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** N° 22 - Juin 2002 ** |
| LA LETTRE MENSUELLE |
Parution du 01 06 02 |
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Palais, musées, salons, asiles et web... Parmi bien d'autres changements, l'oeuvre d'art et l'artiste auraient connu avec le XIXe siècle deux mutations importantes : - d'une part, l'oeuvre d'art voit sa valeur d'usage remplacée par sa valeur d'échange. Le collectionneur succède au prince et au mécène ; il devient aussi marchand. - d'autre part, et c'est sans doute lié, le statut de l'artiste se libère. L'un des premiers, David en 1799 fait payer 1,80 F pour voir son "Enlèvement des Sabines" qu'il expose en marge du Salon officiel. Cette exposition durera 5 ans ! Dans un livret à l'entrée, le peintre revendique "le droit à l'existence économique et à l'échange" (Yahoo!, art). A la même époque (fin XVIIIe plus exactement), les collections quitteront les cabinets des nobles et les palais pour être proposées au public dans les premiers musées. Les Salons et les expositions universelles sont des manifestations de grand succès populaire ; les premiers chassés-croisés entre public, artistes, et presse et critique peuvent voir le jour. Un tout récent fait-divers ravive d'éternels démons de la possession : un jeune français, Stéphane Breitwieser, fut arrêté fortuitement le 20 novembre 2001 après le vol d'un clairon au musée de Lucerne. En réalité, cet individu aurait commis en tout 172 vols dans tous les musées d'Europe, accumulant de véritables trésors. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Prise sans doute de panique, mais aussi d'une rage que l'on dira certainement oedipienne, sa mère massacre, détruit plusieurs chefs-d'oeuvre et les jette dans le canal Rhin-Rhöne. Ainsi seront anéantis "La Princesse de Clèves" de Lucas Cranach le Jeune, "Le bal des singes" de David Teniers, "La fraude profite à son maître" de Pieter Brueghel (volé à Anvers en 1997) ou encore "Pâtre endormi" de François Boucher pour n'en citer que quelques-uns ! Match, dont je tire ces informations, conclut ainsi son article : " Stéphane disait qu'il aurait aimé vivre au XVIIIe siècle, être châtelain, devenir mécène, avoir une place éminente dans la société. Son château, c'était sa chambre et il en était le prince". En quelque sorte, l'Histoire se la jouerait en boucle. Mais ici en privant, par la conjonction de deux psychopathies, le patrimoine universel de joyaux irremplaçables. Personne ne conteste en effet que les institutions muséales ont pour mission la conservation et la publicité (au sens de "rendre accessible au public") d'une partie significative de ce patrimoine, non de satisfaire des collectionnites. Le XXIe siècle verrait une autre révolution : la diffusion en réseau mondial des "biens culturels", comprenant non seulement les oeuvres d'art mais aussi les biens axés sur la connaissance et le savoir (encyclopédies, musées...). Mesdames Augier et Cuenca, qui ont écrit une thèse sur le sujet, pensent que l'effet de globalisation d'Internet sera heureux vecteur de démocratisation de l'accès à ces biens culturels et artistiques. Ensuite, elles insistent à juste titre sur la dématérialisation du support, réelle pour la peinture p ex, moins pour la musique, qui peut conduire effectivement à une mauvaise appréhension de l'oeuvre. Par contre, je ne partage pas leur pessimisme quant au risque d'uniformisation "défiant l'approche des biens culturels en tant que porteurs d'une identité culturelle particulière et individualiste". A condition évidemment de résister aux tentatives en ce sens, et de se procurer les outils d'une analyse qui permette à chacun de continuer à exercer un choix qui ne lui soit pas dicté. Un site comme celui-ci espère modestement y contribuer. Cela
étant (peut-être), Emmanuel Mons delle Roche Sources
: P.S.: Je rappelle aux néophytes de l'Internet qu'il existe au moins deux moyens de lire les textes de manière économique : imprimer la page ou la rendre disponible hors connexion. |
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Le contenu Retour au sommaire Ce mois de mai a vu une progression significative tant en pages vues qu'en nombre de visiteurs : 15.536 visiteurs distincts, soit une croissance constante. La liste de diffusion a souffert de quelques "désinscriptions" : le contenu de l'éditorial de mai paraît ne pas y avoir été étranger. C'est donc désormais une liste "auto-epurée" avec près de 1.200 membres inscrits. Les offres liées sont [ ici ]. Les autres rubriques sont à votre
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L'UCL : Christian Bodiaux continue sa série de trois articles sur le Nationalisme dans la peinture belge, 2ème partie. Cette fois, l'article est illustré, et toujours démonstratif... de notre finalement vénielle -quand il s'agit d'art- belgitude ! Art&Fact, l'ULg : Richard Heintz, un van Gogh heureux, se demande Christine Meissen qui nous en propose une biographie et une analyse alertes, avisées et illustrées. Pol Ledent dans nos "ateliers d'artistes actuels" : Ce peintre totalement sincère et optimiste propose une peinture joyeuse, vivace. Ses tableaux expriment aussi l'émotion d'un moment, que ce soit les paisibles lacets d'une vallée ou l'explosion des floraisons. Découvrez sa page personnelle. En commun sur nos deux sites : Danièle Doumont, notre partenaire de CulturOscope, termine sa belle série sur le vitrail, cette discipline à la fois si spécifique et si intégrée aux autres arts. Ce mois : Les changements du vitrail après 1965. Colette Bertot a retrouvé Henri Michaux dont déjà lui parlait son père, Stéphane Rey. Elle nous engage à visiter la plus petite galerie bruxelloise, qui n'est pas la moins dynamique : La Girafe. Et, de saison, nous entraîne à découvrir les jardins qu'un livre chez Flammarion nous explique. Françoise Bernardi a trouvé cette fois son bonheur à Bruxelles aussi : à Ixelles avec les Commandes photographiques de Groupe Lhoist, où l'industrie rencontre l'art, et dans les dessins de Mimmo Paladino qui illustrent un livre de luxe sur les textes de l'Iliade et l'Odyssée. Nos liens avec le Congo sont anciens et protéiformes. On aimerait qu'ils eussent toujours été ceux de Lega. |
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* Je vais m'efforcer de publier la prochaine lettre fin juin, afin que vous ne la trouviez pas, le cas échéant à votre rentrée de vacances, noyée dans une foule de courriels. Le "spam" (courriels non sollicités) se porte à merveille, et les coréens ont particulièrement peu de scrupules à cet égard semble-t-il. Est-ce aussi votre cas ? * La lettre de juillet sera complète, celle d'août probablement un peu plus succincte. Et celle de septembre, pour déjà envisager la rentrée ;-), sera celle de notre second anniversaire. Avec, j'espère, de belles surprises... * Je rappelle une fois encore que le postage de messages sur le forum, s'ils incluent une adresse de site, implique celle-ci soit entourée des balises [URL] et [/URL], avec le http://www.... Ainsi, il suffit de cliquer sur votre lien pour y accéder. A très bientôt, E. Mons delle Roche. |
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