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** N° 34 - Juin 2003 ** |
| LA LETTRE MENSUELLE |
Parution du 01 06 03 |
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Colette Bertot :
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Expositions
: Art en marge, la collection : émotion au Musée Docteur Guislain à Gand |
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| Axel Cassel, entre l'humain et le végétal : sculptures à la Galerie Lanzenberg | ||
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Françoise Bernardi :
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Un jardin secret : la collection Monique Dorsel et Emile Lanc à La Louvière | |
| "Abstractions", un siècle d'art abstrait en Wallonie et à Bruxelles : au Botanique | ||
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Dominique Piteux : |
Arts du Japon de la période Edo (1603 - 1868) : Le Soleil Levant à Valenciennes | |
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E. MdR : |
Jean-Pierre Delvaux dans un nouveau genre : les portraits de la jolie Violeta | |
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Recherche
et réflexion : L'UCL : Entre peinture et sculpture, Rik Wouters : Christian Bodiaux nous explique la seconde |
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En
parallèle à
l'expo d'Anvers : Marc Ghens : Femmes fatales... sur l'écran noir de nos nuits blanches, ou la femme fatale et le cinéma |
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Les
glanages de Vera Lewijse
: Quelques citations qui montrent une époque, un style : pas toujours tendres, mais des convictions |
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Le forum : Ce lien pour tous vos messages |
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Entre Cannes et Saint-Tropez, Morose place. J'ai encore loupé Brigitte Bardot ! Quand ses films sortaient en salles, l'âge m'en interdisait l'accès. Je m'en construisais un imaginaire d'autant plus sulfureux. Le temps m'a manqué pour voir la récente émission de Fogiel. Sans incriminer aucunement l'animateur, il semble que je n'ai perdu que des pseudo-vérités pis que troubles. Pourtant, Brigitte est un mythe vivant, nous a-t-on asséné. On lui doit cette reconnaissance d'avoir bousculé un puritanisme encore tenace à l'époque, d'avoir permis aux femmes de s'affirmer aussi par leur corps (j'entends les chiennes de garde aboyer). En 1970, Aslan réalisa le symbole de la République française à l'effigie de Brigitte Bardot. Le Petit Robert définit (en 5e) le mythe comme une "image simplifiée, souvent illusoire, que des groupes humains élaborent ou acceptent au sujet d'un individu ou d'un fait et qui joue un rôle déterminant dans leur comportement ou leur appréciation". Cela relativise la validité des opinions de célébrités, sans même contester leur légitimité. Et le mythe rentra, fort morose à ce qu'il paraît, dans sa caverne de St-Trop', jurant mais un peu tard qu'on ne l'y prendrait plus. A quelques encablures et à peu près au même moment, le jury du Festival de Cannes octroyait six prix à trois films (1). Une petite cuvée, a-t-on lu. La Palme d'Or revient à Elephant qui raconte une de ces tueries d'adolescents dont les Américains sont, eux, lauréats de la sinistre palme. Une Iranienne de 23 ans, Samira Makhmalbaf, a obtenu le prix du jury et le prix oecuménique pour son film A cinq heures de l'après-midi, racontant le combat d'une jeune femme dans cet Afghanistan où les talibans ont fui au grand galop et reviennent au petit trot. La presse iranienne n'en a quasi pas soufflé mot. Il fallait lire dans La Libre Cinéma de ce 28 mai le billet décapant et salutaire de "Frank Einstein". Le film The Brown Bunny a été salué comme l'un des pires jamais présentés à Cannes. L'acteur Vincent Gallo s'en est excusé dans la revue britannique Screen, auprès du public et de ses financiers. Or, Le Monde et Libération lui avaient consacré de longs articles dithyrambiques (une page entière pour Le Monde). "Ces critiques de la presse française furent comme du sel sur une plaie", a précisé Gallo. Ces bords de mer me conduisent à vous raconter des histoires de "pêche". "L'île", film du coréen Kim Ki-duk, décrit la relation amoureuse entre deux êtres "enivrés par une spirale de démence, de douleur et de sexe. La douleur façonne le film de toutes pièces, jusque dans certaines scènes aux limites du soutenable dans des exercices d'automutilation désespérées à l'aide d'hameçons, ou tout simplement de défoulements sadiques sur des animaux" (2). La critique est presque unanime à en saluer la beauté. J'avais écrit en février (lettre N°30) que la souffrance peut effectivement être sublimée, parfois. N'ayant pas vu le film, je vous laisse juges. L'artiste
(sic) Marco Evaristti avait exposé en février 2000
au musée d'art moderne de Trapholt à Kolding (Danemark) une dizaine
de mixeurs dans lesquels nageaient des paires de poissons rouges. Les visiteurs
avaient la possibilité d'actionner un bouton, décidant ainsi de la vie ou de
la mort. Un imbécile ou deux ont évidemment appuyé, et les poissons sont
devenus de la bouillie (3). Les années '60 et '70, quitte à passer pour un vieux nostalgique, frétillaient de la jeunesse de Brigitte, des Beatles, du Pop-art, des outrances verbales de Dali. On riait de la Panthère Rose, de Pilote. On lisait les écrivains que Pivot -ou Pollack en de cacophoniques polémiques- nous recommandaient. Pierre Tchernia qui se fourvoie aujourd'hui chez Arthur aimait le cinéma et osait le dire. Même les états d'âme de Françoise Sagan, snob paumée, nous ravissaient. J'ai été déçu de voir chez Ardisson ce même Pollack bien désillusionné titiller une jeune auteur parce qu'elle défendait les altermondialistes, et la mise à sac d'un Mac-Do'. Je désapprouve la destruction, effectivement asociale en soi. Mais le sain iconoclaste (je n'ai pas dit saint) qu'il fut n'a pas compris que c'était le symbole que l'on culbutait, comme une vulgaire statue de Sadam Hussein. La morosité, fille naturelle des chimères égorgées, sponsor de la course à l'échalote, est la nouvelle image d'Epinal, le chromo, l'antienne. Ceci suffit pour s'en méfier, s'en préserver. Encore une fois, transgression n'est pas raison. L'étincelle n'est pas l'imagination, les ficelles ne font pas la structure. Le suivisme ne peut engendrer un mouvement, il ne fait que la vague... où parfois l'on surfe. Il y a heureusement une foule d'artistes qui savent ce que regarder et voir signifient, même s'ils ne sont pas forcément les plus médiatisés. La crainte de beaucoup d'observateurs est que la postérité les juge comme désuets, ridicules, quand on considérera ces artistes comme des Van Gogh, des Modigliani : des génies incompris par des obtus qui ne voulaient pas saisir. Je dis : pas de risques... Cela
étant (peut-être), Emmanuel Mons delle Roche Notes
: (2) Tiré d'une chronique du site "Ecran Noir". (3) La relation avant l'acquittement était dans Courrier international. L'ancien lien est désactivé. P.S.: Je rappelle aux néophytes de l'Internet qu'il existe au moins deux moyens de lire les textes de manière économique : imprimer la page ou la rendre disponible hors connexion. |
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Le contenu Retour au sommaire Nous frôlons une nouvelle fois les 100.000 pages vues par mois : 99.648 pages en mai. Je ne vais invoquer le congé de l'Ascension, car il y aurait un motif chaque mois ! La lettre paraîtra en juillet et août comme chaque année, même si certaines rubriques seront plus légères. Mais il s'en annonce de fort intéressantes, et plus encore pour septembre qui est le mois anniversaire du site. Les rubriques habituelles sont à votre
disposition : - et la page pour vous inscrire à la liste de diffusion. |
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L'UCL : Rik Wouters, l'un des grands peintres du Fauvisme brabançon, a eu aussi une importante activité de sculpteur. Christian Bodiaux nous invite à la (re)découvrir. Ces oeuvres témoignent de la joie de vivre, du tempérament fort et fougueux de cet artiste. Marc Ghens, réalisateur et scénariste, nous avait déjà offert un émouvant poème sur Marie Madeleine. Il nous livre cette fois une étude réellement remarquable d'érudition et d'à propos (du fait de l'expo d'Anvers) : La Femme fatale et le cinéma, ou "La femme fatale... à l'écran noir de nos nuits blanches", Merci Claude Nougaro. Colette Bertot montre combien la peinture est aussi "instinct", expression d'un autre langage, d'une souffrance non verbalisée : c'est l'Art brut dont l'association "Art en Marge" a rassemblé à Gand les plus belles de ses pièces. Axel Cassel travaille le bois d'iroko "de la poutre vers la forme, de l'oeil vers la pensée" : à la Galerie Lanzenberg. Françoise Bernardi a vu l'exposition à La Louvière de la collection de deux amateurs éclairés : Monique Dorsel et Emile Blanc, ou quand la passion est bonne conseillère. "Abstractions" au Botanique s'est fixé le challenge de présenter 100 ans d'abstraction en Wallonie et à Bruxelles : un parcours didactique. Dominique Piteux Vallin dévoile des trésors d'Orient : les Arts du Japon de la Période Edo. De 1603 à 1868, une période de paix a permis un étonnant et raffiné développement de tous les arts. La Ville de Valenciennes expose nombre de ces trésors, dont plusieurs sont prêtés par la Belgique. Vera Lewijse est fort occupée pour l'instant. Elle n'a pas trouvé le temps de nous présenter une exposition, mais nous adresse quelques "glanages" trouvés dans le N° 26 de la revue "L'art Moderne", de 1881 : pas toujours tendres !
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* Des problèmes divers ont empêché certains de nos chroniqueurs de rentrer leur texte en temps voulu. Ce n'est que partie remise. Nous préparons déjà les prochaines lettres, et notamment celle de septembre qui sera celle du 3ème anniversaire. * L'été sera mis à profit aussi pour combler -je l'espère- le retard pris pour les fiches des artistes disparus. L'abonnement s'oriente vers une formule de paiement unique. Cela reste à peaufiner. * Je rappelle comme chaque mois que le postage de messages sur le forum, s'ils incluent une adresse de site, implique celle-ci soit entourée des balises [URL] et [/URL], avec le http://www.... Après, il suffit de cliquer sur votre lien pour y accéder. A très bientôt, E. Mons delle Roche. |
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