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** N° 38 - Octobre 2003 ** |
| LA LETTRE MENSUELLE |
Parution du 01 10 03 |
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Le petit bout de la lucarne... Notre RTBF fête le jubilé de ses émissions télévisées, avec faste et nostalgie, la seconde nécessitant moins de moyens que le premier. Qu'on nous repasse Chapeau melon et bottes de cuir avec la pire que belle Diana Rigg suffit à me réjouir de ce cinquantenaire ! 50 ans, c'est peu comparé aux siècles consacrés à la peinture, par exemple depuis les mélanges à l'oeuf des Primitifs flamands. La technique a évolué pour l'huile, avec le résultat que plus les oeuvres sont récentes, moins elles durent, plus elles sont fragiles. Cela vaut aussi pour les livres, les procédés de fabrication du papier nous garantissant leur disparition à moyen terme. Beau progrès que celui qui diminue la longévité ! Cette lucarne a le don de nous visser au fauteuil, hypertrophiant le seul pouce zappeur. Elle fait le succès de supports papier dont c'est le fond de commerce, avec de si flagrants renvois d'ascenseurs que c'en devient risible. Elle vaut bien que je me hasarde à quelques comparaisons avec la peinture et Internet, dans la foulée des vagabondages que je m'autorise ici. Tous trois, l'écran TV, la toile peinte, la toile du net (l'écran est dit terminal, j'en frissonne) partagent l'expression en deux dimensions. Des passerelles les relient, quand la TV parle d'art, quand l'art utilise l'écran cathodique, quand des sites s'essaient à des formes d'expression artistique spécifiques. Certains de ces sites, visités par la famille du concepteur et quelques patients amis, tirent précisément orgueil de leur confidentialité : la rengaine du "Les autres sont des cons, ils n'ont rien compris" y est interprétée à gorge déployée. S'agissant d'un medium, la télévision devrait avoir réussi à proposer des oeuvres d'une nature artistique qui lui soit propre. J'ai cherché dans mes souvenirs, qui n'offrent certes pas la garantie de la quantité : sans succès. Qui se rappelle du nom d'un réalisateur, d'un décorateur, d'un concepteur d'émissions télévisées ? Oui, il y a bien Jean-Christophe Averty qui avait tenté avec quelque succès d'imprimer un style télévisuel à ses émissions de variétés. Mais après... C'est bien de cette nuance qu'il s'agit : la télévision n'a jamais réussi à se distinguer par un style. Seul le ton, le rythme, la couleur changent et distinguent. Et encore : ces variations sont souvent celles que parvient à conférer l'animateur (en somme, le guide en peinture). C'est le verbe, et la littérature ou la rhétorique. C'est le rythme ou la gestuelle, et la danse ou la chorégraphie. C'est la couleur ou la lumière, et c'est le pire : parfois des emprunts aux courants en vogue, souvent des effets kitsch, des assemblages bariolés déroulés à des vitesses confinant au stroboscope, comme s'il n'y avait rien à voir, rien à retenir. L'image devient comme son intérêt : sub-liminale. Mais doit-on demander à la télévision de faire oeuvre d'art ? Sans doute non, pas plus qu'à la presse écrite, à la radio ou à Internet. Tous ces médias restent des moyens, des intermédiaires de la diffusion, des supports du divertissement et de l'information. Cela réduit l'envahisseur au statut d'invité. Je m'illusionne encore ? D'accord : disons plutôt un pique-assiette. Avec le choix de chaînes qui s'étend sans cesse, nous ne sommes plus guère en mesure de revendiquer la qualité. Nous devons dès lors la sélectionner. A côté des ragots de leurs "tabloïdes", les anglais lisent -depuis 175 ans cette semaine- le "Spectator", cocktail d'essais politiques, de critiques culturelles et d'éditoriaux par des personnalités de tous bords (la tendance étant plutôt conservatrice). Cet hebdomadaire du jeudi qui se veut élitiste tire à 60.000 exemplaires. A méditer ! En télévision, cette faculté d'accéder à la qualité pose d'autres questions. D'abord comment opérer la distinction entre qualité et objectivité : la rigueur n'exclut pas l'opinion. Imposer des quotas identitaires est-il une méthode ? La télévision reste-t-elle pour partie au moins une nécessité de service public ? La valeur garde-t-elle quelque chance de s'imposer d'elle-même ? Actuellement, la course à l'audience provoque l'escalade de la surenchère. Ou plutôt la surenchère de l'escalade : Mont de Venus, Kilimandjaro, Kama-Soutra ou Koh-Lanta, "Académyciens" (je l'ai vu écrit ainsi, juré !), tous ils rapportent... et pas qu'au scrabble. Selon un sondage de l'hebdomadaire Télé Poche de ce 29 septembre, 8O% des téléspectateurs estiment que les émissions de télé-réalité sont "bidonnées dès le début et orientées pendant leur déroulement". Les dupes se mettent sur leur marché, les esclaves à leur encan pour racheter des prisonniers ! Mais il arrive qu'Arte souffle les suffrages aux grands, sans sombrer dans la facilité écoeurante de l'auto-cocufiage. La RTBF n'a pas à rougir, bien souvent. De bons moments sont les évocations d'émissions anciennes : la mémoire audio-visuelle se façonne ainsi, avec même des fragments d'une anthologie naissante. D'ailleurs, certains animateurs en font des soirées entières, comblant avec aisance et sans vergogne leur carence en créativité. Question mémoire, individuelle ou collective, la peinture a cet avantage que la sienne a plusieurs siècles d'avance, et la télévision n'est pas près de remonter son handicap. Les arts graphiques ont aussi cette merveilleuse faculté de créer toujours (pas de "fabriquer"), et de surprendre souvent. C'est aussi une des prérogatives de l'art, comme celle de nous laisser décider du temps que nous en serons spectateurs. Le cinéma en fait partie. Prenant en route hier Le fabuleux destin d'Amélie Poulin, j'ai d'abord craint une piètre mièvrerie de plus. Dix minutes plus tard, j'étais sous le charme : une facture totalement innovante, des couleurs comme on n'en avait jamais vues, des perspectives étranges et magiques, des caractères qui sont poésie ; une histoire simplissime qui prouve que l'on peut faire de l'art sans chercher midi à quatorze heures. En '68, on criait : "L'imagination au pouvoir". Si nous avions pu retenir ne fût-ce que ce slogan. Et l'appliquer... Cela
étant (peut-être), Emmanuel Mons delle Roche P.S.: Je rappelle aux néophytes de l'Internet qu'il existe au moins deux moyens de lire les textes de manière économique : imprimer la page ou la rendre disponible hors connexion. |
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L'UCL : Le portrait séduit soit par son sujet parce qu'il nous est connu, soit pour la qualité intrinsèque de l'oeuvre, le sujet alors devenant secondaire. Fernand Toussaint connaît un succès constant depuis son vivant et Christian Bodiaux nous montre les clés de lecture de plusieurs oeuvres. Vera Lewijse : Le XIXe siècle a connu des bouleversements politiques, scientifiques, philosophiques et... artistiques. Vera nous détaille les imbrications, parfois les confrontations qui ont marqué Ce siècle en quête d'identité. Ces évolutions ont largement conditionné les rapports ultérieurs des peintres avec les concepts de réalité et de beauté. Marc Ghens nous détaille le processus qui conduit à la réalisation d'un film consacré à un artiste, ses spécificités et difficultés : Art et cinéma, ou le processus vu de l'intérieur. Colette Bertot s'est confrontée aux oeuvres dures, désespérées et émouvantes de Stephane Mandelbaum, présentées chez Didier Devillez. Elle a aussi goûté la tranquille sérénité des coins d'Ardenne aux couleurs chatoyantes que leur donne Pol Ledent : chez G-Loft. Françoise Bernardi a fait le détour toujours récompensé vers La Louvière : 4 artistes de la Transavantguardia y sont accrochés, ce mouvement italien qui a remis l'émotion, son expression à sa juste valeur. Et un autre graveur, Gabriel Belgeonne, l'a conquise notamment par la liberté qu'il laisse au spectateur. Dominique Piteux est sous le charme de Dufy et des multiples manières qu'il a eues d'adapter son style aux techniques telles que la céramique, la tapisserie ou les arts de la décoration. L'expo de Roubaix n'en néglige pas pour autant la peinture et l'aquarelle de cet artiste, vivifiant poète. Vivian Miessen,en connaisseur des arts d'Orient, nous propose cette semaine de découvrir l'art du laque. Cette technique nous vient de Chine et du Japon. Les Européens en ont créé un dérivé connu sous le terme générique de Vernis Martin.
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* L'Italie, ce merveilleux pays dont nous sommes proches à plus d'un titre, jouit d'un extraordinaire patrimoine culturel qui doit contribuer à la gaieté naturelle de ses habitants. Alors, quand Europalia se consacre à ce pays, nul doute que l'année sera faste. Les contributeurs de Mémoires salueront certainement l'événement. * Je suis toujours demandeur d'articles pour le site. N'hésitez pas à me soumettre vos suggestions. Et pour le redire, la passion confère souvent l'expertise ciblée qui est irremplaçable. * Je rappelle comme chaque mois que le postage de messages sur le forum, s'ils incluent une adresse de site, implique celle-ci soit entourée des balises [URL] et [/URL], avec le http://www.... Après, il suffit de cliquer sur votre lien pour y accéder. A très bientôt, E. Mons delle Roche. |
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