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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques
de Colette Bertot. Mai 2006 Malgorzata Paszko - Reflets dans l'eau A la Galerie Fred Lanzenberg de Bruxelles |
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;; Debussy pour les
"Reflets dans l’eau" dont ma maman,
musicienne, reprenait régulièrement le même passage sur lequel, sans doute,
elle butait, et Sologne pour avoir tant de fois marché au bord de ses étangs,
humides et brumeux, plantés de bouleaux et traversés de chemins forestiers
filtrant la lumière qu’un certain Augustin Meaulnes avait peut-être foulés,
jadis, à la recherche d’un domaine mystérieux. Malgorzata Paszko
ravive les souvenirs et c’est déjà une prouesse artistique que de réussir à
faire évader le spectateur loin du quotidien dans un univers enchanteur
bruissant de vie végétale. L’artiste, née en Pologne, réside et travaille en Normandie. Ce n’est
pas la Sologne mais les frondaisons y sont aussi intenses et les pluies fines
qui y tombent sans cesse font flotter au dessus des étangs et des marais ce
léger nuage d’évaporation dans la fluidité duquel le sujet se dilue, à
l’envers. Malgorzata Paszko,
revisitant la nature, peint sur une toile si mince que la trame reste visible
et que le toucher en est duveteux. Elle utilise l’acrylique et le travaille
"dans le mouillé" ce qui imprègne doucement le support sans le
recouvrir réellement, donnant à l’œuvre une étonnante impression de
transparence. Comme le constate Axel Cassel (artiste et…conjoint) dans la préface du
catalogue : "Les peintures de Malgorzata
ne décrivent pas l’étang, l’eau, le reflet… Elles le sont en elles-mêmes".
Encore un peu, on humerait l’odeur bien particulière de l’eau stagnante qui
ressemble à celle d’une crypte romane. Sans doute, sommes nous spécialement sensible au silence qui émane de
ces toiles mais toutes, quelles soient de grand ou de petit format, distillent
les images d’un monde irréel dont l’homme, ce prédateur, est absent. Les
"Chemins" courent entre champs et collines et les
bouleaux à la peau soyeuse qu’on disait, au Moyen Age, arbres de la sagesse,
jettent leur ombre mouvante de part et d’autre des sentiers. Les "Ondes
claires", "Ondes bleues", "Eaux calmes" et "Rivages"
illustrent à la perfection la notion de "reflet" décrite ainsi par
le dictionnaire : "image provenant de la réflexion de la lumière par la
surface d’un corps". Observez les arbres penchés au bord de l’eau –certains d’un vert
profond, certains d’un vert tendre. Observez les buissons enchevêtrés, les feuilles frissonnantes, les bouts
de ciel immobiles et puis, posez le regard sur l’onde. L’image est inversée, au détail près, et le spectacle de ce miroitement
fait songer à un jeu de pliage comme si l’artiste avait rabattu la toile en son
milieu pour reproduire, à l’identique, l’image première. Mystère du reflet qu’expérimenta durement Narcisse ! De toile en toile,
Malgorzata Paszko taquine la limpidité de l’eau et les nuances
chromatiques résumées aux seuls verts et bleus. Parfois, un seul arbre s’étire vers le ciel et revient se fondre dans
l’eau. Ces toiles, étroites et hautes un rien japonisantes dans leur gracieux
dépouillement, nous rappellent qu’il suffit d’une fenêtre sur la nature –si
mince soit elle– pour que le bonheur, un moment, s’y glisse.
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Malgorzata
Paszko,
Malgorzata
Paszko,
Malgorzata
Paszko,
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| Galerie Fred Lanzenberg. 9 avenue des Klauwaerts. 1050 Bruxelles. |
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Du mardi au samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 19h. Le dimanche de 10h à 13h. |
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Exposition accessible jusqu'au 4 juin 2006. |
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