LA LETTRE MENSUELLE

Un designer étonnant et hors du commun  -  Mai 2003 
   Tribale Poursuite, première en Belgique pour Michel Haillard :    
   à la MGallery de Bruxelles.

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Voilà bien un
concepteur hors du commun, un artiste excentrique, "excentré". En art, c'est toujours une vertu que l'audace de sortir du cercle. Et l'on peut dire que Michel Haillard en sort gaillardement, avec succès puisque son oeuvre rencontre une reconnaissance au niveau mondial.  

Pour autant, il ne renie pas les références au passé, il est au contraire passionné par les cultures primitives, soient-elles africaines, océaniennes ou indiennes. Il se sent vecteur de l'énergie de ces traditions perpétuées.

L'artiste est né en 1959 dans la région parisienne. Diplômé de l'Ecole supérieure des Arts Modernes de Paris, il tâte un peu de la publicité avant de faire une belle carrière dans la création et la réalisation de films d'animation, puis de dessins animés, largement appréciés et primés. Ses premières sculptures et pièces de mobilier datent de 1992.

Réalisant un rêve d'enfant explorateur, donc de poète en quête d'un monde imaginaire à restituer dans le nôtre, Michel Haillard a accumulé les objets les plus étranges, des matières animales, des objets ethniques, des outils... Il a créé au fil des ans, comme il le dit, "un véritable cabinet de curiosité".

Ainsi est née "Tribale Poursuite", cette collection que Serge Miessen a eu la bonne idée de nous présenter. Meubles biscornus mais fonctionnels, ces sièges ou commodes sont autant de récoltes d'une exploration : du monde, des cultures et de l'esprit. L'artiste est conscient de l'extravagance qu'il s'offre, et l'humour en module les apparentes outrances.

Il existe sur l'oeuvre de Haillard un très beau texte, limpide du célèbre critique d'art Wim Toebosch. Les meubles y sont décrits comme des "créations d'un design baroque exotique et paradoxal". Le terme baroque est dérivé du portugais "barroco" qui signifie perle irrégulière ou perle sauvage, rappelle Toebosch avec finesse.

Sans doute Haillard rend-il au baroque des lettres qu'il ne méritait pas de perdre. Les années '30, dans une tentative de revalorisation de ce style, l'avaient en fait mal expliqué, en extirpant "la débauche d'ornements", en l'intitulant "l'art de l'illusion et du trompe-l'oeil". Alors que l'on peut en dire autant du siècle néo-classique pour ce qui est des ornements, de la Renaissance pour ce qui est du trompe-l'oeil.

On insiste plus actuellement sur la construction, sur l'apparence constructive (comme les colonnes du Bernin au Vatican), et sur la composition spatiale. Le baroque accentue la tension, dramatise l'architecture. Mais l'ensemble reste profondément équilibré, structuré, fusionnel pourrait-on dire.

C'est en définitive une synthèse qu'opère Haillard : entre ses matériaux hétéroclites et réappropriés, ses mémoires puisées dans les trophées des chasseurs de tribus avant que nous leur imposions nos "valeurs", et avec son imaginaire débordant de curiosité et d'enthousiasme. 

E. MdR         
 
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Klug-Tirage

 

 

 

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Makalali

 

 

 

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Petersbourg

 

MGallery, rue Lebeau, 18, 1000 Bruxelles (Grand Sablon). 
Tel. : 02 513 52 54.

 

 

Du mardi au samedi de 10h.30 à 12h.30 et de 14h.30 à 18h.30 ;
Le dimanche matin de 11 h. à 13 h.
Du 15 mai au 1er septembre 2003.
Voir aussi :
Le site de la galerie  
Le site de Michel Haillard  

Copyright © 2003 Mémoires.
Oeuvres : ©Michel Haillard. 
Photos : ©J.-L. Cornier.
Tous droits réservés.

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