**  N° 28 - Décembre 2002 **

LA LETTRE MENSUELLE

Parution du 02 12 02

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Editorial

Colette     
Bertot  :

Expositions :
Quand l'art contemporain entre au Palais Royal : Fabre, Wéry, Braeckman
 
Contenu Marc... Fascinant et polyvalent, un prénom de renom : à la Cassini Gallery 
 Bientôt

Françoise     Bernardi :

Lumière et peinture en Italie : une très belle exposition présentée par Art Media 
Mondes intérieurs, ou le symbolisme finlandais comme affirmation culturelle  

Vera Lewijse :

Frank Maieu, humanisme avec cynisme, intériorité avec partage 
;
Recherche et réflexion, sans concession : 
 L'UCL :
L'Art au XXe siècle belge : ses leurres illustrés par Marcel Broodthaers, par Christian Bodiaux.
 L'ULg/Art&Fact : Droits d'auteur et patrimoine artistique : l'impasse, par Pierre-Yves Kairis  
Rencontre avec Guy Campo :  
Le marché de l'art, la vie d'une salle de vente et de la famille qui l'a perpétuée, les défis européens, l'art contemporain, les salles et les musées... : un entretien empreint de spontanéité, par Vera Lewijse   
Un livre qui met en appétit :
Le Jardin des peintres, Fruits et légumes dans la peinture : un ouvrage de Pierre Coran
  
En partenariat entre nos deux sites :
De Culturoscope : La technique du vitrail à joints de béton, par Danièle Doumont  
Une initiative que vous appréciez :
La galerie virtuelle où les artistes proposent leurs oeuvres à la vente a été très visitée ; elle s'étoffe 

 Le forum : 
 Ce lien pour tous vos messages  

  Editorial      Retour au sommaire

Jeux de mots... 

J'avais évoqué les deux mois précédents la part importante du non-verbal dans la communication, puis la validité des énoncés. Les spécialistes me pardonneront la manière dont j'ai survolé des décennies de recherche, d'une manière qui a pu paraître désinvolte. Mais la tonalité d'un éditorial est proche de celle d'un billet d'humeur : proposer une réflexion, fût-elle celle d'un Candide. Je n'ai jamais eu la prétention d'indiquer la juste voie, ni de détenir des bribes d'un savoir définitif.

Les mots ont cette indulgence que, même malmenés, ils permettent que l'on se joue d'eux, qu'on les asticote, qu'on jongle avec leurs sonorités et leur(s) sens. Ils partagent cette générosité avec les notes de la gamme et les couleurs du peintre.

Pourtant, les outrages parfois ne sont pas minces et on leur en fait voir... de toutes les couleurs. La littérature dans sa diversité formelle n'est pas le sujet que je veux évoquer, mais des usages un peu particuliers pour en arriver au web et à l'art, comme je pratique souvent.

Proverbes, dictons, aphorismes, devises : parce qu'ils "sonnent juste", ils donnent l'impression d'une forme de connaissance. Ils s'appuient sur l'analogie (méthode de connaissance scientifique absolument illusoire, je l'ai déjà dit) autant que sur le bon sens populaire (ce qui est mieux) lui-même fondé sur la mémoire collective (qui n'est cependant pas garante de la reproductibilité). 

Les slogans tiennent lieu de corpus pour les idéologies qui n'ont rien à dire. Ils sont souvent maniés avec dextérité, parfois hors contexte : "La propriété c'est le vol", "La femme est l'avenir de l'homme" : c'est beau, c'est vrai et... suffisant. Quelques souvenirs de mai 68 : "Sous les pavés, la plage", sympathique mais antérieur, ou d'autres dont la nocivité était insoupçonnée par les étudiants dont j'étais : "La grammaire est fasciste" (sic), "Il est interdit d'interdire"... La Libre Belgique du samedi 16 11 02 intitulait un article "Il est interdit de ne pas interdire", revenant à de plus sains enseignements : il ne faut pas nous plaindre que nos enfants manquent de repères si nous jugeons désuet de leur en donner.

Calembours, mots d'esprit, mots d'enfants, noms d'oiseaux, mots croisés, cachés, fléchés, contrepets... et toutes les figures de style dont les noms sont plus compliqués que la technique !

Même le politique n'épargne pas les mots : au nom de je ne sais quelle parité homme-femme, voici la femme du cafetier transformée -par la loi, belge en tout cas !- en cafetière. Madame est servie, ou "Le bon usage" vu par les technocrates chargés de décider de notre bonheur...

Les mots tels qu'on en joue en peinture ont une visée ludique, poétique. Alors que sur le web, avec les moteurs de recherche, c'est le jeu du chat et de la souris, à visée utilitaire. Certains sites sont des litanies de mots non pour construire des phrases, mais pour accroître leurs chances d'être répertoriés par ces robots. Aucun contenu, sinon. Les machines étant tout de même construites par des intelligences humaines, elles parviennent de mieux en mieux à débusquer ces tricheurs, et personne ne s'en plaindra.

Par contre, des logiciels se chargent désormais de bloquer des courriels sur base de certains mots qu'ils véhiculent. Il s'agit de lutter contre des courriels non sollicités, encombrants ou jugés offensants et/ou dangereux. Mais ainsi, des sites très respectables voient leurs messages bloqués pour langage non conforme ! J'avais déjà appelé cela l'intégrisme pratiqué par les robots. A force de vouloir bien faire, on dépasse largement le but. Au point que des ligues anti-... disons "déviances" pour ne pas être frappé par ce nouvel ostracisme, se voient rejetées par ces logiciels aussi frustres que leurs concepteurs.

En art, pour ce qui concerne les rapports entre titres et oeuvres, on pourrait distinguer quatre temps dans l'évolution -si tant est que cette taxonomie est utile ; elle est surtout postérieure à l'intention, comme toute classification.

* Les premières créations se dispensaient de titres, traitant de thèmes. Un Jugement dernier sur un tympan roman exhortait les foules à la piété. L'oeuvre est alors instrument d'une intention.

* Ensuite, on titra dans une perspective descriptive : "La mort de Sardanapale", "Orphée aux enfers".... L'oeuvre est l'expression d'un art, souvent encore instrumentaliste.

* Puis les peintres symbolistes d'abord (Khnopff avec Le Sphinx), les Surréalistes plus encore, ont pratiqué l'opposition entre titre et oeuvre (voir L'Empire des lumières de Magritte comparé à La Maison aveugle de Degouves de Nuncques). L'oeuvre est faite de l'ensemble titre + oeuvre. Elle est expression d'un artiste.

* Enfin, se détachant de la réalité extérieure avec l'abstraction, les peintres ont pratiqué l'absence de titre, ou ont adopté des titres comme Composition, Opus, Ensemble... parfois suivis d'un numéro : cela est dû à la volonté de donner à l'oeuvre son statut propre, qui n'a pas besoin d'une référence d'une autre discipline. Sans faciliter la gestion post-mortem, cette démarche me paraît totalement légitime et en conformité avec leur intention. L'oeuvre est l'expression d'un idée, sa matérialité pourrait-on dire.

Christian Bodiaux nous parle de Broodthaers ce mois, pour dire la supercherie. Son analyse est parfaitement convaincante, et j'y adhère d'autant que j'étais déjà avocat de plusieurs de ces principes et motifs. Mais certains -et sans doute ont-ils raison aussi, voyez la validité des énoncés- ont voulu voir dans les moules de Broodthaers une raillerie "du moule" que les musées et les institutions impriment aux oeuvres.

Ce sont des prises de position qui élargissent le débat. Broodthaers est sans doute un représentant de notre surréalisme, voire de notre tonique belgitude, sentiment fait de dérision, d'auto-dérision et d'humour souvent plus massif que lourd.

Arno l'Ostendais, par ailleurs incapable de produire une phrase complète en interview, propose cette superbe chanson "Les yeux de ma mère". Il nous y parle en termes bruts mais sur une mélodie d'un exquis raffinement, des rapports charnels, émotifs, instinctifs du cordon ombilical. C'est belge, et c'est beau.

Cela étant (peut-être),
Une bonne visite.

Emmanuel Mons delle Roche    

Liens (sur notre site) :
* La Maison aveugle ou La Maison du Mystère de Degouves de Nuncques.
Le sphinx, de Fernand Khnopff.

P.S.: Je rappelle aux néophytes de l'Internet qu'il existe au moins deux moyens de lire les textes de manière économique : imprimer la page ou la rendre disponible hors connexion.

 

 

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Après le vigoureux record d'octobre, nous avons eu une relative "consolidation" : augmentation de seulement 2 à 3 % selon le critère (pages, transferts, visiteurs différents, sessions). Tenant compte du jour en moins, l'augmentation réelle est de l'ordre de 5 % : moindre mais confirmant la tendance ascendante.

Les rubriques habituelles sont à votre disposition :
- la galerie virtuelle qui connaît un beau succès.
- la "Bourse des particuliers" pour les ventes entre particuliers ;
- la rubrique "Offres et demandes d'emplois" ;
- l
e "Courrier des lecteurs", pour la publication de messages
  avec images, avec un nouveau message.  

- et la page pour vous inscrire à la liste de diffusion

 Au  02 12 2002, nous avons :

115

fiches d'artistes décédés, complètes

985

fiches d'artistes décédés, partielles

158

expositions temporaires, y.c. archives

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Les articles du mois :  Retour au sommaire 

L'UCL : Terminant sa série de trois articles sur la notion du Beau en Art, Christian Bodiaux conclut en force pour détruire certains nouveaux mythes. Il montre, extraits de l'artiste à l'appui, un  Broodthaers, guide en supercherie. Une analyse qui ne fera pas que des heureux, sauf parmi ceux qui acceptent le débat.

Art&Fact, l'ULg : C'est un auteur extérieur cette fois, mais particulièrement intéressé par un domaine qui concerne tout le monde de l'art, artistes bien sûr, mais aussi amateurs, professionnels, conservateurs : Le Droit d'auteur. Sans détour sur ce sujet épineux, Pierre-Yves Kairis explique les difficultés que ce droit implique, surtout quand ce sont les ayant-droit qui l'exercent. Et il explique les espoirs que l'on peut formuler. 

Vera Lewijse a abordé tous les thèmes d'actualité avec Guy Campo. L'art de la conversation sans pompe ni faux-fuyant. Nous avons préservé cet aspect de l'échange de paroles. Puis Madame Lewijse -je suis heureux de compter une nouvelle collaboratrice active et douée- nous parle d'un artiste protéiforme dont le fil conducteur est l'interrogation tournée tantôt vers ses doutes, tantôt vers les autres. Un miroir, comme dit Vera Lewijse.

Colette Bertot ne pouvait manquer une visite au Palais Royal où nos souverains ont montré leur attachement au soutien qu'ils entendent apporter à l'art contemporain. Ainsi, Fabre, Wéry et Braeckman font désormais "partie des meubles". Nul n'est prophète en son pays, nous explique-t-elle à propos de Marc, un artiste belge prisé hors de nos frontières, à juste titre. Enfin, fruits et légumes sont de toutes les saisons de la peinture, comme nous l'illustre un livre de Pierre Coran.

Françoise Bernardi : Heureux Italiens à qui la lumière est donnée en naissant. Françoise Bernardi nous explique comment leurs artistes entre XIXe et XXe en out joué dans leurs toiles, à l'occasion d'une exposition organisée par Art Media. Remontant au Grand Nord, elle nous raconte le symbolisme finlandais comme moyen de préserver l'identité culturelle contre les assauts du pan-slavisme russe. 

Danièle Doumont, après d'autres articles sur le vitrail traditionnel et ses variations stylistiques, nous offre ce mois un article sur : La technique du vitrail à joints de béton, une technique moderne qui présente bien de la souplesse.

 

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Pour nous contacter :
lettre@art-memoires.com
 

 

  L'avenir            Retour au sommaire 

* Même si je suis un peu en avance, je vous souhaite d'excellentes fêtes de fin d'année. 

Des rumeurs et analyses contradictoires, mais convergeant vers de plus en plus de pessimisme, décrivent un marché de l'art en proie au moins à des difficultés. Le temps est donc de continuer à acheter ce qui nous plaît : ainsi, nous sommes certains de ne pas être déçus.  

* La galerie est déjà bien fournie en oeuvres. Tout artiste "affilié" peut proposer trois oeuvres, et nous veillerons à assurer un renouvellement périodique de celles-ci.

* Des contacts intéressants laissent augurer d'une belle rentrée : artistes, publications, articles... Le contenu, original et de qualité, sera plus que jamais au rendez-vous.

* Je rappelle comme chaque mois que le postage de messages sur le forum, s'ils incluent une adresse de site, implique celle-ci soit entourée des balises [URL] et [/URL], avec le http://www.... Après, il suffit de cliquer sur votre lien pour y accéder.

A très bientôt,
Et merci de votre fidélité.

E. Mons delle Roche.

 

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