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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Novembre 2001 Vers la Modernité, à Liège |
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Voilà un projet bien ambitieux, une exposition qui tente de décrire sous
ses aspects politiques, sociaux, scientifiques, techniques et artistiques le
XIXè siècle au Pays de Liège. Les multiples aspects couverts par cet événement
nous rappellent la richesse de notre patrimoine. Il nous plonge dans cette
époque marquée par des révolutions de tous types de façon assez globale. Les arts restent dépendant des activités politiques, économiques et
sociales du pays qui, tout au long du XIXè siècle est marqué par des
révolutions (politique, sociale et industrielle), une appartenance successive à
la France et aux Provinces-Unies et enfin l'indépendance avec la constitution
de l'Etat belge en 1830. Si le début du XIXè siècle est agité et mouvementé
d'un point de vue politique, les arts en subissent les conséquences, cette période
artistiquement morose ne voit pas naître de grandes oeuvres. On peut toutefois
citer des artistes comme Hennequin ou Vieillevoye qui s'illustrent dans la
peinture d'histoire. Les artistes de cette période restent dans ce carcan
stricte du classicisme et n'y apportent pas de sensibilité nouvelle. Il faudra
attendre la Révolution belge pour voir apparaître une nouvelle génération
d'artistes qui profitera de ce souffle nouveau apporté aux arts. Les artistes ne peuvent vivre sans commandes ou sans mécènes, délaissés en
période de troubles, ceux-ci sont fortement sollicités pour asseoir le pouvoir
et la légitimité du nouvel Etat constitué.
On retrouve alors une thématique historique (Charles Soubre, Le départ des volontaires liégeois pour
Bruxelles) ou des portraits de personnalités politiques et autres. Vers les années 1860-70, la vie culturelle à Liège est en plein essor, les
artistes se détachent des styles classiques et historiques, de nouveaux
courants émergent : le réalisme, l'impressionnisme et le symbolisme. En
peinture comme en sculpture, la vie quotidienne devient source d'inspiration.
Léon Philippet aborde souvent des sujets populaires italiens (Michelina Gismondi, 1976), les scènes
les plus simples et banales trouvent un écho en peinture comme en sculpture
(Adrien De Witte Femme au corset rouge,
1880). Le quotidien sert de modèle et est ainsi magnifié (Henri Berchmans, La repasseuse; François Maréchal, Tombée de nuit). Liège connaît au XIXè siècle un véritable essor industriel, John Cockerill
s'installe dans l'ancienne résidence épiscopale à Seraing (1817) et construit
l'une des premières usines intégrées. La classe ouvrière subit cette période de
croissance économique dans la misère et l'exploitation. Ce n'est qu'avec le
temps, suite à de nombreuses grèves et révoltes réprimées dans le sang, que les
droits seront reconnus au prolétariat (création du Parti Ouvrier Belge en
1885). Les charbonnages avec les hauts-fourneaux seront une source d'inspiration
pour des artistes comme François Maréchal, Armand Rassenfosse. Les artistes se
font les témoins d'une histoire et d'un temps à travers le monde ouvrier. Cette
thématique se veut proche de l'homme et de son quotidien. Dans le domaine du mobilier, on ne peut ignorer les créations de Gustave
Serrurier-Bovy. L'espace qui lui est consacré met particulièrement en valeur
son style très personnel, marqué par le mouvement anglais Arts and Crafts. Sa volonté de créer un art pour tous l'amène à
repenser la maison de l'ouvrier, il propose du mobilier entièrement démontable
(mobilier dit silex) bon marché et pratique. On peut également noter ses
collaborations avec Armand Rassenfosse, Puvis De Chavannes ou encore Edouard
Burne-Jones qui font partie des heureuses découvertes de cette exposition. Françoise Bernardi Vous pouvez bénéficier de l'une des 25 entrées gratuites offertes par les organisateurs : pour plus de détails et les commander, cliquez ici. Par ailleurs, l'Université de Liège consacre plusieurs pages à cette manifestation. Cliquez ici pour accéder à leur site. |
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Vers la modernité. Le XIXè siècle au Pays de Liège. |
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| De 9 à 18h, mer. de 19 à 22h, fermé le lundi. | |
| Exposition accessible jusqu'au 20 janvier 2001. |
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