LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques d'Anita Nardon.  Mars 2006 
  Surréalisme et poésie : parcours rêvé et fantasmatique 
  
A la Galerie du Dragon à Mons

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Le surréalisme a fait long feu, le genre est dépassé et la philosophie absente depuis longtemps mais il y a toujours des artistes proches de l’idée car, à présent, on qualifie de surréaliste bon nombre de choses fantastiques, bizarres ou dérangeantes. C’est l’idée de base de l’exposition.

Chantal Baligand et Jean-Pierre Delvaux travaillent en duo et intellectualisent une peinture qui n’en demande pas tant. La peinture doit être vue et pas lue. C’est par des formes picturales immédiatement perceptibles que s’exprimaient un Magritte ou un de Chirico.

Liborio Panzica, d’origine sicilienne, a en lui des récits fantastiques que portaient les "cantastorie" de son île. Il hante un monde onirique à la fois volcanique et glacé et attribue à la femme un rôle où se mélangent Méduse et Mélusine. Tout dans ce monde chtonien se nourrit de sang, de vengeance et de volupté. Shakespeare n’est pas loin, le diable non plus.

Philippe Thomas (°1957) a été l’élève de Van den Abeele et, surtout, de Michael Doré. Sa peinture travaillée sur plusieurs plans s’ouvrant comme des flash back dans un film, révèle des mystères noyés de couleurs légères. Il cherche l’harmonie entre l‘humain et cet univers qui lui fut attribué et dont il semble se contenter avec un sentiment de joie profonde.

Falltère Pierottini jongle avec un fantastique dont la source directe est le rêve du petit matin, celui qui reste présent au réveil. Poésie picturale ou peinture poétique, son histoire pourrait être celle d’Alice au pays des merveilles avec ses personnages qui intriguent sans menacer et flottent dans des tons aqueux évoquant les eaux primordiales.

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Bellor 

Enfin, il y a l’arlonais Bellor (1911-2000). 

Dessinateur, il a voyagé de la caricature et de la publicité à ce réalisme fantastique qu’il a fait chanter en couleur Le rouge profond de certaines œuvres est né d’une longue patience car il était un travailleur acharné, parlant peu mais dont le mot juste tombait comme un couperet. 

Son œuvre, limitée en nombre, plonge avec délice dans les sortilèges et les jeux pervers dont la femme est la reine absolue. A Paris ou à Bruxelles, on l’a vu en galerie et chacun de ses passages était un véritable moment de peinture que l’on retrouve ici avec joie.

Une exposition que j’aurais voulue plus dense, la force se dilue toujours dans les ensembles. Mais oser le surréalisme dans cette Wallonie où il fut triomphant est un vrai défi.

Anita NARDON                 
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Liborio Panzica

 

 

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Philippe Thomas

 

 

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Falltère Pierottini

Galerie du Dragon, rue d’Enghien 43, 7000 Mons 
Tel 065 84 62 99

 

 

Lundi, mardi, jeudi, samedi de 14h à 18h- 
Vendredi de 11h à 18h
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Exposition accessible jusqu'au 18 mars 2006.
Voir aussi, sur notre site :
* la page de Bellor
.
* la page de Jean-Pierre Delvaux
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