LA LETTRE MENSUELLE

Une série de Marc-J. Ghens.  Janvier 2006 
  La douleur comme autoportrait - Partie III
  
A l'occasion d'une exposition et d'un colloque au Musée du Dr Guislain

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Dessine-moi ta douleur 

C’est là le titre en traduction d’un ouvrage (aux Editions de la Martinière - Paris 1999) du à deux psychiatres américains, H.S. Koplewicz et R.F. Goodman. Ils s’y penchent avec beaucoup d’acuité sur la problématique du dessin d’enfant, particulièrement de l’enfant perturbé par différentes circonstances de la vie.

On a bien souvent déjà établit le parallèle entre ces oeuvrettes naïves au sens propre, et l’art des malades mentaux.

Et de fait d’ailleurs, bien des œuvres cataloguées dans l’art brut présentent avec des dessins ou peintures d’enfants "normaux" des similitudes évidentes. Point de hasard, bien évidemment. La filiation saute aux yeux : même regard innocent et donc premier parce que non encombré encore des scories du raisonnement et des cultures.

Chez l’enfant, cette merveilleuse faculté va se perdre et disparaître sous le vernis de l’éducation et des ismes de tous poils. Chez certains de ceux qu’il nous faut bien qualifier d’aliénés, cette même faculté subsiste parfois. Chez d’autres, la vie a fait son chemin et leurs œuvres en attestent.

Toutefois, ce qui reste commun, c’est une approche autre du monde et du sujet. Sujet consciemment choisi, à l’instar de l’Art accepté comme tel ? Rien n’est moins sûr. Et c’est bien là la problématique. Mais le miroir de l’autoportrait reste.

La notion "être un artiste" est bien délicate à cerner. Les gens "de l’autre côté" qui nous occupent sont-ils des artistes à part entière ? Qui oserait établir les règles définissant qui est artiste et qui ne l’est pas ? Si l’on considère l’Art comme étant une manifestation exutoire du moi, l’art brut est certainement l’Art entier par définition.

Ici, j’entends tinter le mot "exorcisme" dans les lointains combien brumeux d’une conscience ravagée par les méfaits des écrits sur l’Art. Le mot est cependant pertinent, car toute création humaine est en soi une forme d’exorcisme, quelque chose qui est tapi au plus profond de l’être et qui doit sortir et s’exprimer et proclamer : regardez, je suis là ! J’existe. Et ceci est  surtout vrai dans le domaine de l’Art.

Et, paradoxalement, le Diable n’est pas loin, à tout le moins le démon. Dans la carrière d’un Torquemada ou d’un Staline, le cri existentiel reste identique : s’affirmer.

Ceci n’excusant rien, bien évidemment, ni les autodafés ni les purges et déportations.

Et de fait, chez ces grands criminels, la folie est on ne peut plus présente. Le malheur veut seulement qu’elle se soit exprimée de cette manière, et toujours au détriment des autres.

L’Etre et mon Néant

Mais nous avons eu la témérité, sinon l’imprudence dangereuse,  de lâcher le mot "cri existentiel". Redoutable cette idée perverse de conjuguer existentialisme et une certaine approche de la folie. Faut-il être fou pour lire l’Etre et le Néant ou La Critique de la Raison Dialectique ? (Les mauvaises langues diront : non, mais cela peut aider. Laissons passer la caravane).

Et cependant… voyons la toile emblématique de Munch. Pourquoi est-elle devenue un véritable cliché qui décore jusqu’à des T-shirts ? Peut-être par une sorte d’exorcisme collectif devant ce qu’elle représente et surtout illustre. Cette œuvre, dans ce qu’elle exprime, semble unique. Elle ne l’est pas, nous en retrouvons de semblables dans l’Art Brut.

Elles y sont des autoportraits véritables là où Munch voulait exprimer de manière toute consciente son désarroi. Ou bien Munch était-il fou ? De nouveau, où est la frontière entre la folie et le génie ? L’artiste enfermé dans une cellule et surtout, dans son monde intérieur, ne se pose même pas la question. Et c’est là sa sagesse innée, comme celle des enfants et de cet autre qui, dans son cerveau, s’amuse à lui jouer des tours parfois bien pendables.

Les psychiatres nous disent avec raison qu’il faut se méfier de la dialectique et peser des mots tels que fou, malade mental ou encore simple d’esprit. Leurs prédécesseurs coiffés de mitres parlaient eux de "possédés". Allégation facile et confortable. Ne sommes-nous pas tous des possédés, finalement ? (A Art-mémoires en tous cas, de toute évidence !).

Il est d’ailleurs frappant de constater qu’Albert Camus, en adaptant Dostoïevski pour le théâtre ait cru bon de traduire le titre original "Les Diables" par "Les Possédés". Ce n’est évidemment pas là caprice littéraire et l’on voit le lien qu’énonce l’écrivain existentialiste.

Eloge du Haut Mal

Un Picasso, un Van Gogh, un Soutine ou un Bacon, ne sont-ils pas tous (des) possédés ?

Il est, pensons-nous, un autre mot qui les définit beaucoup mieux, à notre avis, devant l’Histoire et l’histoire de l’Art : hallucinés. Ce qui n’handicape ou ne ternit en rien leur raison raisonnée. Le "champ aux corbeaux" de Van Gogh est-elle l’œuvre d’un fou ? Les historiens d’Art diplômés et leurs collègues psychanalystes anxieux pourront bien sûr en déceler des traces. On trouve toujours un bâton lors que l’on veut frapper un chien. Ont-ils seulement lu les missives du même "fou" à son frère Théo ? Folie, vous avez dit folie ?

Dites douleur, plutôt. 

Feuilletons d’un doigt coupable mais attentif de dilettante l’histoire de l’Art.

Qu’y voyons-nous ? Visage grimaçant du Laocoon… corps tordu d’un Christ de Grünewald… égarement ensanglanté d’un enfant de Soutine… tristesse résignée d’un Christ gothique en bois peint… horreur du remord peut-être, chez un pape de Bacon.    IMAGES  DITO’S

Ils ont tous cette expression  que l’on prête aux damnés et  possédés du moyen âge.

Et ceci nous ramène au sujet fondamental de l’exposition du musée Dr. Guislain et de cet article, savoir l’autoportrait de la douleur et de sa compagne obligée, la souffrance.

Le masque de la Gorgone

Selon Pascal Quignard dans son célébrissime "le Sexe et l’Effroi", Caravage aurait eu cette formule : "Tout tableau est une tête de Méduse. On peut vaincre la terreur par l’image de la terreur. Tout peintre est Persée". Nous pensons que bon nombre d’artistes "brut" répondent parfaitement à cette pensée et peuvent se reconnaître dans cette définition.

C’est devenu une expression populaire : "porter le masque de la douleur". Ceci pourrait singulièrement s’appliquer à beaucoup d’autoportraits de nos artistes "autres". Il y a évidemment beaucoup à dire et à gloser sur le phénomène du masque. Des tas de bouquins et d’études en tous genres l’ont déjà étudié. Voyez le Net.

Nous voulons simplement signaler, par rapport à ce qui nous occupe ici, la signification très singulière dont il est revêtu dans la province du Sepik en Nouvelle-Guinée.

Le masque, encore bien qu’il porte le nom d’un personnage mythique, n’en est jamais la représentation. On songe de nouveau à Julian Bell : "J’ai un visage, mais je ne suis pas un visage". Autant qu’à Magritte : ceci n’est pas une pipe.

Et corollaire : cette image de ma douleur est-il un autoportrait ?

Détail curieux mais qui fait réfléchir : dans la vallée du Sepik, le terme en usage pour les danses des masques funéraires est "déchirure". Tout aussi bien, en place de "La Douleur", le titre de cette exposition pourrait-elle être "La Déchirure".

Ceci est encore plus probant chez Pierre Molinier. Chez cet artiste inqualifiable, la problématique du travestisme est, stricto sensu, la règle. Il se présente à nous entièrement travesti donc, ce qui jusqu’à ce point resterait selon les normes, acceptable.

Mais il pousse le masque de l’autoportrait à son extrémité extrême puisqu’il porte en outre sur le visage un masque impersonnel de poupée de porcelaine, parfaitement maquillé et souriant. Il se dissimule ainsi entièrement à nous mais, dans le même temps, nous donne de lui un portrait dont l’honnêteté et la sincérité nous touchent.

Il se suicidera.

Evoquons enfin le masque Maori tatoué à même le visage : Je SUIS mon masque.

Sans aller jusqu’à la scarification, sinon peut-être celle du subconscient, l’œuvre d’art brut n’est point autre chose.

Le regard des autres

Les rires enivrants dont s’emplit la prison
Vers l’étrange et l’absurde invitent la raison ;
Le Doute l’environne, et la Peur ridicule,
Hideuse et multiforme, autour de lui circule.

   sur LE TASSE EN PRISON, d’Eugène Delacroix
   Baudelaire – Les Fleurs du Mal

A propos de la parution des "Fleurs du Mal", épinglons un article de Gustave Bourdin dans "Le Figaro" (ce n’était pas le "Völkischer Beobachter" tout de même !) du 5 juillet 1857 : "…ce livre est un hôpital ouvert à toutes les démences de l’esprit…".

Belle formule, prestement enlevée, mais qui en dit long sur la vision de la société bien pensante du second empire, et non seulement sur le livre de Baudelaire.

La même année, le docteur Guislain ouvrait son institut. On appréciera le paradoxe.

Il y va essentiellement pour la société d’une sorte de réflexe d’autodéfense : se protéger de ces "autres" qui sont différents, donc dangereux. Autant donc en rire et même en faire un plaisant spectacle. A la Salpêtrière autant qu’en Angleterre dans le tristement célèbre hôpital psychiatrique (sic ?) de Bedlam, il était dans l’air (malsain) du temps d’aller se repaître du spectacle lamentable des infortunés pensionnaires des lieux, ces aliénés enchaînés, battus et moqués.

Temps bien révolus, dira-t-on aujourd’hui. Mais révolus ne sont pas encore les jeux du cirque. Simplement, ils se nomment maintenant "télé réalité", pudiquement. (re-sic).

Ecoutons Amélie Nothomb dans son dernier opus "Acide sulfurique": "Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus : il leur en fallut le spectacle".

Sommes-nous tellement loin de la glorieuse époque de Bedlam ? Non, mais nous avons le progrès : les caméras digitales "High Definition", et en prime time, s’il vous plaît !

The March of Folly

La grande historienne Barbara W.Tuchman l’a bien défini dans son oeuvre "The March of Folly"….la folie est partout. Mais tous ne sont pas internés. De la guerre de Troie à celle du Vietnam, il y a une constante admirable à signaler dans la folie des grands dirigeants du monde. Que dire alors de notre politique Belge de part et d’autre de la frontière de betteraves ? Mais c’est là un discours qui ne sied pas au contribuable vulgaris que nous sommes tous.

L’épieu de Dieu

L’exposition et les études de son catalogue couvrent donc amplement le large spectre de la douleur. Y compris un aspect fort particulier qu’énonçait déjà son fascicule d’introduction, savoir la douleur comme malédiction et bénédiction : "La douleur est synonyme d’insondables souffrances mais aussi de passion et de jouissance. (...) Pourquoi la mortification existe-t-elle ? Pourquoi les gens souffrent-ils pour leur idéal de beauté ? Qu’est l’automutilation ?".

On le voit : les limites du sujet sont celles d’un espace ouvert sur des infinis bien vastes.

Nous ferons grâce au lecteur-amateur d’Art des sempiternelles images de Saint-Sébastien chères aux homosexuels de tous pays, autant que des saintes et martyres en extase de la liturgie. Et pâmées sous la souffrance, surtout celle de "l’Epieu de Dieu" (dixit Sainte Thérèse d’Avila, une autorité !).

Quant à l’automutilation, le catalogue de l’exposition en explique clairement le processus et classe cette pratique sous le terme de pathologique. Sans un mot toutefois sur le travail sur son propre corps d’une Gina Pane, ou d’une Marina Abramowicz se découpant à la lame de rasoir sur le ventre l’étoile de David. Ni par ailleurs sur la pratique de certains participants à la semaine sainte aux Philippines, se faisant crucifier  avec une dévotion douteuse. Pathologie collective se justifiant de la religion ? On se souvient de certaines processions et manifestations de piété au Moyen-âge…

Remarquons enfin que bien des parents (qui avaient pourtant fait ’68 !) qualifient aujourd’hui de folie les piercings que s’infligent leurs filles. Sans mentionner le tatouage, peu indolore !

De tout ceci, pas un mot à Gand. Dont acte.

La souffrance est un vice. Il faut y prendre garde.
Flaubert -  La Tentation de Saint Antoine

Dans la même veine et avec la référence inexpugnable de papa Sigmund, le phénomène du sado-masochisme se voit-il de même expédié avec une légèreté coupable, selon nous, dans le domaine délétère des pathologies extrêmes. C’est aller un peu vite en besogne, professeurs !

Bien sûr, il y a le phénomène des modes, et dans une société gavée comme la nôtre, on ne sait plus guère à quel sein se vouer. Après la T.V, pourquoi ne pas essayer le S.M. le samedi soir ?

D’aucuns cependant réfutent cette terminologie trop commode (Sade était sadien, pas sadique), de même que cette étiquette de "maladie" psychique. Une philosophie de vie ?

Et pourquoi pas ? Elle en vaudrait bien une autre. Et certains le prouvent, qui prônent un rapport relationnel qui, bien que basé sur un rapport de domination/ soumission, est tout le contraire de l’égoïsme habituel des couples. Plus que dans toute autre relation, la base en est l’attention pour, et le respect de, l’autre.

Bien évidemment, on ne peut nier que cette extrême confiance qui est la règle conduit aux extrêmes et que la douleur subie par le/la soumis(e) peut être extrême, elle aussi.

Mais cette douleur est ici acceptée parce que voulue, en pleine conscience. On peut ainsi oser aller au bout de soi-même, en toute confiance. Maître et soumis réalisent une complémentarité exemplaire qui donne de cette manière au couple un équilibre rare. Mais…. il y a un mais.

Le mais est qu’il faut être capable d’aller de la sorte au bout de soi-même. Cela n’est pas donné à tout le monde et c’est la porte ouverte à bien des errements, reconnaissons-le.

Le regard de l’autre ou La parallaxe

D’où l’ambiguïté fondamentale de traiter de la douleur dans ce cas précis du S.M. On ne peut nier sa présence mais il faut prendre garde car c’est également un terrain bien instable.

Quelles sont les limites ? Il y a des cas extrêmes…. Est-ce un miroir concave ou convexe ?

Ou s’agit-il seulement d’un problème de parallaxe ?

En outre, il n’y a pas que la douleur physique, reconnaissable au premier abord.

Certains éprouvent leur accomplissement dans une douleur toute morale telle l’humiliation, en privé ou en public. Bien difficile à gérer, tout cela, et combien délicat. Il y faut d’un côté du doigté et, de l’autre, de la confiance. Et la confiance, cela se mérite avant que de l’acquérir.

D’ailleurs, dans ce genre de relation, qui est le véritable maître ? Le maître le sait bien, lui.

Ceux qui osent ainsi affronter le miroir, qui est toujours celui du portraitiste qui nous concerne, ceux-là méritent le respect.

Bien compris et assumé, il y va d’une forme de rituel, de sacral. Et du jeu de rôle partagé.

Mais où se situent les limites ? Où commencent la maladie ou le pathologique?

On pourrait épiloguer longtemps, en ce domaine bien flou, sur la lisière délicate et ambiguë entre douleur subie et douleur infligée… cela peut paradoxalement faire mal que de faire mal à l’être aimé.

Mea Maxima Culpa

On nous pardonnera (sinon tant pis pour les bien-pensants) de nous être quelque peu étendu sur ce sujet et d’avoir voulu ainsi briser une lance (c’est d’ailleurs l’année Cervantès !) en faveur d’un domaine duquel la douleur fait partie intégrante, on ne peut le nier. Mais qui dans le même temps dépasse l’appellation exiguë du pathologique médical.

Et cela étant, il nous a semblé impératif de faire la part des choses. Car il faut éviter les amalgames dangereux qui conduisent toujours à des quiproquos, des malentendus. Partant à l’incompréhension et, plus grave encore, à l’intolérance.

La problématique du sado-masochisme est tout à fait particulière en ce contexte et mériterait à elle seule un article à part entière, avec ses manifestations dans l’histoire de l’Art à l’appui.

Mais notre rédacteur en chef, dans sa grande intégrité intellectuelle et morale, ne le tolérera et ne le permettra jamais ! Nous imaginons en effet sans peine le courrier de lectrices outrées ! Ou ravies, pourquoi pas ? Il n’est jamais trop tard pour rentrer dans le droit chemin, dit l’adage.

(Et on ne laisse pas impunément traîner "Justine ou les infortunes de la vertu" sur la lucarne arrière de sa Mini, voyons Mesdemoiselles ! )

On pourrait laisser le (fin) mot de la fin au philosophe :

"O souveraine providence, pourquoi faut-il que les moyens de l’homme soient assez bornés pour ne pouvoir jamais parvenir au bien que par un peu de mal !"
D.A.F. de Sade – La Marquise de Telême  ou  Les Effets du Libertinage  (1787)

Mais le véritable mot de la fin reste "accroché" aux cimaises du musée Dr. Guislain : une plongée dans un des derniers territoires inconnu de notre toute puissante science, à savoir notre propre conscient.

En ce sens, cet art "autre" est plus que salutaire, il est exemplaire.

Nous espérons l’avoir fait comprendre, d’un point de vue modestement profane. De manière peut-être un peu longue pour laquelle nous sollicitons l’absolution du lecteur. Sinon son verdict tombera comme le couperet de la machine à Guillotin : On achève bien les chevaux !

Marc-J. Ghens             

 

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Dessin d'enfant,
Non précisé 

 

 

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Dessin d'enfant 

 

 

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Santa Lucia

 

 

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Dessin d'enfant 

 

 

 

Retiré :
Soutine,
Droits Sabam

 

 

 

 

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Le Laocoon

 

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Christ roman

 

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F. Bacon

 

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Le Caravage

 

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Masque Sepik

 

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Pierre Molinier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dali :
Supprimé,
Sabam

 

 

 

 

 

 

 

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Max Beckmann

 

 

 

 

 

 

 

 

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