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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques
de Colette Bertot. Décembre 2006 Les textures lumineuses de Gilbert Herreyns A la Galerie Didier Devillez de Bruxelles |
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;; Ce
belge de 63 ans, ensorcelé un temps par les sirènes hippies, a opté pour un
autre mode d’existence. Après de solides études à La Cambre, il
s’installe pour vivre et travailler dans l’île paradisiaque, loin des
flons-flons de la fête et des excès de drogue qui ont fait sa réputation. Le
geste large et le visage buriné, on peut le voir "construire"
un tableau, depuis la préparation de la toile jusqu’à l’œuvre achevée
quittant le mur et laissant à sa place, un "négatif" constellé
de gouttelettes de peinture. Qu’il
nous pardonne mais la mise en scène bien orchestrée de sa méthode de
travail est un peu théâtrale. La gestuelle est parfaite. Jet de peinture à
la "dripping", voyage de la goutte sur la toile…rattrapée à
temps par le pinceau habile, coup d’œil à la caméra… L’homme sait y
faire en matière de dilatation du moi ! Mais il n’y a pas que cela. Accrochées
aux cimaises de la galerie, ces œuvres attestent d’un sens aigu de la matière,
de la couleur, de la lumière. Rien d’autre n’intéresse Gilbert Herreyns
et, tout compte fait, cette démarche est essentielle. Que demander à
un artiste sinon de capter l’attention, de la conserver et de nous inventer
des rêves ? Les
œuvres de grands formats sont réalisées à l’acrylique sur toile de coton
et ne justifient aucun titre. A chaque spectateur de se perdre dans la
profondeur de tableaux abstraits jouant l’épaisseur des matières, les
vibrations de lumière, les variations chromatiques bien au delà du visuel. Pour
accrocher le regard, l’artiste jette ou tamise du sable sur la toile. La
couvre parfois d’épines d’épicéas rugueuses au toucher. Ensuite, il
trace de grandes coulées obliques de peinture. Pour la circonstance, le
pinceau est taillé en créneaux. Il sèche le tout au sèche-cheveux puis
renforce les lignes et suit à la trace le chemin emprunté par la goutte.
Toujours le même chemin comme s’il était prédestiné à ce lent voyage
sur la toile. Les
œuvres de Gilbert Herreyns, toutes les mêmes et toutes différentes,
participent d’un perpétuel renouveau de la pratique picturale. Ici les
rouges captent la lumière le long de coulures diagonales et régulières
imposées par la seule gravité. Là, le quadrillage des bleus, des blancs,
des gris évoque (en 185 cm x 185 cm) des constellations d’étoiles se
bousculant dans la nuit ou encore quelques séries de gratte-ciel new-yorkais
serrés les uns contre les autres sans que jamais l’œil ne s’égare. Plus
loin, surgit l’intense luminosité d’un violet tracé de biais et strié
de traînées blanches comme autant d’autoroutes vues du ciel. On devine
que, pour l’artiste, chacune de ces lignes est un long combat de patience et
de réflexion. Ailleurs
de petits exercices sur papier (50 cm x 50 cm) éclaboussent le regard de
bleus méditerranéens, de jaune soleil, de rouge feu pour nous rappeler que
l’artiste vit sous d’autres cieux plus lumineux que les nôtres. Passer
à la sobre et belle galerie Devillez est toujours l’occasion de découvrir
des artistes hors du commun et "catalogués" de surcroît, dans
de petits ouvrages raffinés qu’on collectionne pour le plaisir enfantin
qu’il procure !
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Gilbert Herreyns
Gilbert Herreyns
Gilbert Herreyns
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Galerie
Didier Devillez. 53 rue Emmanuel Van Driessche. 1050 Bruxelles. |
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Les
jeudi, vendredi, samedi de 14h à 18h30. Sur rendez-vous. |
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Exposition accessible jusqu'au 23 décembre 2006. |
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