|
|
LA LETTRE MENSUELLE |
| Un
article de Vera Lewijse. Mars 2006 La vie du XIXe siècle vue par la peinture, partie IV. Les influences politico-sociales, 1 : famine, émigration et naufrages |
|
;;‘La fin justifie les moyens’ L’Impérialisme
et la colonisation La deuxième vague d’expansion européenne a pris
place de 1800 à 1915[1],
essentiellement vers l’Afrique et l’Asie. Les puissances principales furent la Grande-Bretagne, la France et, à
partir de 1870, également l’Italie et L’Allemagne. L’Espagne eut en sa possession les zones
côtières du nord-ouest de l’Afrique et les Iles Canaries.Le Portugal eut la
haute main sur l’Angola et le Mozambique. Léopold II devint souverain de l’Etat indépendant
du Congo en 1885 après la conférence de Berlin. Il céda le Congo à la nation en
1908. Cette colonisation résulta de la révolution industrielle et fut soutenue par le capitalisme industriel qui en était issu. Les moteurs principaux furent le besoin de matières premières, la nécessité d’un débouché pour le surplus, les possibilités d’investissement ; en outre, c’était une solution au problème de l’excédent démographique.
Une autre
histoire navrante est celle de Joice Heth, une Afro-américaine à moitié paralysée qui fut présenté par P.T.
Barnum, directeur de cirque, comme la nourrice de Washington. Benjamin Reiss,
dans son livre ‘The Showman and the Slave’, démontre que ce genre d’exhibition a
favorisé et cristallisé le racisme anti-noir et a justifié le maintien de la
ségrégation. Les images de ces femmes ont fait le tour du monde. L’émigration C’est l’époque des grands courants d’émigration vers l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, le Canada, L’Australie et le Sud de l’Afrique. Par la grande famine des années 1840, due à la perte des récoltes de pommes de terre et de la récolte céréalière, la population de l’Irlande perdit la majorité de sa population. L’émigration réduisit la croissance de la population de l’Europe à 3 par 1.000 par an entre 1846 et 1932. Les livres de
références sur la Famine Irlandaise sont The
Great Famine: Ireland 1845-1849 écrit par Cecil Woodham-Smith avec sur la
couverture la peinture de Lady Butler Evicted
(1890) et The great Irish Famine. Impact,
Ideology and Rebellion de Christine Kineally avec sur la couverture la
peinture de George Frederic Watts The
Irish Famine peinte en 1848-9. Depuis le début du dix-neuvième siècle, environ 60 millions d’Européens ont émigré vers des pays d’outre-mer. Les plus importants ports d’émigration étaient Londres, Brême, Le Havre et Anvers. Elizabeth Thompson, Lady Butler, (Lausanne 1846-UK 1933) fut une des rares femmes peintres qui eut beaucoup de succès avec ses oeuvres, surtout au début de sa carrière. Elle se spécialisa dans les scènes militaires et aborda plus tard les problèmes sociaux tels que l’expulsion des paysans de leur terroir, p.e. Evicted (1890). Le sujet choisi ne fut pas du tout apprécié par l’académie et de ce fait non plus par le public. Sir et Lady Butler, étaient liés d’amitié avec Ch. S. Parnell, le chef du mouvement nationaliste Irlandais, et détestaient la politique de coercition suivie par le gouvernement en réponse à l’agitation Irlandaise. Les Irlandais se sentaient abandonnés par le gouvernement Britannique et désiraient prendre le contrôle de leur propre destin.[3] Plusieurs peintres ont représenté cette problématique. L’émigration fut illustrée en Belgique, comme on l’a déjà mentionné, e.a. par Eugène Laermans, et par Louis van Engelen,
Beaucoup d’Européens s’enfuirent pour échapper à la
répression qui suivit les révolutions de 1848, les pogroms Russes, et la
conscription militaire en Allemagne, en Autriche et en Russie. Le sort des
émigrants ne fut pas joyeux, la plupart d’entre eux ne pouvaient que partir
pour survivre. Le voyage était risqué et souvent un avenir encore plus triste les
attendait. Le naufrage devient
dorénavant un sujet aimé. Le
naufrage Dans la représentation de naufrages dans la peinture nous constatons une sensibilisation pour l’héroïque et le tragique, ce qui est typique de la peinture historique de l’époque et des sentiments du Romantisme. Mais sur un deuxième plan les naufrages nous parlent de l’angoisse et de l’incertitude liée à un voyage de mer. En outre, l’épave est en même temps l’image sous-jacente de la précarité apportée par une société tourbillonnante. Les tourbillons d’air, l’étendue infinie, l’homme impuissant contre les forces de la nature et du sort furent des données récurrentes et des sujets féconds.
Ils ont attesté de leur
époque par leurs peintures comme fait le journaliste d’aujourd’hui : Koekkoek Hermanus, Almost save in Port (?) ; W. Turner The Wreck of a Transport Ship (1810) ; Aivazovsky Crash (1876) Le remarquable peintre Arménien Ivan Constantinovich
Aivazovsky (1817-1900) était très estimé par Delacroix et Turner. Il a peint a peu près 6000 peintures et fut
considéré comme un des meilleurs peintres de marine de sa génération. Ses peintures se distinguent par la recherche de la lumière et une approche émotionnelle remarquable. Une similitude avec certaines œuvres de Turner n’est pas trop recherchée. Surtout quand nous comparons Le bateau d’esclaves de Turner de la période 1840 et La neuvième vague (1850) de Aivazovsky. Vera
Lewijse,
Partie
I : Introduction.
|
* La Venus Hottentote
Joice Heth
Joice Heth
G.F. Watts
Lady Butler
R. Redgrave
Thomas Faed
Abraham Solomon
P.F. Poole
Hermanus Koekkoek
C. Aivazovsky
C. Aivazovsky |
|
[1] La première vague d’expansion a eu lieu
de 1415-1800. [2] Kho-khoi: tribus du Cap de Bonne
Espérance, Afrique du Sud, [3] Lambourne L., Parting, Emigration and War, dans ‘Victorian Painting, p. 350-353 [4] Lambourne L., Oils versus watercolours: landscape painting, in
“Vicorian Painting, p. 94. [5] Baron A. von Humboldt (Berlin 1769-1859), naturaliste et explorateur est
principalement connu pour sa contribution à l’étude de la géographie physique
et de la biogéographie. Sa publication de ‘Kosmos, Entwurf einer physischen
Weltbeschreibung’ a voulu être une vision unificatrice des sciences de la
nature. |
William Turner
C. Aivazovsky |
|
Bibliographie |
Copyright © 2006 Vera Lewijse et
Mémoires.
Tous droits réservés.
A
lire dans la même série :
Partie
I : Introduction.
Partie II : Vie politique et artistique en
France.
Partie III : Vie politique et
artistique dans le monde
Les autres articles sont accessibles via nos
archives.
Inscrivez-vous pour recevoir les
infos de la lettre mensuelle.
Retour à la lettre
Retour à l'accueil