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LA LETTRE MENSUELLE |
| La
chronique de Marie-Pierre Desmergers. Juillet 2006 La mode est au "Vintage" ; Les experts : plusieurs infos utiles Et les résultats, les tendances sur le marché de l'art |
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;; Nous avons déjà longuement abordé le phénomène de la nouvelle clientèle que sont ces jeunes acheteurs qui sans vouloir –et sans pouvoir- dépenser de grosses sommes, n’hésitent pas à se faire plaisir : ils entrent dans les foires et salons, dans les galeries, ils assistent aux ventes publiques et achètent ce qui leur plaît, tout simplement. Cette catégorie est de plus en plus prise en compte et les actifs du marché s’attardent même à la connaître pour mieux la comprendre et mieux la satisfaire. Ce qui amène la création de nouvelles manifestations. Ainsi du 8 au 17 septembre, est annoncé à
l’initiative de "Best of Publishing", le
premier "Vintage Discovery". Vintage ?
Mais oui ! Ce mot anglais décrit tout objet réalisé entre 1917 et 1930
et qui suscite admiration pour son style et son grand intérêt, telle est la définition.
Aujourd’hui le "Vintage" est utilisé à toutes les sauces, mode
oblige, comprenez par là que toute production de la première moitié du XXe siècle
–voire au-delà- est une pièce vintage surtout si elle est encore en bon état
de fonctionnement. Bref, l’événement se déroulera en parcours libre dans
les galeries spécialistes et plus largement pour les antiquités d’après la
révolution industrielle. Et quoi d’autre ? Les salons et les foires attirent de plus en
plus de visiteurs, c’est une chose. Et pour les galeristes ? Ils doivent
aussi suivre la tendance. Le temps passe et les créations aussi. Ce qui se
faisait dans les années 50, 70 nous semble proche et pourtant certains les catégorisent
déjà en "vintage" (toujours le même mot !). Voilà comment le
lustre en plastique orange dont on s’est vite débarrassé au début des années
80, devient une pièce recherchée en 2006… Il émerge ainsi un nombre croissant
de galeries spécialisées qui côtoient galamment les antiquités européennes
ou asiatiques, l’argenterie, la céramique et bien d’autres. Finalement, le
"Vintage Discovery" répond bien à une
demande et à une offre, on ne peut que s’en réjouir ! Face à cette nouveauté, un autre phénomène est à annoncer. Il résulte directement du contexte socio-économico-politique du moment : l’arrivée massive des pays émergents à l’assaut du marché de l’art. Ils sont Chinois, Indiens ou Russes, ils sont fortunés –et de plus en plus nombreux à l’être-, ils achètent très vite, très cher et beaucoup. Bien sûr, ils restent actifs dans les catégories touchant leur patrimoine, leur antiquité et leur culture, mais aussi dans l’art contemporain de leur pays. Les grandes salles de ventes internationales l’ont
compris et ont mis en place des départements spécialisés qui au fil des années
leur rendent bien … Tandis que sur place, à Hong-Kong ou Moscou, le marché
de l’art se développe à grande vitesse. Il est possible que le paysage du
marché international soit complètement modifié d’ici quelques petites années :
après New-York, Londres et Paris, le triangle
magique sera-t-il Moscou, Hong-Kong
et Singapour ? Et chez nous, en Belgique ? On ne pense pas vraiment à
ça, du moins pas
encore. Il faut dire que les conversations sont toutes monopolisées par le
grand bouleversement de ces dernières semaines –annoncé dans la lettre précédente-
à savoir, l’arrivée au sablon de la société Pierre Bergé et associés
Belgique, nouvel acquéreur de la salle des Beaux-Arts. Le marché retient son
souffle et veille… Nul doute que cette entrée est une aubaine pour tout le
pays : de nouvelles pièces venues de l’étranger suivies de près par
une clientèle internationale qui ne manquera pas de profiter des attraits
belges. Enfin, c’est à espérer. Chacun pourrait donc y trouver son compte. En attendant, les ventes continuent ! Et
ça se passe plutôt bien :
comme chez Horta où la dispersion de juin fut un véritable succès tant en
peinture, qu’en mobilier et en horlogerie. Pour ce qui est de la production
belge, retenons un dessin de Fernand Khnopff
"Les moulins de Bruges" adjugé 54 000 €, une œuvre de jeunesse de
Paul Delvaux "Le tri et la cueillette sous l’arbre fruitier", huile
sur toile, adjugée 22 000 €. Quant à Scauflaire,
l’huile sur panneau "La lettre" partit à 12 000 € et enfin Agapit
Stevens et son œuvre orientaliste "La joueuse de tambourin" trouva
preneur à 11 000 €. Chez
Vanderkindere, notons les 31 500 € pour une huile
sur toile attribuée à Pieter Snayers
et intitulée "Scène de bataille". A la Galerie Moderne, les résultats
se défendent bien avec un 12 000 € pour une huile sur toile d’Anna Boch
"Chaumière au domaine Parmentier" et les 20 000 € pour "Le
marchand de dattes" de Max Moreau. Chez
Bernaerts, une "Marine" de François Musin
a doublé son estimation pour atteindre les 10 000 €, tandis qu’une huile
sur toile de Marinus Koekkoek
"Personnages à la lisière du bois" montait jusqu’à 18 000 €.
Enfin, à Liège, signalons les 6 500 €, peu courant, pour une huile sur
panneau de Jean Rets "Nature morte à l’orange". Puisque nous sommes dans les chiffres, il est indispensable de mentionner ici le nouveau record de prix jamais atteint pour une œuvre d’art. Jusqu’ici, c’était Pablo Picasso et "Le garçon à la pipe" avec 104, 1 millions de dollars qui détenait la palme chez Sotheby’s; Aujourd’hui, c’est l’autrichien Gustave Klimt avec "Le portrait d’Adèle Boch-Bauer" qui discrètement passe dans les mains de Ronald Lauder pour 135 millions de dollars. Christie’s a confirmé avoir joué un rôle d’intermédiaire entre les deux parties. Vous pourrez admirer cet éblouissant
chef d’œuvre à la Neue Galerie à New-York
– consacrée aux arts allemand et autrichien- dès le 13 juillet. En cette période
de vacances, votre séjour outre-atlantique n’en sera que plus lumineux. Il
ne reste plus qu’à vous souhaiter un bel été, de belles expositions, de
grandes découvertes et pourquoi pas de beaux achats artistiques. N’oubliez
pas, ce qui compte, c’est de se faire plaisir… Quant à moi, je termine avec un "mea culpa" sincère vis-à-vis de Monsieur Miessen, expert à Bruxelles[1], qui nous rappelle que la Chambre Belge des Experts en Œuvre d’Art n’est pas la seule organisation regroupant des experts en Belgique. Il convient aussi de rappeler la Febex (Fédération Belge des Associations d’Experts, sur www.febex.be) qui regroupe des associations d’experts de différents domaines dont l’Argus (Association d’experts en oeuvres d’art, sur www.argvs.be) et l’Abex (Association Belge des Experts, sur www.abex.be), plus spécialisées dans les œuvres d’art. Ajoutons aussi l’Ubema
(l’Union belgo-luxembourgeoise du marché de
l’art, sur www.ubema.org)
et enfin, à l’échelle européenne l’Aexea
(l’association européenne d’experts, sur www.aexea.org).
Votre remarque, Monsieur Miessen, nous conscientise
sur cette profession constamment en prise avec des enjeux importants, sans
oublier la fameuse harmonisation des règles de déontologie qui reste à faire.
Un article plus approfondi et plus ciblé serait utile… peut-être
pourrions-nous en discuter ensemble… Proposition faite et à suivre… Marie-Pierre Desmergers [1] Vivian Miessen, expert en meubles français et russes, objets d’art du XVIIIe et XIXe siècle, www.artcult.be. ;; |
* Fernand Khnopff
Paul Delvaux
Edgar Scauflaire
Agapit Stevens
Anna Boch
Max Moreau
Jean Rets
Gustave Klimt
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