![]() |
Exposition temporaire |
| A la Galerie Albert Ier à Bruxelles : |
| "Christian Leroy - Le dit de la terre" |
|
Amoureux de la terre, amoureux de la chair, Christian Leroy crée à partir de la glaise des figures amples, très construites et très charnelles. Ce sont les images familières du vécu, de la chaleur humaine : le couple, l'enfant, la femme, ce sont images directes, immédiates, crues et qui comme par miracle trouvent un équilibre en se métamorphosant en cet objet dur qui est une forme dans l'espace. La merveille c'est que la terre même qui parle par sa matière et ses couleurs issues de la grande chaleur du four ou des englobes. C'est elle qui se fait tendresse, vie joyeuse ou amertume, douleur ou sensualité comblée. Depuis peu des lutteurs japonais sont venus rejoindre de leur grande masse de chair les figures plus vulnérables du quotidien, ils sont là dans le mouvement de leur corps, passés au grand feu qui leur a donné une patine de pain cuit. Exotisme sans doute mais aussi idée de puissance traduite dans le matériau qui convient. Le vécu c'est aussi la communication, l'échange des regards, les questions posées. Le portrait apparaît comme découverte des visages qui apportent une zone de silence, une recherche de vérité. Parfois, pour les enfants surtout, l'expression est un moment de bonheur ou de plaisir qui affleure, la bouche s'entrouvre en un sourire à peine esquissé, le regard se donne. Ailleurs, les traits d'une femme apportent leur part de méditation ou de songe. Ce qui est en cause, c'est l'affirmation claire de ce qui fait l'individu, cette personne là et nulle autre. C'est pourquoi le portrait peut être la personne entière, telle qu'elle se situe dans l'espace, avec sa démarche, ses mouvements familiers surtout sa statique propre qui dévoile la tranquillité, l'inquiétude ou cette plénitude qui annonce le bonheur. Coulée en bronze l'oeuvre apporte autre chose. La solidité et la patine du métal qui cependant ne nie pas l'approche vivante de tout ce qui s'offre à la main du sculpteur mais peut être un accomplissement dans la mesure où il exige une vision plus sobre qui ne dit pas seulement le temps qui passe mais l'immobilité dans le mouvement même, un au-delà de la vie immédiate. Toujours cependant c'est la sensibilité qui affleure pour dire le bonheur sans doute mais aussi l'angoisse et la douleur, parce que ce qui est dit c'est la vie telle qu'elle apparaît dans sa complexité et sa plénitude. Eugénie De Keyser - mars 2001 |
||
| Galerie
Albert Ier, rue de la Madeleine, 45 à 1000 Bruxelles. Du 20 avril au 20 mai 2001. |
||
| En
semaine de 13 heures à 19 heures. Le dimanche de 11 à 13 h. Fermé le lundi |
||
| Notez que l'artiste possède déjà une page où son atelier nous est présenté par Madame Eeckman-Hemeleers. Cliquez sur le lien ci-dessus. |
Copyright © 2001
Eugénie de Keyser pour le texte, et Christian Leroy pour les oeuvres.
Tous droits réservés.
Retour à la lettre Retour à l'accueil
Les autres articles sont accessibles via nos archives.