LA LETTRE MENSUELLE
Université de Lille III, France - Mars  2003.

     Rémy Cogghe, Mouscron 31/10/1854 – Roubaix (France) 02/04/1935
     par Madame Dominique Piteux Vallin.


Eléments de biographie :

Rémi Coghe pour l'état civil est né à Mouscron de Brunon Coghe, tisserand, et de Fidéline Delmeire. Avec son jumeau Victor qui décède le 08/12/1854, naissent après Jules en 1852, et avant trois autres enfants Emile, Charles-Louis et Clémence.

Après 1863 la famille s’établit de l’autre côté de la frontière.

C’est une fois installés à Roubaix où le père travaille à la filature Cordonnier que Rémi est inscrit à l’école de la rue des Bois. Alexandre Faidherbe qui milite pour l’enseignement des arts à l’école lui permettra de rentrer aux écoles Académiques de Roubaix ; il y aura pour professeur Constantin Mils[1] et Celer Letombe (fig1) qui figure entouré de son fils Léon et de son beau-frère Monsieur Mille Florin dans la partie supérieure gauche du célèbre tableau Le combat de coqs en Flandre, 1889.

Rémi Coghe reste dans cette école jusqu’en 1875 avant de rejoindre le 22 mars 1876 l’école des Beaux-Arts de Paris et la classe de Cabanel muni de la recommandation de Mils : «monsieur Coghe sait assez bien dessiner ».

Un industriel roubaisien, Pierre Catteau[2] qui le soutiendra sans compter lui verse une pension de 120 francs, ce qui lui permet de faire face aux dépenses parisiennes.

Quand il se présente au concours pour le prix de Rome, on s’avise que Cogghe est de nationalité belge ; l’aventure française s’arrête là.

Il rejoint aussitôt la Belgique et se réinstalle à Mouscron chez Louis Joseph Crombeke, chirurgien accoucheur.

Il rejoint ensuite l’école des Beaux-Arts de Bruxelles et se présente pour la première fois au concours pour le prix de Rome en 1878 à Anvers ; il échoue et se représente en 1880.

Le prix de Rome :
De la création de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Belgique et des conditions du concours du prix de Rome d’Anvers.

En France, l’Académie qui a décerné le Grand Prix permettant aux élèves devenant lauréats d’être pensionnaires du gouvernement pendant cinq ans à l’école Française de Rome, trouve son origine dans l’académie de peinture fondée en 1648 par Mazarin.

En Belgique, le prix de Rome a été décerné entre 1819 et 1921 par l’Académie Royale des Beaux-Arts d’Anvers.

Sa création est intimement liée à l’histoire du pays. L’histoire de la Belgique nous rappelle que les provinces belges furent officiellement annexées par la France le 1er octobre 1795 et divisées en neuf départements qui préfigurent les neuf provinces de 1830.

Dès 1797, le commissaire Dargonne plaide auprès du ministre des affaires internes pour la création d’un prix annuel de peinture historique pour lequel les artistes étrangers peuvent concourir afin de pouvoir étudier trois ans à Paris et ensuite à Rome.

Créée en 1804 par décision du préfet d’Herbouville, «l’école spéciale » devient l’Académie de peinture, Sculpture et Architecture de la ville d’Anvers et l’on parle pour le concours de «Grand prix ». Ce prix est attribué pendant trois ans à trois lauréats en peinture et trois lauréats en sculpture.

En 1808, on renonce à décerner le prix faute de subsides et c’est lorsque le congrès de Vienne réunit les neuf départements belges aux Pays-Bas du Nord que le concours est de nouveau ouvert grâce à l’Académie d’Anvers et à l’association pour l’encouragement des arts dont les statuts datent de 1816. La société existait depuis 1788, la première exposition ayant eu lieu en 1789, mais ayant décliné dès 1794, reconstituée en 1800 mais cessant de se réunir en 1805, elle renaît de ses cendres en 1811 avant de devenir par décret Société royale d’encouragement des Beaux-Arts en 1817.

C’est d’ailleurs le roi Guillaume des Pays-Bas qui donna à l’institution le nom d’Académie royale des Beaux-Arts en fondant par décret du 13 avril 1817, à Anvers et à Amsterdam, une Académie permettant de prodiguer une formation complète aux élèves. Ces académies attribuaient à tour de rôle le prix de Rome au meilleur élève qui avait suivi au moins un an des cours de l’Académie.

Depuis le début du premier concours à Anvers en 1819, quelques modifications sont intervenues : à partir de 1821, le concours est ouvert à toutes les académies du pays. Après la Révolution belge de 1830, le concours n’est plus organisé qu’à Anvers.

C’est le décret royal du 22 mai 1875 qui officialise le concours et les modifications sont régies par le règlement d’ordre du Grand Prix de Rome qui relève de la décision ministérielle.

C’est la décision du 31 janvier 1876 qui régit le concours auquel participera Rémy Cogghe.

Le concours est annoncé par voie de presse dans le Moniteur belge [3]. Cette annonce doit être faite trois mois avant le début du concours. La clôture des inscriptions étant fixée au 20 mars 1880, la publication doit avoir lieu avant le 20 décembre 1879.

Lorsque l’on consulte la «liste des inscriptions » en date du 20 mars 1880, Rémi Coghe, selon son orthographe d’état civil, est inscrit sur la liste des concurrents en date du 16 mars 1880 et est déclaré faire ou avoir fait ses études à Bruxelles [4]. Son dossier d’inscription porte le numéro 14 et l’adresse est bruxelloise ; il use d’ores et déjà de l’orthographe REMY COGGHE. Une note ajoutée stipule que les établissements d’étude ont été indiqués conformément à leurs déclarations personnelles.

Dix-neuf concurrents sont inscrits à ce concours. Ces documents sont signés par l’administrateur monsieur Kempeneers.

à la suite de l’épreuve préparatoire, six artistes sont admis au concours définitif. Classés par ordre de mérite, il s’agit de :

Rémy COGGHE
Charles VAN LANDUYT, de Bruxelles
Henri HOUBEN, d’Anvers
François CHARLET, de Bruxelles [5] 

Louis VAN ENGELEN, de Lierre, et Emile VERBRUGGE, de Bruges, classés 5ème ex-aequo

Le jugement se fait sans que le jury [6] ne connaisse l’auteur de l’œuvre dont le nom est placé dans un billet sous sceau scellé sur le revers de la toile et seulement ouvert par le président à la proclamation des résultats.

Rémy Cogghe obtient :
  - la première place pour la tête d’expression avec une note de 15 sur 20 (la note la plus basse étant 3) ;
  - la troisième place pour la composition avec une note de 17 1/3 sur 20 (la note la plus basse étant 4) ;

  - la première place pour le modèle vivant avec une note de 19,5 sur 20. Le classement définitif après application des coefficients donne Rémy Cogghe premier avec 106 points. Le second est Charles Van Landuyt qui obtient 103 points ¾.

Pour le concours définitif et avant installation en loge, il est procédé en présence des surveillants à l’examen général des costumes et objets de travail dont ils se proposent de faire usage en loge, à la visite générale des loges échues par tirage au sort.

Le jury fait aussi un choix parmi les sujets proposés par les membres, la liste établie permettant le tirage au sort du sujet commun à tous les concurrents :

Remords d’Oreste
            Les Aduatiques vendus à l’encan

            Un épisode du massacre des Innocents

            Les Sabines devant Vespasien

            Ulysse racontant ses aventures

            Le paralytique guéri.

Le candidat doit selon les recommandations du jury composer une esquisse peinte de 54 cm de haut sur 67 cm de large. Cette esquisse terminée, il aura deux jours pour en faire une copie. Si cette esquisse est acceptée par le jury (celui dont l’esquisse n’est pas suffisamment formulée peut être mis hors concours à ce stade), il lui restera 85 jours pour faire en loge le tableau dont les dimensions sont imposées pour la hauteur entre 1 m et 1,2 m et pour la largeur entre 1,2 m et 1,45 m. La figure principale sera dans la proportion de 0,60 à 0,70 m.

Le sujet tiré au sort sera celui des Aduatiques vendus à l’encan (figure 2), extrait du Cours abrégé d’histoire nationale de l’abbé Namèche :

« Après la défaite des Nerviens à la bataille de Presles, les Aduatiques [7] étaient encore en armes et se disposaient à rejoindre les Nerviens.
Quand ils apprirent l’issue de la bataille, ils se renfermèrent avec tout ce qu’ils possédaient dans une de leurs forteresses de la Sambre, située au milieu de rochers qu’ils croyaient inaccessibles.
César entoura la place et se mit en devoir de faire jouer les machines de siège.
À cette vue, les Aduatiques crurent devoir recourir à la ruse et firent mine de se rendre ; mais ils se jetèrent dans la nuit sur les Romains. Ceux-ci étaient sur leurs gardes.
Après une lutte acharnée, quatre mille Aduatiques restèrent sur le carreau et le reste fut repoussé.
Le lendemain, César fit rompre les portes de la forteresse à coups de hache et se rendit maître de la place sans résistance.

Les habitants furent vendus sous la lance, corps et bien ».

Les esquisses sont remises par les candidats sous cadre et verre, un papier couvrant l’œuvre, le nom du candidat est placé sous sceau scellé sur le revers du travail exécuté.

Le classement est ainsi établi :

Rémy Cogghe, n° 5, premier grand prix de Rome
Verbrugge
, de Bruges, second prix

Charles Van Landuyt, de Bruxelles, pour la mention honorable.

Les ouvrages sont exposés au public du 14 au 24 août 1880 à l’Académie Royale des Beaux-Arts d’Anvers.

Le 28 août, le secrétaire Stienon envoie les esquisses sous verre et les tableaux au Musée royal de Peinture, au Palais des Académies à Bruxelles.

Des lettres de recommandation [8] sont établies par le Ministre des Affaires étrangères qui introduit le lauréat auprès des agents diplomatiques et consulaires représentant la Belgique à l’étranger. Le départ est décidé pour le 1er avril 1881 et un courrier du 31 mars 1881 annonce un départ imminent dès le paiement de la pension.

Rémy Cogghe est tenu à l’envoi de rapports semestriels ainsi qu’à l’envoi d’œuvres à des dates imposées en théorie, mais qui la plupart du temps seront largement dépassées. La bourse de voyage lui est versée par la «Métropole commerciale de Belgique ».

Son voyage débute à Paris pendant le second semestre 1881.

Il commence l’année 1882 à Rome, puis poursuit son périple à partir de juin à Tolède en Espagne. Il restera vingt jours à Madrid où il découvrira Velasquez qu’il juge «le roi des peintres ». Barcelone sera également visitée. Dans les courriers relatifs à son envoi [9] à l’exposition d’Anvers de 1882, Rémy Cogghe est installé à Grenade où il effectue un séjour de quarante-deux jours qui lui permet de découvrir et s’émerveiller à loisir de l’Alhambra.

De là il se rend en Algérie. Ses travaux envoyés sont Les femmes présentées à Octave comme esclaves (figure 3 et 4) en 1883 lors de son deuxième séjour à Rome, mais probablement commencé lors du premier séjour romain de Cogghe. En effet, le musée de Roubaix possède une toile intitulée Le repos du modèle qui montre un portrait de jeune femme noire que l’on retrouve dans les femmes esclaves présentées à Octave [10] et qui fut donné au Musée de Roubaix par les écoles académiques en 1882. C’est ce « repos du modèle » qui est présenté à Anvers lors de l’exposition de 1882.

Il envoie (figure 5) Le Vendredi-Saint à l’église San Carlo à Rome en 1884, initialement titré Le carnaval à l’église San Carlo de Rome, ainsi que la copie du tableau de Rubens situé à Florence Les quatre philosophes [11]. Lors de son séjour à Florence, il se rend à Cora dans les Abruzzes et y réalise un tableau Chemin dans les Abruzzes, signé et daté de 1884, qui sera exposé en 1888 à Roubaix. En fin d’année 1884, il se rend en Tunisie.

Rémy Cogghe se préoccupe auprès de l’administrateur Kempeneers de l’exposition de son prix de Rome dans les diverses manifestations d’art qui se déroulent tant en Belgique qu’à l’étranger, la France en l’occurrence, pendant ses séjours romains. Il demande [12] qu’après les expositions, les tableaux soient renvoyés à M. Leclercq qui demeure au n° 4 de la rue Nain à Roubaix [13].

Il passe l’été 1885 à Roubaix et doit rester jusqu’en octobre, si l’on croit Le Journal de Roubaix qui mentionne de nombreuses commandes de portraits que le peintre doit honorer et qui l’obligent à séjourner à Roubaix. En 1885, il s’installe de manière définitive à Roubaix où il réside avec ses parents, rue des Vélocipèdes [14].

Rémy Cogghe et les expositions :

Il participe 29 fois au Salon des artistes français à Paris entre 1879 et 1926 et toujours dans la section étrangère.

Les œuvres exposées sont aussi bien des scènes de genre comme le départ des prisonniers [15] (figure6)  Madame reçoit (Figure 7) ou des portraits ou des scènes anecdotiques flamandes comme le combat de coqs en flandres (Médaillé) ou le jeu de boule en flandre française ou le coup de la fin[16] encore titrée la rixe.[17]

Fidèle à sa ville d’adoption Cogghe participera régulièrement au Salon Artistique de Roubaix-Tourcoing fondé en 1883. Dès 1886 il présente ses tableaux de salon mais aussi des œuvres plus en rapport avec ses fréquentations locales. De nombreux portraits sont exposés et  c’est au cours de ce salon qu’il présente son autoportrait en 1899 (figure 8).

Le Salon artistique disparaîtra durant la première  guerre et la société sera dissoute en 1926 sans avoir réussi à renaître de ses cendres. Cogghe y aura exposé à chaque occasion sauf en 1890 et en 1902 ; de plus il sera membre organisateur de cette société.

Il existera à Roubaix dès 1907 une société des artistes Roubaisiens qui exposera à la galerie Dujardin. On y retrouve Cogghe dès 1913. Les catalogues d’expositions des  années 1923 et 1925 montrent que le séjour de Cogghe à Bruges lui a inspiré de nombreuses œuvres. (figures 9 et 10)  

Cogghe exposera une dernière fois en 1929 au cours d’une exposition organisée par les Amis de Roubaix.

Une grande exposition lui fut consacrée en 1954 à Roubaix et à Mouscron à l’occasion du centenaire de sa naissance et une rétrospective eu lieu en 1985 dans les mêmes villes.

Fortune critique :

Elle est abondante et se retrouve essentiellement dans le Journal de Roubaix ou la Revue septentrionale mais aussi dans la presse nationale et étrangère l’année du Combat de coqs en flandre.

Roubaix artiste, l’Echo du Nord, Le Lion des Flandres mais aussi le Panorama illustré ou L’illustration  et même le journal des Beaux-Arts s’intéressent à Cogghe de manière régulière.

Les choix artistiques de Rémy Cogghe :

La production importante de Rémy Cogghe, tant au niveau des peintures dont il se plaisait semble-t-il pour les plus célèbres à faire de nombreux travaux ou préparatoires ou de réplique, qu’au niveau des dessins et esquisses qu’il faut rassembler autour des œuvres achevées nous renseignent sur les procédés de Cogghe.

Si Cogghe se détache des sujets académiques pour privilégier l’anecdote, il n’oublie jamais sa formation minutieuse. Le travail préparatoire méticuleux dont les dessins mis au carreau présentés plus haut ne sont qu’une étape du processus de création qui précède la réalisation de l’œuvre succède à la prise sur le vif de nombreuses figures, à la mise en place des personnages dans de savants rapports en relation avec le triangle de Pytagore.

La mise en perspective et les chevauchements, l’utilisations des couleurs et des valeurs comme modes de création de l’espace, rapportés par ses innombrables dessins[18]révèlent ces qualités qui lui ont permis de répéter sans cesse que c’est à cette rigueur qu’il devait d’avoir remporté le Prix de Rome.

Cette utilisation maîtrisée de la technique laisse au dessin de Rémy Cogghe toute son expressivité.

L’art du portrait dans lequel il excelle lui assure des commandes jamais mises en péril par la photographie ; il reste de bon ton de faire faire son portrait par un peintre de renom.

Mais Rémy Cogghe apprivoise le portrait pour l’inclure dans ses scènes anecdotiques.

Plusieurs toiles nous présentent  sa famille (le départ des Prisonniers, la déclaration), ou ses amis (le combat de coqs en Flandre). Nous pourrions citer également amateur de beau, l’intrigue, le bain de pied inattendu, le repos du chasseur, Caremba !, alerte .

C’est à partir de 1889 que Cogghe aborde les thèmes septentrionaux. Il semble que Cogghe choisit de n’être ni un naturaliste superficiel, ni un réaliste. Le genre populaire de la vie de province ne reprend pas les thèmes du travail chez Cogghe mais celui des activités ludiques ou domestiques. Il essaie de donner l’image la plus précise possible de la société dans laquelle il vit et nous présente le monde dans sa réalité, sans plus. Dans les tableaux religieux comme le Vendredi saint à San Carlo par exemple, il se limite à l’aspect extérieur de l’effet religieux et s’intéresse plus aux gestes, attitudes des personnages, mêlant à un sujet sérieux l’anecdote (cierge renversé).

Rémy Cogghe ne s’impose qu’une vision objective et simple de la vie contemporaine ; il étudie sans relâche la vie. Peindre le réel n’est pas seulement se référer aux épisodes ou aux types de la vie familière ; s’il reproduit un geste ou une attitude c’est qu’il l’a observé. Rémy Cogghe sort de l’atelier et ce contact permanent avec la vie lui permet de refléter les formes du monde extérieur qu’il retranscrit dans ses scènes populaires.

En dehors des scènes de genre et des portraits Cogghe nous laisse de nombreux paysages ; Venise et Bruges focaliseront l’intérêt de Cogghe, mais aussi la campagne roubaisienne.

Conclusions sur la carrière de Cogghe :

Rémy Cogghe semble suivre son chemin dans l’agitation roubaisienne de l’époque, comme indifférent à l’égard du pouvoir. Cogghe ne recherchera jamais les commandes officielles ; les seules séries tant soit peu officielles concernent les notaires roubaisiens pour la chambre des notaires du Nord et les présidents de la chambre de commerce de Roubaix.

Cependant le rôle qu’il tient dans la société artistique roubaisienne est reconnu par sa nomination en 1902 au grade d’officier d’Académie.

Rémy Cogghe puise l’espérance à sa palette de tons clairs, colorés, palette jamais boueuse, sordide ou terne.

Il introduit comme une sorte d’idéal à des sujets ordinaires de la vie quotidienne et ses modèles avec leur vérité de types contribuent au succès de ses peintures tout comme l’atmosphère vraie, l’observation des colorations ambiantes, le souci du détail.

Entre naturalisme superficiel teinté d’une approche sentimentale et réalisme, Rémy Cogghe choisit d’être régionaliste.

Sa peinture présente toutes les caractéristiques de l’art septentrional, simplicité de la composition, émotion saine, fermeté d’exécution qui n’exclut pas le souci du détail. Emile Verhaeren écrit dans la jeune Belgique : «peindre flamand, ce n’est pas nécessairement camper sur une toile une laitière campinoise ou un fruste paysan ; il y a aussi la manière. C’est la manière solide, sanguine, profonde, large et grasse de sentir ; c’est la belle sensualité dans l’impression et dans le métier, c’est la pâte opulente, la vision saine et gonflée des choses »

Dominique Piteux Vallin,     
Historienne de l'art,     
 
Université de Lille III       


[1] 1817-1886 élève de Potier aux écoles académiques de Valenciennes, entre en 1836 à l’école des Beaux-Arts de Paris dans la classe de Picot, expose au Salon à partir de 1846. S’installe en 1848 aux environs de Bruxelles où il est professeur de peinture, il rentre en France en 1863 et est nommé professeur de dessin aux écoles Académiques. Il y formera Weerts, et Krabansky également

[2] 1820-1888 Industriel qui a créé à Roubaix une société spécialisée dans les tissus laine et soie. Philanthrope, homme politique (conseiller municipal et député) il cédera sa propriété pour y établir le tribunal de commerce.

[3] La publication au Moniteur belge est faite par l’administration des lettres, sciences et beaux-arts, alors dépendante du Ministère de l’Intérieur.

[4]  Tous les renseignements cités dans ce paragraphe sont extraits du dossier du concours qui se trouve aux archives de l’Académie royale des Beaux-Arts à Anvers (=ARBAA).

[5]  François (ou Frantz) CHARLET, né à Bruxelles en 1862, décédé en 1928. Élève de l’Académie de Bruxelles chez Portaels, puis à l’école des Beaux-Arts de Paris chez Carolus Duran, Gérôme. Auteur de portraits, paysages et tableaux de genre. Mention honorable au Salon de 1883. Fondateur avec Ensor et Van Rysselberghe du groupe des “XX”.

[6]  Qui se réunit le 24 avril autour d’un repas copieux, largement arrosé de 28 bouteilles pour 11 personnes !

[7] Peuple de l’ancienne Gaule établi au nord du sillon Sambre-Meuse.

[8] Il n’y a pas de copies disponibles à ce jour.

[9] Voir les archives de l’ARBAA.

[10] Selon Suétone dans les Vies des 12 Césars, sous la vie d’Auguste, chapitre LXIX : Ses adultères, les complaisances de ses amis, « les amis d’auguste le pourvoyaient de femmes mariées et de filles nubiles qu’ils faisaient déshabiller et qu’ils examinaient comme des esclaves vendus par Toranius ».

[11] La copie faite par Cogghe est conservée au Musée royal des Beaux-Arts de Bruxelles.

[12] Lettre manuscrite dans les archives de l’ARBAA.

[13] Beau-frère de son ami Abel Letombe, fils de Celer, son ancien professeur, négociant en tissu.

[14] Il fera construire en 1893, après le décès de son père en 1888, la maison de la rue des Fleurs, dont l’architecte est Paul Destombe (Archives municipales de Roubaix, permis de construire du 6 mai 1893).

[15] Collection ville de Wasquehal - France

[16] Musée d’art et d’industrie André Diligent , la Piscine, Roubaix - France

[17] Musée de Tournai - Belgique      

[18] Collections à Roubaix et Mouscron.

Bibliographie :
* Schulmann D. et Brausch V., Catalogue d'exposition, 1985.

* Vandenberghe R., article in Mémoires de la société d'histoire de Mouscron et de la région ,t VIII, 1986, page 240 et suivantes.

* Le catalogue raisonné est en cours de réalisation par Dominique Piteux-Vallin. Toute information est la bienvenue : nous contacter SVP.

* Toutes les cotes récentes de l'artiste.

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1. Etude pour
"Le combat de coqs"

 

 

 

 

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2. Etude pour 
"Les aduatiques..."

 

 

 

 

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3. Etude de femme
pour Les esclaves...

 

 

 

 


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4. Les esclaves 
vendues à Octave

 

 

 

 

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5. Vendredi Saint à
San Carlo à Rome

 

 

 

 

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6. Le départ 
des prisonniers

 

 

 

 

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7. "Madame reçoit",
dessin préparatoire

 

 

 

 

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8. Autoportrait

 

 

 

 

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9. Marché aux poissons
à Bruges, étude

 

 

 

 

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10. Vue de Bruges
dessin préparatoire

 

 

 

 

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11. Autoportrait, étude

 

 

 

 

 

 

 

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