**  N° 26 - Octobre 2002 **

LA LETTRE MENSUELLE

Parution du 01 10 02

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Editorial


Colette Bertot  :
 

Expositions :
Moi ou un autre : Autoportraits d'artistes belges : Dexia Bruxelles
   
Contenu Vivian Kral, Mémoire d'un monde en mutation : à la Galerie 2016 
  A venir 

Françoise Bernardi : 

Irene F. Whittome, Biofictions et Bob Verschueren, Mise à plat 

Valérie Michiels : 

"L'herbier et le nuage", la première exposition au MAC's du Grand Hornu 

Vera Lewijse :  

Hans Vredeman de Vries, Entre Palais urbains et Châteaux chimériques 
4 artistes pour une installation et une vidéo : l'art contemporain existe    
Recherche et réflexion : 
L'UCL :
Notions d'esthétique et de philosophie de l'art, notamment en peinture belge, par Christian Bodiaux.
 L'ULg/Art&Fact : Adrien de Witte, le dessin et la gravure au service de l'authenticité, par Christine Messens 
 La VUB, une première remarquable : "Louis Artan : La mer comme autoportrait", par Vera Lewijse 
Hommage :
Une vie pour le théâtre :
Peintre et scénographe, Raymond Renard a rejoint le paradis des poètes 

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Alerte à la communication non-verbale !

Si l'on en croit les spécialistes en la matière, nous communiquons certes par les mots, mais surtout par les intonations que nous leur donnons et par les attitudes et gestes dont nous les accompagnons. Au point, me fut-il rappelé récemment au gré de lectures, que les mots eux-mêmes n'interviennent que pour 15 % (en fait de 10 à 50 % selon les sources... et selon l'orateur sans doute). Le reste est fait de la foule des phénomènes adventices !

De nombreuses disciplines scientifiques, et d'autres moins académiques, ont intégré ces facteurs dans leurs protocoles d'analyse de la communication soit interpersonnelle, soit au sein de groupes, soit, évidemment, dans les arcanes des réseaux. Des techniques de vente aux recherches en psychologie ou sociologie, en passant par la programmation neuro-linguistique (PNL pour les initiés), on ne compte plus les chapelles où ces concepts sont l'objet de cultes. 

Et comme dans tout phénomène en vogue, le meilleur côtoie le pire : la rigueur scientifique, les intérêts financiers et la pure arnaque ; on voit l'amateurisme s'habiller de scientisme à l'issue de trois séminaires de week-end à rentabiliser. Parce que des scientifiques ont démontré que les comportements des fourmis, et des hommes partiellement, sont induits par des phérormones, d'astucieux libertins proposent des fioles de ces substances -disent-ils- destinées à garantir nos succès de drague ; le remboursement n'est pas garanti !

"Fichtre alors", me suis-je dit (je suis certain pour alors, mais moins pour fichtre)... "Fichtre alors, et la communication Internet dans cette hypothèse ?" Elle ne véhiculerait que 15 % de mon intention, les mots que je vous adresse, à vous qui passez sans me voir...

"Diantre alors", ai-je renchéri quelques minutes après : "un tableau n'a même pas de mots pour se dire, et il faut pourtant en donner au projet du peintre". Et le titre ? direz-vous. Ceux de Magritte et de Broodthaers ne font qu'accroître notre perplexité, ce qui d'ailleurs en fait la saveur. Bien que l'on ne soit jamais obligé de justifier son émotion, son coup de foudre pour un tableau, on nous le demandera quand même ! Et que dire du rôle du critique d'art, voire de l'exégète...

En fait, tout cela est moins alarmant qu'émoustillant : quel passionnant terrain à défricher. De sui d'abord, parce que ces connaissances sont de nature à améliorer nos modes de communication, et peut-être de compréhension réciproque. Sans sombrer dans un "rousseauisme" de salon, échanger c'est déjà moins se combattre.

Plus spécifiquement ensuite en ce qui concerne Internet et l'Art.

Il a souvent été écrit que les 20 premières secondes de visite d'un site étaient déterminantes pour que le surfeur reste ou quitte. Cette théorie est évidemment dérivée de celle des 20 premières secondes, paroles et gestes lors d'une entrevue commerciale, auxquelles on attribue une influence décisive dans le processus de négociation qui va suivre. Ce sont des mécanismes du même type qui font que la couverture d'un magazine va enclencher notre décision d'achat.

Fort bien... cette superficialité des gens pressés. Mais les couvertures des livres sont, chez les grands éditeurs, toutes identiques, et pourtant l'acheteur demande tel ou tel précisément. Et il le fait tout simplement parce qu'il a lu d'une critique ou entendu d'un ami, qu'il fallait absolument lire ce livre. En Internet, on parle de marketing viral, sans doute parce que c'est plus branché que de dire "téléphone arabe". D'autre part, comme on se donne la peine d'entrer dans un livre, on peut se donner le temps de lire ce que propose un site.

Ainsi, on s'imprègne d'un style, d'un ton, et ce peut être à mon avis la même démarche pour un site et pour un livre. Il se construit un nouvel imaginaire entre mes visiteurs et moi, variable à l'infini selon l'infinité des personnalités qui s'y frottent. Il faut croire qu'il y a tout de même de "l'empathie" pour qu'un certain nombre reviennent. Il y a donc quelque chose "au-delà des mots", qui est plus que les mots. Et qui correspond, dans "l'autre réalité", à la communication non-verbale, au non-dit pourtant échangé. Watzlawick* a cette formule : "Toute communication définit un contenu et une relation".

En art, le mécanisme est identique. Une oeuvre peut nous "dire" quelque chose. Elle sera d'autant plus "parlante" que l'artiste accompagne son oeuvre d'un discours sur son oeuvre. Je suis assez éloigné de ceux qui pensent que l'oeuvre d'art se suffit à elle-même (je l'ai déjà écrit). Cela est particulièrement patent dans l'abstraction : certains de mes bons amis ne cessent de me parler de gribouillages, mais je reste persuadé qu'ils refusent même de considérer la démarche du peintre. On disait la même chose de Picasso il y a 30 ans, et l'inconscient collectif a progressé au point que la plupart des spectateurs "comprennent" désormais cet artiste.

Il n'est donc jamais inutile, il est même nécessaire de parler d'art : on le goûte mieux, on en pénètre davantage les subtilités cachées quand on le connaît. Et sur un plan individuel, l'achat direct à un peintre est une démarche totalement différente de l'achat en salle de vente ; c'est pourquoi l'on consent à débourser plus. En effet, les contractants ont échangé plus que l'oeuvre et le chèque : un brin de l'humanité de l'autre. Et cela vaut bien un effort...

Cela étant (peut-être),
Une bonne visite.

Emmanuel Mons delle Roche    

* Pour Paul Watzlawick, vous trouverez ici sa biographie.

P.S.: Je rappelle aux néophytes de l'Internet qu'il existe au moins deux moyens de lire les textes de manière économique : imprimer la page ou la rendre disponible hors connexion.

 

 

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Septembre a été un excellent mois de rentrée, avec le taux de fréquentation le plus élevé jamais atteint. Chiffres exacts dans quelques jours, mais qui devraient tourner autour des 18.000 "sessions" ou visiteurs distincts.

La liste de diffusion poursuit solidement sa progression. Les offres qui lui sont liées sont [ ici ].

Les autres rubriques sont à votre disposition : 
- la "Bourse des particuliers" propose des ventes entre particuliers ;
- la rubrique "Offres et demandes d'emplois" avec la proposition d'une traductrice ;
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 Au  01 10 2002, nous avons :

114

fiches d'artistes décédés, complètes

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Les articles du mois :  Retour au sommaire 

L'UCL : Un thème qu'il s'imposait de traiter parce qu'il est le souci de tous les amateurs d'art, et que les réponses ne sont pas toutes satisfaisantes. Sa complexité nécessite de le scinder en trois parties : L'esthétique et la philosophie de l'art. Personne ne pouvait le faire mieux que Christian Bodiaux, lui qui sait partager sa double passion de l'art et de la connaissance.

Art&Fact, l'ULg : Les liégeois connaissent souvent les gravures qu'il a réalisées. Ce graveur, ce dessinateur, ce "naturaliste à la manière noble" qu'est Adrien de Witte nous est expliqué dans son histoire et son style par Christine Messens.

Fascination : La superbe analyse de Vera Lewijse donne aux marines de Louis Artan une aura et une signification qui vont bien au-delà de la simple représentation. La mer comme sentiment, métaphore, symbole freudien, et même raison de vivre... Bref : Louis Artan, la Mer comme autoportrait. Et pour une première d'une Historienne de la VUB, c'est un parfait bonheur !

Et le 13 10, Vera Lewijse ajoute deux chroniques d'expositions à Anvers : Hans Vredeman de Vries, un artiste multiple de la Renaissance ; et de l'art contemporain au Middelheim.

Colette Bertot nous conseille ce mois une exposition sur l'autoportrait chez les artistes belges : entre introspection et dérision... Et celle de Vivian Kral dont les paysages industriels d'antan ou imaginaires acquièrent une inattendue poésie par le velouté du pastel sec.

Françoise Bernardi a vu les oeuvres numériques de la canadienne Irene Whittome, inspirée de la culture bouddhique ou des manipulations génétiques. C'est à La Louvière, avec également de nouvelles oeuvres, empreintes végétales, de Bob Verschueren. Elle rend aussi un juste hommage à Robert Renard qui a tant fait pour le théâtre belge, comme peintre et scénographe.

Valérie Michiels qui avait présenté le MAC's du Grand Hornu d'une manière exhaustive, nous dit son enthousiasme pour l'exposition inaugurale : "L'Herbier et le Nuage" : rêve et raison, modernité et mémoire.

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* En nombre d'articles, cette lettre est un peu plus frugale que la précédente. Ce n'est que partie remise : je travaille à trouver d'autres collaborations et partenariats. Et quoi qu'il arrive, je peux déjà vous garantir pour novembre des articles de qualité égale et en nombre plus conséquent, ainsi que des entrées gratuites. 

* Néanmoins, aucune certitude ne durant sur ce media, j'hésite sur certains points quant à la manière d'encore développer le site. Je voudrais vous demander votre avis via un sondage dans les prochaines semaines.

Je réfléchis ainsi à une "galerie virtuelle" pour les artistes affiliés (ateliers d'artistes), et au meilleur moyen de vous présenter un aperçu de chacun sur une seule et même page. Sans l'alourdir trop, éternel dilemme...

* Je rappelle comme chaque mois que le postage de messages sur le forum, s'ils incluent une adresse de site, implique celle-ci soit entourée des balises [URL] et [/URL], avec le http://www.... Après, il suffit de cliquer sur votre lien pour y accéder.

A très bientôt,
Et merci de votre fidélité.

E. Mons delle Roche.

 

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