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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Avril 2006 Alain Bornain - Prorata temporis : installation à voir et à entendre A l'ISELP de Bruxelles |
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;; A
première vue, rien à voir ou si peu. Au
sol, des papiers entassés. Aux murs, des tableaux noirs, des papiers listing,
quelques toiles. Une passerelle enjambant l’espace et sur laquelle des noms
s’effacent au fil des passages ! Ne
pas abandonner la partie… C’est le temps qui orchestre cette étonnante
exposition. L’artiste qui fut longtemps informaticien et s’y connaît évidemment
en fait de signes et de langage scientifique, y dévoile sa préoccupation
majeure : le cours du temps et, à condition de faire un petit effort de
bonne volonté, la réflexion suscite l’intérêt. Disons qu’elle interpelle
le visiteur. Ici,
selon Bornain, le temps écoulé efface, recouvre, voile les mots et les signes. Pas
de possible retour en arrière, la fuite du temps est inéluctable. Un
peu "bousculé", on déambule d’une "œuvre" à l’autre.
D’une passerelle de verre où sont inscrits des noms d’artistes peu à peu
effacés à un grand astre solaire réalisé à coup de post it numérotés. De
tableaux noirs où subsistent quelques traces de craie et d’enfance aux
tableaux blancs évoquant les froides salles de réunions. Plaqué
au sol, un gros tas de feuilles parfaitement juxtaposées et imprimées figurent
l’écoulement du temps et les 86.500 secondes que représente une journée. Le
visiteur peut en emporter un feuillet à savoir une journée. Façon
d’effeuiller le temps que d’un geste on efface. Ailleurs
l’artiste tapisse les pilastres de la grande salle au moyen de lés de papier
peint sur lesquels le mot « image » est imprimé, de haut en bas, en
dégradé du noir au gris. Ou encore, il enferme dans du béton brut, comme on
ferait de déchets radioactifs, les catalogues d’anciennes expositions qui ont
eu lieu à l’ISELP. Sur
papier listing une installation murale dite « Ecrans-vanités » en
forme de grille de 3m / 7m, représente en filigrane, un visage, un crâne, une
image érotique, entourés de relevés boursiers comme si c’était là
l’image de l’homme moderne. Scotché à son petit écran, obsédé sexuel et
bouffé par l’argent.. A
vous donner la nostalgie de l’homme de Cromagnon ! Chez
Bornain, la chronologie est toujours présente et sa façon de représenter le
temps froidement cérébrale. Tout
au long de ce parcours on ne croise ni émotion ni poésie sauf, peut-être dans
quelques peintures diaphanes dont ce « Caryotype » autoportrait où
l’artiste livre, à l’huile et au graphite sur toile, sa formule
chromosomique que le temps, un jour, effacera. Laurent
Courtens, historien d’art qui connaît les rouages de l’ISELP, parle d’une
"exposition chuchotement". A méditer. A entendre. "De quoi relativiser, explique-t-il, la portée des ambitions humaines".
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Alain Bornain
Alain Bornain
Alain Bornain
Alain Bornain
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| ISELP. 31 Boulevard de Waterloo. Bruxelles. |
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| Du lundi au samedi de 11h à 17h30. | |
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Exposition accessible jusqu'au 15 avril 2006. |
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