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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Mai 2003 Clotilde Ancarani. Les chemins de la liberté, à la Galerie Faider de Bruxelles . |
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; Cette jeune femme à l’œil pétillant, née aux Etats-Unis d’un père
italien et d’une mère belge d’origine autrichienne est bourrée de talent et se
meut avec la même aisance dans la peinture que dans la sculpture. Maniant aussi bien l’huile que la gouache, l’aquarelle que le plomb
soudé, le plâtre que le bronze elle pratique simplement « la belle
ouvrage » énergique, spontanée, instinctive. Formée à la
Rhok Académie ainsi qu’à
l’Académie des Beaux-Arts de Braine l’Alleud, elle
prend vite ses distances par rapport aux leçons reçues. Elle choisit le
périlleux chemin de la liberté. Nul autre ne lui aurait convenu. Nous la découvrons en 2001, chez un décorateur, dans un lieu où ses
œuvres trouvent naturellement leur place entre meubles dépouillés et objets de
qualité. On se souvient, entre autres, de longs et fragiles personnages en fil
tressé – immobiles de par la force des choses et étrangement animés par les
jeux de lumière entre les fils – véhiculant sur leurs frêles épaules une
dimension émotionnelle que n’aurait pas renié Giacometti. Aujourd’hui, l’artiste nous revient à la galerie
Faider
avec un travail, tout en nuances, sur le thème de la vie en quelque sorte. « Mes œuvres sont des œuvres à vivre » nous disait-elle lors
d’une précédente exposition. Elle persiste et signe mais la vie qu’elle exprime
ici a acquis une maturité qui manquait peut-être à la fougue de la jeunesse. Un
voile de rigueur, voire de mélancolie est venu se poser sur des recherches
qu’on devine intenses. Cette mère de famille nombreuse, qui depuis l’enfance a toujours
« griffonné », travaille avec acharnement pour concrétiser les idées
qui bouillonnent en elle. Ses œuvres peintes, d’un dépouillement extrême sont réalisées sur toile
ou sur papier marouflé. Les « Vasques » qu’elle nous montre imposent
le silence tant elles incitent à réfléchir sur leur raison d’être. Que
contiennent ces « contenants » tracés d’un pinceau ferme et généreux
dans une sobre gamme chromatique de beiges et de gris. « Bourrés
d’imaginaire, d’indicible, de muet et d’ignoré… » on devine l’existence
d’une « présence » spirituelle au creux de l’objet intitulé non sans
raison : « Baptême », « Tempête »,
« Equilibre » ou « Tranquillité » selon qu’il est à peine
estampillé d’une croix, marqué d’une tache rouge, en porte à faux ou bien
planté sur sa base… Des « Gouttes » de vie en bronze ou en plâtre,
vobunite et papier mâché évoquent la naissance, l’amphore,
la coquille. La vie encore une fois comme une ombre, une illusion ! Et puis pour clore ce nouveau cheminement de l’artiste – pathétique
dans sa simplicité – l’ode à la robe témoigne des contradictions d’aujourd’hui. Malgré la dictature du pantalon, la robe fait encore rêver et
Clotilde Ancarani excelle dans
cette nostalgie non avouée de la femme-femme enveloppée de flou et nimbée de
séduction mais attention… pas de femme dans ces tableaux dont la robe est seule
sujet. Légère, vaporeuse, souvent blanche pour galber une hanche, souligner
d’un trait délicat l’ombre de la poitrine, esquisser une fine bretelle, elle
est prête à entamer quelque pas de danse. Pas de femme non plus dans ces superbes silhouettes de bronze – sans
tête, sans bras, sans jambes – figurant des robes solides comme des armures et
intitulées « Masques »… peut-être pour protéger la femme-femme des
démons de la séduction. Allez savoir. Un fait est certain, Clotilde Ancarani fera encore parler d’elle. Colette Bertot |
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Tranquillité
Naissance
Masque |
| Galerie Faider, 12 rue Faider, Bruxelles. | |
| Du mercredi au vendredi de 14h à 19h. Samedi de 14h à 18h. | |
| Du 9 mai au 7 juin 2003. |
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Bertot.
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