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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques
de Colette Bertot. Octobre 2006 Martin Caminiti - Objets désarticulés A la Galerie Pascal Polar de Bruxelles |
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;; Exposé
pour la troisième fois à la galerie Polar, il nous offre là un spectacle très
aérien et pour la compréhension duquel on n’a besoin ni de se casser la tête
ni de consulter un manuel de philosophie. Mais pourquoi s’en plaindre. Au
cirque les acrobates font toujours recette… Les
objets assemblés par l’artiste, avec un soin jaloux, font davantage songer à
des sculptures dessinées qu’à des exercices ludiques. Au
départ de roues, de chaînes de vélos ou de cannes à pêche, il échafaude un
monde à lui un peu déjanté (c’est le cas de le dire) plein de charme et aux
qualités graphiques incontestables. "Ces objets, explique l’artiste,
sont l’équivalent des traces que je pourrais laisser avec un pinceau chargé
d’encre sur une feuille de papier". Certaines
œuvres sont "plaquées" au mur comme s’il s’agissait d’une
feuille de papier servant de support à une installation si simple qu’elle
paraît enfantine. Malgré
les apparences, il n’en est rien. L’imagination, le perfectionnisme et le
sens du détail sont au rendez-vous de la créativité et les uns ne vont pas
sans les autres. Ainsi de cette "Poussette, canne à pêche" gracieuse
comme une ballerine, dessinant sur le mur des lignes si fines et si déliées
qu’on croirait se trouver en face d’une calligraphie tracée à la plume par
une main experte ou alors d’insectes
fragiles "épinglés" par des collectionneurs. D’autres
œuvres sont posées au sol et permettent de se déplacer autour et alentour.
C’est bien une des qualités de la sculpture. La visionner en trois
dimensions. D’une banale corbeille à papier renversée, affublée d’un long
bec, il fait une lampe de bureau aux lignes aériennes saupoudrant le quotidien
d’une pincée d’humour. Ou encore d’une ampoule aux coloris bleu, rouge,
vert, dont il détourne la fonction, l’artiste fait un poème intitulé "Le
vent l’emportera" et l’ampoule déploie des ailes de libellule et sa
fragilité nous fait rêver. A
coups de fils métalliques, de métaux divers, d’assemblages, de torsions, de
roues, de nœuds enchevêtrés, Caminiti nous fait décoller du quotidien. Il se
défend de créer des objets surréalistes. Il fait "de la sculpture"
assène-t-il, en tapant du pied ! On n’est pas obligé de le croire. Il
n’est ni Léonard de Vinci ni même Panamarenko mais ses drôles de machines
sont un clin d’œil à la morosité qui nous entoure. De plus le gaillard
manie admirablement le crayon graphite sur papier. Ses "Anamorphes" en
témoignent… A voir, pour le fun.
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Martin Caminiti
Martin Caminiti |
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Galerie
Pascal Polar. 108 chaussée de Charleroi, 1060 Bruxelles. |
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| Du mercredi au samedi de 14h à 19h. | |
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Exposition accessible jusqu'au 4 novembre 2006. |
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