LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Colette Bertot.  Octobre 2006 
  Martin Caminiti - Objets désarticulés
  
A la Galerie Pascal Polar de Bruxelles 

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D’origine calabraise l’artiste est né en 1959. Il obtient en 1987, le Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique ainsi qu’une bourse qui lui permet d’avoir un atelier à la Villa Arson de Nice où il rencontre de nombreux artistes et où apparaît, pour la première fois "La roue de bicyclette" en hommage à Marcel Duchamp. Elle sera, si l’on ose dire, son cheval de bataille !

Exposé pour la troisième fois à la galerie Polar, il nous offre là un spectacle très aérien et pour la compréhension duquel on n’a besoin ni de se casser la tête ni de consulter un manuel de philosophie. Mais pourquoi s’en plaindre. Au cirque les acrobates font toujours recette…

Les objets assemblés par l’artiste, avec un soin jaloux, font davantage songer à des sculptures dessinées qu’à des exercices ludiques.

Au départ de roues, de chaînes de vélos ou de cannes à pêche, il échafaude un monde à lui un peu déjanté (c’est le cas de le dire) plein de charme et aux qualités graphiques incontestables. "Ces objets, explique l’artiste, sont l’équivalent des traces que je pourrais laisser avec un pinceau chargé d’encre sur une feuille de papier".

Certaines œuvres sont "plaquées" au mur comme s’il s’agissait d’une feuille de papier servant de support à une installation si simple qu’elle paraît enfantine.

Malgré les apparences, il n’en est rien. L’imagination, le perfectionnisme et le sens du détail sont au rendez-vous de la créativité et les uns ne vont pas sans les autres. Ainsi de cette "Poussette, canne à pêche" gracieuse comme une ballerine, dessinant sur le mur des lignes si fines et si déliées qu’on croirait se trouver en face d’une calligraphie tracée à la plume par une main experte ou alors d’insectes fragiles "épinglés" par des collectionneurs.

D’autres œuvres sont posées au sol et permettent de se déplacer autour et alentour. C’est bien une des qualités de la sculpture. La visionner en trois dimensions. D’une banale corbeille à papier renversée, affublée d’un long bec, il fait une lampe de bureau aux lignes aériennes saupoudrant le quotidien d’une pincée d’humour. Ou encore d’une ampoule aux coloris bleu, rouge, vert, dont il détourne la fonction, l’artiste fait un poème intitulé "Le vent l’emportera" et l’ampoule déploie des ailes de libellule et sa fragilité nous fait rêver.

A coups de fils métalliques, de métaux divers, d’assemblages, de torsions, de roues, de nœuds enchevêtrés, Caminiti nous fait décoller du quotidien. Il se défend de créer des objets surréalistes. Il fait "de la sculpture" assène-t-il, en tapant du pied ! On n’est pas obligé de le croire. Il n’est ni Léonard de Vinci ni même Panamarenko mais ses drôles de machines sont un clin d’œil à la morosité qui nous entoure. De plus le gaillard manie admirablement le crayon graphite sur papier. Ses "Anamorphes" en témoignent… A voir, pour le fun.

    Colette Bertot         
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Martin Caminiti

 

 

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Martin Caminiti

 

 

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Martin Caminiti

Galerie Pascal Polar. 108 chaussée de Charleroi, 1060 Bruxelles.

 

 

Du mercredi au samedi de 14h à 19h.

Exposition accessible jusqu'au 4 novembre 2006.

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