**  N° 59 - Décembre 2005 **

LA LETTRE MENSUELLE

Parution du 04 12 05

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 Chroniques d'expositions : 

   Colette Bertot  :  

Exposition coquine sur l'art de l'ex libris érotique : au Musée Rops de Namur 

Takayoshi Sakabé, sagesse orientale, épurée et complexe : Galerie Lanzenberg 

Anita Nardon  :  

Didieu Mahieu, quête de souvenirs, d'une femme : Musée d'Art moderne d'Ostende 
Alain Bornain, la mémoire au-delà du regard, toujours : Galerie Gabriel Brachot   

Georges Meurant  :  

Anne Kellens, huiles et gravures chez Vasco & Co : intuition, patience, sensibilité 
 Le peintre Emile Thysebaert :  
L'homme et l'artiste racontés par sa file Nicole : souvenirs de "première main", avec de nombreuses oeuvres 

Avec une Synthèse biographique et de nombreux articles de presse de l'époque concernant Emile Thysebaert 

 La vie et l'art au XIXe siècle, IIe partie :  
Les influences politiques dans la peinture, tendances dans le monde et en France ; des peintres contestataires 
 L'art miroir de la douleur, IIe partie :  
La douleur en miroir : quelles images nous donnent les oeuvres "des fous" ? Leur souffrance ? Ou la nôtre ? 
 Salons, foires, ventes en Belgique :  
Décembre est un mois riche en ventes prestigieuses, en "portes ouvertes" des antiquaires, en salons : parcours 
 Etienne Caveyrac aide les artistes :  
Les artistes et la presse, l'art de communiquer : comment se faire connaître, annoncer une expo, tenir un fichier 
 Livres parus et recommandés :  
"Rencontres", un livre d'artiste tout fait main, par Vasso Tseka et Hugo Brutin, à la Galerie Libre Cours  

Le "catalogue"' édité lors de la récente exposition suisse de Franca Ravet : une oeuvre déjà (trop) rare !  

"Le Musée Félicien Rops à Namur" : un livre autour de Rops et du musée, un collectif d'auteurs internationaux 

Monographie Hilde Van Sumere, avec le catalogue raisonné : la beauté du marbre blanc de Carrare   

 Brèves et communiqués d'expos :  
* Blow-Up : Photographies à Tournai ; Châteaux belges de Philippe Farcy ; Galerie Leukos à Bastogne  
 Le forum :  
Ce lien pour tous vos messages : annonces, demandes d'infos, discussions  

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  Editorial                                                        Retour au sommaire 

Les moules de Marcel Broodthaers restent fraîches

On connaît ces "tableaux" faits de coquilles de moules qu'a produits Marcel Broodthaers, adulé par les uns, détesté par d'autres. Outre l'expression d'une autodérision bien belge, l'artiste voulait signifier son refus d'entrer dans le "moule" des musées, de l'académisme, bref du "suivisme".

Lui-même ne savait pas peindre, mais son intention s'inscrit avec aisance dans une forme de surréalisme belge qui privilégie l'idée et son contraire, l'opposition du contenu et du titre, du signifié et du signifiant, du double sens et du contresens.

Cette forme d'expression, qui ne pâtit pas des litanies de l'art conceptuel, a selon moi induit une rafraîchissante émulation des questions à se poser sur l'art, voire sur les borborygmes d'une époque. Et à ce titre, Broodthaers reste parfaitement actuel.

L'air du temps est à chanter la responsabilité citoyenne, à prôner la participation de chacun dans les processus politiques et décisionnels. C'est une ritournelle qui n'est souvent que le "lobbying" de nos petits conforts, la défense d'intérêts particuliers, de satisfactions immédiates, qui plus est avec des oeillères de courte vue.

Ainsi, chacun veut faire de sa vie ce qu'il entend, ce que l'on nomme individualisme ressemble plus à de l'égoïsme. On entend des artistes (?) vouloir au mieux renier, au pire détruire la société, tout en attendant de cette même structure qu'elle les aide à vivre et à s'épanouir.

A côté de cela, on légifère à tour de bras pour obtenir, c'est mon impression, un citoyen formé "dans le moule". Il s'agirait d'hommes et de femmes sveltes (la mode est à culpabiliser l'embonpoint), non fumeurs, non buveurs (ou de bières sans levures), mangeant ce que des multinationales décident et des animaux nourris aux normes (peu importe que ce soit naturellement !), vaccinés, productifs, prenant un peu de soleil mais pas trop, lisant le dernier Goncourt ou, bien pire, le dernier Houllebecq.

Pourtant, ma perplexité envers les carcans et la pensée unique devient anxiété quand je vois que certains n'hésitent pas à se donner la mort de manière horrible, si pas dans d'absurdes combats, à coup sûr pour des idéologies détournées : leur geste les exclut de la finalité. Sur ce point, tout le monde, ou presque, est d'accord.

"Mourir pour des idées... d'accord, mais de mort lente", chantait Brassens. Nos idées seraient-elles devenues si pauvres, nos idéaux si flous, qu'ils conduisent à des actes de destruction, de mort ? Il y a de cela, mais je suis incapable de donner une réponse univoque : la résistance par le débat -et l'action pacifique- serait-elle devenue vaine ? Ne peut-on sortir du moule qu'en le fracassant ?

D'une part, la goinfrerie normative imposée dispense de la responsabilité, elle étouffe la créativité, elle empêche la diversité culturelle et le métissage. En corollaire, on décernera le brevet de bon citoyen, récompensé pour son mutisme mais moins libre. 

D'autre part, des combats déviants, abscons ou dérisoires, et parfois non formalisés autrement que du vague vocable de "malaise", s'engouffrent dans des canevas forcenés qui ne se soucient nullement d'autrui.

Pour compliquer : de tout temps, les rebelles furent qualifiés de résistants ou de terroristes selon le camp où l'on se trouve. Il y eut Gandhi et "Le Che", les "Brigades" de diverses couleurs et Amnesty, les anarchistes et les visionnaires. La moitié de l'humanité me donne encore la faiblesse de croire en l'Homme.

Certainement, s'il est un combat qui vaille la peine, c'est celui de la véritable réflexion personnelle. Qu'on nous en donne le temps, les moyens. Et surtout, que nous en prenions le temps, nous en donnions les moyens.

Quand on lit les résultats de l'audimat, les chiffres de vente des médias, on se dit qu'il y a du chemin à faire ! Il convient donc non plus de geindre, mais d'agir sans attendre de Big Brother qu'il nous prenne par la main, qu'il nous rétribue pour que nous nous taisions.

Sur ce plan, l'art a sans doute beaucoup à dire.

Cela étant (peut-être),
Une bonne visite.

Emmanuel Mons delle Roche    

P.S.: Je rappelle aux néophytes de l'Internet qu'il existe au moins deux moyens de lire les textes de manière économique : imprimer la page ou la rendre disponible hors connexion.
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Pour nous écrire :

info@art-memoires.com 

 

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  Le contenu                                  Retour au sommaire

Fort mois de novembre, un nouveau record je pense : 45.455 visiteurs ont vu 213.838 pages au cours de 55.893 visites. Une nuance quand même : entre 5 et 10.000 pages ont été visitées par un larron qui a tenté de forcer le forum... Il n'empêche, les chiffres restent excellents.

N'hésitez pas à utiliser les rubriques qui sont à votre disposition. Vous les connaissez :
- la Galerie virtuelle où les artistes proposent leurs oeuvres ;
- la Bourse des particuliers pour les ventes entre particuliers ;
- les Offres et demandes d'emplois ;
- l
e Courrier des lecteurs, pour la publication de messages
  avec images ou article ;  
- la page pour vous inscrire à la liste de diffusion 
- et la page sécurisée où vous pouvez vous abonner.
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 Au  03 12 2005, nous avons :

116

fiches d'artistes décédés, complètes

1139

fiches d'artistes décédés, partielles

344

expositions temporaires, y.c. archives

15

pages d'artistes actuels, affiliés 

6

galeries affiliées

17

salles de vente inscrites

17

musées inscrits

58

petites annonces

113

abonnés

3257

visiteurs inscrits à notre liste.

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Les articles du mois :                 Retour au sommaire 

L'abondance et la qualité réunies :

Colette Bertot a goûté la volupté des ex-libris érotiques qu'expose le Musée Félicien Rops à Namur : osés sans jamais être vulgaires, et ici en abondance. Moins sulfureuse mais témoin d'une recherche élaborée jusqu'à l'épure : l'oeuvre de Takayoshi Sakabe va à l'essentiel, est "zen", très certainement : chez Fred Lanzenberg.

Anita Nardon dit toute la solide mélancolie du souvenir, celui d'une femme, ou de la femme, que Didier Mahieu exprime dans sa grande installation (toutes les salles du rez) au PMMK d'Ostende. Souvenirs aussi chez Alain Bornain, ceux de nos tableaux noirs qui en disent plus que le premier regard : chez Gabriel Brachot.

Georges Meurant aime la quête patiente d'Anne Kellens, de ses matériaux comme de ses formes. Un art naïf qui ne se veut que le plaisir d'exprimer, et y parvient avec délicatesse et simplicité. 

Nicole Thysebaert est la fille du peintre Emile Thysebaert. Elle nous offre ce mois deux pages très fournies sur l'artiste et l'homme, le père et le peintre. Informations "de première main" donc, et bien utiles à la connaissance de ce peintre lumineux.

Marie-Pierre Desmergers répond à une amie qui s'étonne du foisonnement de salons, de ventes et de "portes ouvertes" en décembre : un beau parcours avec quelques résultats significatifs en salles de ventes publiques.

Vera Lewijse poursuit son analyse de la vie au 19ème siècle vue par la peinture. Cette fois, les relations entre la politique et la peinture pour la France surtout (le mois prochain la Belgique, l'Italie et l'Allemagne). Relations réciproques, avec des peintres contestataires.

Marc-J. Ghens nous livre le second volet (sur 3) de son parcours quasi initiatique parmi les peintres "fous" : l'art comme miroir d'une douleur, mais aussi une leçon et des interrogations sur nous.

Etienne Caveyrac aide les artistes à se faire connaître, à exposer. Cette fois, il explique comment communiquer, et notamment avec la presse, pour le faire avec efficacité.

Quelques livres nous sont recommandés par Colette Bertot et Anita Nardon. En cette période des fêtes, de belles idées.
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Pour nous contacter :
lettre@art-memoires.com
 

 

  L'avenir                                                               Retour au sommaire 

* L'évocation du passage au "payant" pour une partie des futurs articles a suscité peu de réactions, mais l'une ou l'autre fermement opposées. Je m'accorde donc un nouveau mois de réflexion, mais je pense qu'il n'y aura pas d'autres moyens pour poursuivre efficacement le site. C'est certes un pari, mais aussi une nécessité.

* Le mois prochain, un article très intéressant d'Adrien Grimmeau sur les dessins de Camille Lemonnier : un domaine méconnu et qui sera riche d'informations nouvelles.

* Le temps et certains détails pratiques m'empêchent de vous préciser les avantages offerts par l'adhésion à notre partenaire, "La Centrale". Ce sera donc le cadeau de Nouvel-An.

* Les abonnements, peu nombreux depuis le début de l'année, donnent du souffle, de l'oxygène au site. Voici la page du formulaire sécurisé pour l'abonnement : 
 https://www.secure-server.co.uk/forms/SS0487.cfm.

* Je rappelle comme chaque mois que le postage de messages sur le forum, s'ils incluent une adresse de site, implique que celle-ci soit entourée des balises [URL] et [/URL], avec le http://www.... 
Soit : [URL]http://www.monsite.com[/URL]
Après, il suffit de cliquer sur votre lien pour y accéder.

A très bientôt,
Et merci de votre fidélité.

E. Mons delle Roche.

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