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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Avril 2003 La Biennale internationale de gravure de Liège, un souffle de renouveau, au Musée d'Art Moderne et d'Art Contemporain (MAMAC). |
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; Au printemps 2002, appel à candidatures a été lancé. Des quatre coins
d’Europe, les dossiers de 82 artistes venus de 19 pays différents ont afflué. Leurs œuvres sont actuellement rassemblées au MAMAC (Musée d’art
moderne et d’art contemporain) de Liège témoignant de l’extrême vigueur de
l’estampe pratiquée dans l’Europe entière. Discipline exigeante aux multiples facettes, la gravure offre un
formidable éventail de possibilités que nous avons pu découvrir ici, classées
en « gravure en creux » (taille douce, pointe sèche, eau forte,
aquatinte, le verni mou, le burin…), en « gravure en relief » (sur
bois, sur lino, typographie…) et en « gravure à plat » (lithographie,
offset, infographie…). A tous ceux que la gravure titille, le MAMAC propose actuellement des
ateliers, des initiations pour scolaires et adultes. (réservation
obligatoire : tel.085/51.15.49) Dynamisme. C’est probablement le mot clé caractérisant cette Biennale qui
accueille, et c’est nouveau, de nombreux artistes venus des pays de l’Est,
rassemble des graveurs de trois générations et surtout accepte toutes les
techniques qu’elles soient traditionnelles ou expérimentales. Epinglons parmi d’autres, les travaux raffinés de la belge Isabelle
Antunes Mendes (Feuilles. Eau forte), ceux de l’allemand Alexander Johannes
Kraut (Grosse Ufer. Linogravure ), ceux du finlandais Heiskanen (Mushroom wizard. Aquatinte ) et ceux de l’anglais Peter Cunliffe (Counter Line.
Xylographie) tous différents, tous marqués du sceau de la qualité. Mais ce qui
frappe, en parcourant les salles du musée c’est « l’éclatement de
l’espace »… La présentation des œuvres ne se limite plus aux seules cimaises, elles
envahissent les lieux, du sol au plafond, décloisonnant les genres, prenant des
allures tridimensionnelles et détournant l’objet-estampe vers d’autres
finalités. Les sphères planètes de Nicole Callebaut (qui expose actuellement à la
galerie Faider, à Bruxelles), les intrigantes sculptures animalières en papier
xylographié de Bénédicte van Caloen (qui exposait il y a peu, à la galerie
Vockaer, à Bruxelles) sont le reflet d’une tendance affirmée de l’art
contemporain multiple et fluctuant. Incontestablement, la gravure quitte ses
modèles pour s’engager sur d’autres voies où, par le biais d’un même procédé,
s’expriment tous les tempéraments, toutes les sensibilités. Dans une toute autre discipline – la dentelle – on voit actuellement
aussi un revirement de cap qui ne manque pas d’intérêt. D’autres découvertes. Autour et alentour de la Biennale, de nombreuses expositions et
animations sont mises en place dont, au Cabinet des Estampes, une exposition
haute en couleur de 70 lithographies de Bram van Velde parmi lesquelles figure
la série Prisunic réalisée en 1967 et qui donnait la possibilité d’acquérir une
estampe originale pour 100Fb ! Dont, à la Salle Saint Georges, qui aurait bien besoin de rénovation,
sous l’intitulé « d’Alechinsky à Serra » une centaine d’œuvres
majeures de la collection du Centre de la gravure à La Louvière témoignant de
l’importance du « signe » au fil des civilisations. Traces de doigts,
hiéroglyphes, images gravées sont toujours moyen de communication. L’estampe
permet de décliner plusieurs fois une même œuvre laquelle existe « pour
elle même et comme fragment d’un processus infiniment recommencé » Aujourd’hui, bon nombre d’artistes viennent à la gravure pour élargir
leur champ d’expression, raconter l’histoire, investir le champ commercial,
réinventer le monde selon leur propre sensibilité. Aux cimaises, de nombreux
Alechinsky dont une « Flore danoise », eau forte sur fac-similé de
planches issues d’un album de botanique du XVIII°. Des gravures sur acier qui
peuvent être installées de différentes façon de François Morellet. Des pointes
sèches tourmentées de Baselitz dont le nom est celui de son village natal
détruit par la guerre. Une adorable petite série de pointes sèches signées
Tytgat illustrant la Flûte enchantée de Mozart. Des Richard Serra travaillant
des effets de relief. De bouleversantes gravures de Louise Bourgeois évoquant
les frustrations de son enfance traumatisée. Signalons aussi, au Musée d’Art Religieux et d’Art Mosan, une
exposition sur le thème de l’imagerie religieuse imprimée à travers des
xylogravures et linogravures des XV° au XX° et même… tout est prétexte à
récupération, à la galerie Wégimont, un « Simenon en gravure » ! De quoi découvrir un langage plastique particulier « parfois plus
poétique et évocateur que déclaratif »… Colette Bertot |
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I. Antunes Mendes
O. Heiskanen
B. Van Caloen
Supprimé
:
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Musée d’Art Moderne et d’Art
contemporain, 3 Parc de la Boverie, Liège. Renseignements et réservation : Tel. 04/ 342.39.23. |
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| Du mardi au samedi de 13h à 18h. Dimanche de 11h à 16h30. | |
| Jusqu’au 11 mai 2003. |
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Bertot.
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