un autre projet d’affiche, Samedi, on doit faire le trottoir, qu’il signe Urdel, reflète les mentalités bien pensantes de l’époque. Malgré son sérieux, Ledru ne manque pas d’humour ; les histoires drôles qu’il note dans son agenda, tout comme la multitude de caricatures conservées, en sont la preuve (fig. 15). Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Léon Ledru passe ses vacances avec les siens à Coxyde. Le front les empêche de retourner à Liège ; ils sont déportés vers la France. Arrivés à Rouen en février 1915, ils séjournent pendant un an au Val de la Haye, puis à Grand Couronne. Durant les longues soirées de déportation, le baryton Ledru, accompagné de sa famille composée de mélomanes, entonne des airs de Lakmé de Delibes. A cette époque, son activité picturale s’amplifie comme l’attestent ses créations. Ledru subvient aux besoins de sa famille en donnant des cours de dessin et en vendant ses réalisations. Par manque de moyens, il utilise des supports variés voire inattendus comme des planchettes en bois parfois peintes sur les deux faces. Immergé dans l’air du temps, Ledru dessine des portraits de soldats, Otvas (de la Martinique) 43ème inf. coloniale (1915) (fig. 16) et des scènes de guerre, Les effets d’une marmite dans la grande pâtisserie (Coxyde-sur-Mer) (1914) (fig. 17). Lors de son exil, il s’adonne à son sujet de prédilection et peint des paysages d’Evreux, de Rouen et du Val de la Haye : Dans la forêt de Roumane (1915), Val de la Haye (mai 1916)(fig. 18), Le Wharfe en réparation à Grand-Couronne (1918). Vers 1916, il exécute de nombreuses études d’après les sculptures du musée d’Art normand à Rouen ; celui-ci lui achète quelques-unes de ses productions (fig. 19). Les critiques d’art, contemporains de l’artiste, ont fait de rares commentaires sur ses œuvres. La plupart de leur remarques s’avèrent plutôt positives et le complimentent. Quelques extraits parmi d’autres : " Ledru présente des aquarelles et des dessins croqués avec une pointe remarquable ". " Les aquarelles de M. Ledru sont aussi fort habiles ". " Beaux paysages d’aquarelles ". " Il y a de l’air et de la lumière dans ce Chemin d’Hodbomont, de M. Ledru, mais la facture est trop sèche ; le même artiste expose un bon panneau d’aquarelles, Environs de Paris, et d’intéressants croquis pris au Val-Saint-Lambert ". " On a vivement félicité l’auteur [Ledru] de l’excellente interprétation des projets et du cachet artistique qu’il leur a donné ". Son contexte professionnel l’incite à confectionner une multitudes de dessins et croquis représentant des vues et des morceaux d’architecture de la manufacture et de ses filiales, les ouvriers au travail, dont les verriers et les graveurs (fig. 20). Ces études explicitent et décrivent les étapes du travail du verre au sein de l’usine. Ils illustrent, tout comme les projets de vase, les catalogues de vente, les brochures publicitaires du Val et ornent certains articles dans les journaux comme par exemple, dans l’édition spéciale du Journal de Liège de 1899. Ces scènes d’usine font même partie des oeuvres exposées au Cercle des Beaux-Arts. Ledru s’occupe activement de la conception de brochures en les enluminant et collabore à leur mise sur pied avec la complicité de Bénard. Ledru et son service se préoccupent aussi d’agrémenter, par leur art, les événements particuliers à la cristallerie. Ainsi confectionnent-ils notamment des cartes de menu ou de voeux. La production artistique personnelle de Léon Ledru est signée, la plupart du temps " L. Ledru " ou " LLL " ou " Ledru ". Par contre, les dessins ou les pièces conçus par Ledru, émanant du Val Saint-Lambert, ne sont pas signés, sauf à quelques rares exceptions ; l’identification est donc malaisée. Comme nombre d’artistes art nouveau, collaborateurs extérieurs ou intégrés aux manufactures, (par exemple Henri Bergé, maître-décorateur chez Daum ou Willy Finch, peintre-décorateur chez Boch), ils travaillent pour une firme et non en leur propre nom. Encrées dans une logique industrielle, les sociétés par cette action, protègent leur marque en achetant le modèle dont elles s’attribuent l’usage commercial. Anne Pluymaekers (1) Pour en savoir plus à ce propos, consultez, PLUYMAEKERS A., Léon Ledru aux cristalleries du Val Saint-Lambert de 1888 à 1926 : classicisme et modernité et La gravure à l’acide aux cristalleries du Val Saint-Lambert : Eléments de datation, in Art &fact, n° 20, 2001, pp. 76-94 ou PLUYMAEKERS A., L’Art nouveau aux cristalleries du Val Saint-Lambert (1894-1914), mémoire de licence, dactylographié, Université de Liège, année académique 1998-1999. [Ce mémoire inclut plusieurs chapitres relatifs d’une part à la participation du Val Saint-Lambert à de nombreuses expositions et d’autre part, aux personnalités attachées à l’entreprise tels que les frères Muller, les dessinateurs et les collaborateurs techniques (Joseph Simon, Amand Andry, Jean Vanneste, Lucien Jacquemotte, Adolphe Lecrenier, Modeste Denoël, Lucien Pétignot, Dieudonné Masson, Romain Gevaert) tout en précisant le lien professionnel qui lie la cristallerie à ses collaborateurs extérieurs assurés (Camille Renard et Philippe Wolfers) et supposés (Victor Horta, Henry van de Velde, Gustave Serrurier-Bovy).] (2) Au nom de Levasseur, le THIEME-BECKER et le BENEZIT énumèrent plusieurs artistes actifs à cette l’époque et susceptibles d’être le maître de Ledru. (3) Lucien Lavigne, peintre de portrait, né à Mennecy (Seine et Oise) le 25 avril 1862. Sociétaire des Artistes Français depuis 1888, il figura au salon de ce groupement. D’après BENEZIT E., Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol.6, Paris, 1976, p. 493. (4) Lucien Margélidon, né à la Nouaille (Creuse) le 4 juillet 1857 est aquafortiste. Elève de Lehman et de Le Rat, il figure au Salon des Artistes Français avec mention honorable en 1888. D’après BENEZIT E., op. cit., vol.7, p. 177. (5) Paul-Edouard Dreux, (Paris 1855-?) sculpteur animalier, expose au Salon des Artistes français et au Salon d’hiver. Des oeuvres de cet artiste figurent dans les collections de la manufacture nationale de Sèvres. D’après BENEZIT E., op. cit., vol.3, p. 669. (6) Pierre-Ernest Levallois, peintre de genre né à Paris au XIXe siècle, débute au Salon de 1876. D’après BENEZIT E., op. cit., vol.6, p. 626. (7) Alexandre Vion (Paris 1826-id.1902), peintre de paysage et de genre, expose aux Salons de 1849 à 1881. D’après BENEZIT E., op. cit., vol.10, p. 532. (8) Gustave Chéret (Paris 1838-id.1894) débute au Salon de 1863. Après 1877, il est engagé à Baccarat. En 1887, il succède à son beau-père à la direction des travaux d’art de la manufacture nationale de Sèvres. D’après BENEZIT E., op. cit., vol.5, p. 468. (9) Samuel Bing (1838-1905), est spécialiste des styles japonais et extrême-orientaux. Il est également critique, expert, marchand d’objets d’art et éditeur. (10) Voir à leur sujet LEROY G., Oscar Berchmans (1869-1950), dans La lettre mensuelle, novembre 2000. (11) Richard Heintz (Herstal, 1871 - Sy-sur-Meuse, 1929), peintre et aquafortiste, essentiellement paysagiste. Voir la fiche consacrée à ce même peintre sur le site. (12) Diaporama : projection de diapositives avec son synchronisé. (13) Cette association a été fondée pendant la guerre de 1870 pour les compatriotes réfugiés en Belgique, elle avait, jusqu’en 1874, pour nom : le Comité de secours. (14) Citation de Carolus Duran dans l’Agenda Ledru, note au bas de la page du mois de novembre 1898. Les illustrations sont commentées sous
chacune affichée en grand format.
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commentaires
1. Auto-portrait
2. Etude de crâne
3. Frontispice
4. Projet de fronton
5. La ballade parisienne
6. Sculpture africaine
7. HST Richard Heintz
8. Eglise de Fetinne
9. Maison dans la campagne
10. Vue de Meuse
11 Vers la
ferme
12.Chrysanthème
13. Projets de
14. Projet d'affiche
15. Caricature
16. Otvas
17. Coxyde-sur-Mer
18. Val de la Haye
19. Dessin
d'une
20. Construction d'un creuset
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