LA LETTRE MENSUELLE
Les chroniques de Stephane Rey et Colette Bertot.   Novembre 2001 
1.
Henri Vandermoere... L’autre vie des objets.

Il est né gantois en 1939 et dès 1981 il expose. En Belgique, en Hollande, en Allemagne et participe à des foires internationales comme Linéart à Gand, Europ’Art à Genève.

Son truc à lui, c’est l’observation « stricto sensu » des objets.
Il ne fait, à leur propos, aucun sentiment. Ne va pas chercher midi à quatorze heures, ne s’encombre pas de superflu. Non,à coup de lignes sobres et épurées, il dit l’essentiel. C’est la mode aujourd'hui ( et les « installations » participent un peu de cet esprit) de magnifier les objets de tous les jours. Après tout, on leur doit bien çà. Ils font partie de chaque instant de notre vie et si souvent, on passe à côté d’eux sans les voir ou pire, on les voit sans les regarder.

Arrêt sur image... Henri Vandermoere, lui, les regarde tant qu’il s’immobilise sur le moindre détail: un mur d’atelier, un pan d’ombre, une porte entre-baillée.

La ligne droite est son credo et il la tire avec une dextérité - une froideur - d’architecte.

Pour l’exposition qui nous occupe, l’artiste a concentré son travail sur les objets d’atelier. Une toile tendue sur son cadre, des pinceaux bien nettoyés, debout dans une cruche ou couchés sur la table, des classeurs posés l’un sur l’autre avec un soin fonctionnaire, des boîtes en plastique, des cartons ficelés, des sacs « à commissions » en tous genres. Chiffonnés, accrochés à un clou, plastifiés, renversés, tenus par une grosse ficelle...

Banal, direz-vous. Rien n’est plus faux.

Tout l’art de Vandermoer est de donner une vie secrète à ces accessoires muets posés sur la toile de façon strictement correcte et disciplinée.

Moins que les objets eux-mêmes, ce sont les grands espaces vides qui animent la composition.

Fonds gris, tablettes blanches, coins ombrés, draps tendus servent de faire-valoir aux coloris nets - des rouges, des bleus, des jaunes - habillant les accessoires rangés en silence à leur place. Une place réfléchie. Au centre ou à gauche ou à droite de la toile. Nulle part ailleurs.

On imagine un artiste méticuleux et austère orchestrant au centimètre près la position des formes et des objets qu’il a décidé de représenter avec un minimum de moyens pour un maximum de résultat.

Une série de sacs, plus étonnants les uns que les autres, donnent à voir jusque dans le moindre détail leur texture, leurs pliures, leur utilité, la fragilité de leurs poignées.

Ailleurs, des pinceaux dans une bouteille, des pailles dans un verre, une tasse à bord bleu, des boîtes comme nous en accumulons tous font fugitivement songer à la rigueur dépouillée de Morandi.

Nous avons bien dit « fugitivement »...

 Stephane Rey,    
Colette Bertot    
 

 

 

Cliquez sur la miniature 
pour voir l'oeuvre 
en grand format

 

 

15hv3doss.JPG (8661 octets)


"3 Dossiers"

 

 

 

15hvtas3.jpg (14084 octets)

"Tas 3"

 


Contrast Gallery. 21 rue Ernest Allard. Bruxelles 1000
Lundi de 14h à 18h. Du mardi au vendredi de 12h à 18h. 
Dimanche de 11h à 14h.
Exposition accessible jusqu’au 18 novembre 2001.

Copyright © 2001 Mémoires, Stephane Rey et Colette Bertot. 
Tous droits réservés.

Les autres articles sont accessibles via nos archives
Retour à la lettre        Retour à l'accueil

 

 

Hit-Parade