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** N° 39 - Novembre 2003 ** |
| LA LETTRE MENSUELLE |
Parution du 02 11 03 |
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Tant qu'à faire, autant savoir ! Il ne passe pas une semaine sans que je tombe sur un article de presse ou une page Internet qui explique que la richesse d'une entreprise, d'une société, d'une nation ne se trouve plus désormais dans les biens produits mais dans la connaissance que possèdent ses membres. Des livres entiers sont consacrés à la gestion de la connaissance, le "knowledge management" pour les franglais dépendants. Nous serions définitivement entrés dans une ère post-industrielle -au vu des délocalisations, je dirais plutôt para- ou meta-industrielle, mais bon. La richesse de demain sera dans notre savoir, notre compétence, notre expertise, et dans la manière dont nous saurons la monnayer. Ces études serinées d'abondance sont en réalité le toilettage et l'habillage circonstanciels d'idées de toujours. Elles n'ont de révolutionnaire que la forme : la Terre reste ronde, mais elle devient une structure sphérique. La connaissance devient noétique. Lors du choc pétrolier des années '70, on se rassurait en clamant que, si l'on n'avait pas de pétrole, on avait des idées... dont il reste cette abominable heure d'été. Il y a des siècles que philosophie et sagesse populaire disent que pouvoir, c'est savoir. Le mythe d'Orphée, la boîte de Pandore, la pulsion d'Io, la prétention d'Icare illustrent cette curiosité qui peut être la qualité d'un esprit curieux comme le trou d'une serrure. La nouveauté en somme, c'est que des économistes attribuent une valeur à la connaissance, qu'ils la chiffreront, et que ce ne sera plus un prix à la tonne ou au mille. Là réside sans doute une évolution des esprits. Actuellement, il est rare que des personnes possèdent à la fois la richesse matérielle et le savoir. La fréquentation des deux catégories m'a appris que chacune compte des représentants heureux, et qu'ils ont en certaine estime ceux de "l'autre bord" plus qu'ils ne les envient. Cette différence se marque en art, dans l'acquisition. Les chercheurs ont rarement les moyens financiers d'acquérir alors qu'ils possèdent toutes les connaissances requises pour bien le faire (sauf la connaissance du marché sans doute). Il est des exceptions qui ne confirment pas la règle. En 1986, Etienne Ithurria, professeur à la faculté du Mirail, déniche au marché aux puces de Toulouse un livre datant de 1560, abondamment annoté. Ce vieux bouquin, acheté 80 francs français, pourrait bien être de Montaigne. Un autre érudit a découvert dans une brocante la thèse de médecine du Docteur Louis-Ferdinand Destouches, alias Céline le grand écrivain. Les acheteurs des grandes oeuvres sont des possédants, des financiers, voire des entreprises. C'est l'une des raisons de la volatilité du marché de l'art contemporain : on organise des succès parfois éphémères mais garantis par les mécanismes du tempérament moutonnier. Il n'est pas malheureux que la spéculation soit sanctionnée par des chutes spectaculaires : ce jeu de hasard s'auto-régule ainsi. Les gens comme vous et moi -pardonnez-moi si vous êtes à la tête d'une multinationale- peuvent approcher les grands maîtres à travers les multiples : je défends ces techniques avec ardeur, notamment pour cette raison. Revenons à la connaissance. Les artistes sont à la fois prospecteurs et producteurs (d'objets) de connaissance. Leurs propositions, je l'ai dit ailleurs, sont valables à défaut d'être valides : comme la philosophie, elles ne peuvent être falsifiées. Leurs oeuvres n'ont donc pas de "certification" scientifique, ce dont elles n'ont d'ailleurs nul besoin : leur intention est en-dehors, ou à côté si l'on préfère. Mais l'interrogation du début portait sur la diffusion de la connaissance comme marchandise. Cela n'a rien de honteux à mon avis. Ce serait en effet la reconnaissance que la production de l'esprit -ou la sueur de l'artisan- valent les vombrissements de la machine. Elle est déjà négociée comme telle s'il s'agit d'expertise en matière directement économique, c'est le fond de commerce des cabinets de consultance. L'acquisition de la connaissance est longue, nécessite persévérance et souvent solitude. Sa formulation pour la transmission est tout aussi complexe, impliquant une adaptation du produit au consommateur. La recherche est encore plus ingrate, dont les résultats ne peuvent être planifiés et qui sort donc du schéma de pensée de l'économiste. La connaissance aura son entier statut quand il ne se trouvera plus un dirigeant pour dire "J'ai besoin de gens qui trouvent, pas de gens qui cherchent" en s'attirant de veules sourires d'approbation ; quand on le prendra pour ce qu'il est : un abruti. Cela
étant (peut-être), Emmanuel Mons delle Roche Sur
le présumé manuscrit de Montaigne : Sur
la thèse de Céline / L-F. Destouches: P.S.: Je rappelle aux néophytes de l'Internet qu'il existe au moins deux moyens de lire les textes de manière économique : imprimer la page ou la rendre disponible hors connexion.
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Le contenu Retour au sommaire Le site poursuit une belle progression en termes de fréquentation. Les possibilités d'insertion gratuites (petites annonces et forum) ou payantes (pages artistes, bannières, annonces par la liste de diffusion) stagnent un peu. Le "Courrier des lecteurs" est par contre très lu. Il comporte deux nouvelles insertions et une réponse ce mois. La "Bourse des particuliers" et la "Galerie de vente" sont très fréquentées à défaut d'être sur-alimentées. Les rubriques habituelles sont à votre
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L'UCL : Walcourt possède deux panneaux "pré-eyckiens" qui restent pour l'essentiel une énigme. Christian Bodiaux a réalisé un travail de recherche à paraître dans une revue spécialisée. Il nous gratifie d'une synthèse préalable, en décrivant les éléments qui permettent de présumer pour une influence westphalienne pour cette oeuvre mosane. Inédit et passionnant ! Vera Lewijse et l'Italie d'hier et de demain à travers deux expositions pour Europalia Italia à Anvers. L'influence des peintres flamands sur leurs homologues génois fut manifeste au XVIIe, et l'enrichissement fut mutuel. Michelangelo Pistoletto se pose la question du rôle social de l'artiste contemporain ; et y répond sans ambages. Colette Bertot nous fait partager les charmes orientaux dont s'est éprise Isabelle de Borchgrave, toujours d'une imagination et d'une créativité réjouissantes. La simplicité de la forme, du noir et blanc, donne chez Jean-Pierre Maury de belles et dansantes envolées, où le mouvement devient alors essence de l'oeuvre. Françoise Bernardi conte l'histoire de la célèbre Chapelle des Scravegni, bâtie par le fils de l'usurier en expiation : sans lésiner sur les moyens, puisque les fresques sont de Giotto. Bruxelles propose une reconstitution de ce splendide édifice. Changeant radicalement d'époque, Françoise nous décrit l'importance du Futurisme italien, montré à Ixelles. Dominique Piteux dit la créativité de cette Flandre wallonne à proximité de Mouscron, dont une exposition rassemble la production des deux derniers siècles. L'humanité dure et douloureuse des mineurs est magnifiée par Georges Higuet, un peintre belge à qui la Ville de Lewarde rend hommage. Et enfin, Dominique nous offre une chronique sur une exposition d'art brut à Villeneuve d'Ascq : la dernière avant 2006, pour travaux. Simone de Voirbeau a su être à la hauteur de son sujet : La Venus d'Urbino, par Le Titien, est le chef-d'oeuvre autour duquel s'organise l'exposition "la Vénus dévoilée". Quand on sait que le "commissaire" en est Umberto Eco... Alix Walsh est une nouvelle venue : bien-venue et bienvenue ! Elle inaugure des chroniques que nous espérons nombreuses : à Lasne, Henri Prosi propose ses toiles et Elise Delbrassinne ses sculptures. L'intuition -la passion- rejoint la technique -la réflexion- chez ces deux artistes. Vivian Miessen pose la question des sculptures d'édition : un ancien débat entre diffusion de l'oeuvre d'art et sa multiplicité. Une technique qui a beaucoup offert aux collectionneurs, et d'une manière que j'ai souvent trouvé heureuse.
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; ; : ; La
cote de L'Art Belge, |
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* "L'urgent est déjà parti. L'impossible est en cours de réalisation. Pour les miracles, nous demandons 24 heures de délai". Vous avez tous lu un jour cette phrase dans une entreprise ou l'autre. J'ai parfois le sentiment de tenter des miracles, tant le site demande de plus en plus de suivi. Je ne m'en plains pas, c'est en quelque sorte la rançon du succès. Mais certains lecteurs estimeront que je mets bien longtemps à leur répondre. Le miracle devient que j'en trouve le temps : je ne travaille au site que dans mes temps "libres", et ils sont moins abondants que je ne le voudrais. * Il existe des solutions logicielles qui automatisent une partie de ce suivi. On les nomme, évidemment en anglais, Customer Relationship Management ou CRM. Leur prix les rend abordables aux grosses entreprises, aux gros budgets. L'inscription à la liste de diffusion est quasi la seule à bénéficier d'un "script" qui l'automatise. Et puis, le côté personnalisé de nos relations n'en accroît-il pas la convivialité ? Un autre avantage de ce financement personnel est que je garde mon indépendance, n'étant redevable d'aucun subside ou subvention. Est-ce tenable à long terme ? Pour le moment, oui. Et "pour un temps considérable" comme dit la FED à propos des taux d'intérêt américains. * Je rappelle comme chaque mois que le postage de messages sur le forum, s'ils incluent une adresse de site, implique celle-ci soit entourée des balises [URL] et [/URL], avec le http://www.... Après, il suffit de cliquer sur votre lien pour y accéder. A très bientôt, E. Mons delle Roche. |
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