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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques
d'Anita Nardon. Mars 2006 Jean-Gilles Badaire et le signe juste A la Galerie d'YS de Bruxelles |
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;; Depuis 1990, nous avons l’habitude de le retrouver et ses expositions ne sont jamais synonymes de ronron sur le coussin des modes. Avec Jean-Gilles Badaire (° Bourges 1951), toutes les découvertes sont possibles. Ecrivain, il a publié des récits souvent autobiographiques, mais il a surtout illustré les livres des autres. Les meilleurs éditeurs (grands ou petits) ont fait appel à son talent et la liste est fort longue des ouvrages qu’il a illustrés. Du livre de Giuseppe Ungaretti à propos de Leopardi à de nombreux titres de Joël Vernet, l’œuvre de Jean-Gilles Badaire épouse la pensée et le langage des écrivains tout en poursuivant sa propre création. Il va d’exposition en exposition d’Orléans à Etretat et de Beyrouth à Bruxelles, et figure dans les expositions collectives les plus diverses et surtout celles de qualité. Ses dessins racontent, ce ne sont ni images fixes, ni traits gratuits, chaque coup de pinceau est pensé pour exprimer quelque chose qui vient de loin, des émotions profondes et des chagrins sublimés. Il y a depuis plusieurs années une forte présence animalière, mais ce sont des animaux entre légende et aspect naturel, parfois ils sont ambigus, tête animale et corps d’homme. On plonge alors dans les temps les plus lointains de la peinture, le temps de l’Egypte et de ses dieux hybrides. Ailleurs, le paysage montrant un village ordinaire dérape complètement pour finir sous la forme d’une toupie en pleine rotation. Ce constat de l’agitation du monde s’impose comme une leçon de sagesse. Son travail se rapproche de l’art en marge par sa sincérité et de l’expression enfantine par sa simplicité, sa fraîcheur et sa générosité. Il y a à travers l’œuvre de Badaire une mise en valeur des techniques mixtes que trop d’artistes confondent avec des mélanges. Utiliser la technique mixte, c’est chercher dans chacune des "recettes" de la peinture le meilleur de son pouvoir suggestif. La chose est ici particulièrement réussie dans l’énorme éventail de travaux que l’artiste a produits comme autant de gestes généreux. Il faut voir ce peintre qui fait d’un simple signe + , par exemple, un trait guide qui entraîne le visiteur à travers un horizon toujours vaste et lumineux, un horizon d’espoir. Anita
NARDON
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Jean-Gilles Badaire
Jean-Gilles Badaire
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Galerie d’YS, rue de l’Arbre Bénit, 84, 1050
Bruxelles. |
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| Du jeudi au samedi de 14h à 18h, dimance de 11h à 15h | |
| Exposition accessible du 7 mars au 9 avril 2006. | |
| © photographies Vincent Everarts. |
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