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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Janvier 2006 Armand Rassenfosse ou le repos du regard - Polémique ! Un livre d'art pour un artiste de la femme : superbes... Et un ratage, un ! |
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;; Hélas, le sort –ou de sombres intérêts financiers dans le détail
desquels nous n’entrerons pas faute d’information fiable– en ont décidé
autrement. La conférence de presse fut annulée et l’exposition (au mieux) post
posée ! Le public belge a donc été privé d’une exposition de prestige qui
devait rassembler 130 œuvres du peintre, doublée d’une monographie concoctée
par des historiens d’art sous la houlette de Joost De Geest, spécialiste de l’art belge des XIX° et XX°
siècle. A défaut d’exposition, la monographie, superbe, est sortie mettant un
peu de baume sur le cœur des frustrés. Autodidacte. Fils de famille aisée, commerçante en objets d’art, le jeune
Rassenfosse fait des études secondaires classiques. L’œil
et l’esprit sont éveillés. Le goût pour l’expression graphique se manifeste
rapidement. Il abandonne le commerce paternel pour voler de ses propres ailes
et s’associe avec l’imprimeur français Auguste Bernard pour devenir, à Liège,
le directeur artistique de l’entreprise. Affiches, ex
libris, mise en page, tirage
deviennent rapidement ses domaines de prédilection. Sa renommée en tant
qu’affichiste passe les frontières. Il fait à Paris de fréquents séjours,
rencontre Félicien Rops et collabore à plusieurs revues. Visite guidée. Puisque l’exposition nous est refusée, nous suivrons à la trace
l’essentiel des chapitres de l’ouvrage comme autant de portes poussées à la découverte
des talents multiples de Rassenfosse. Il est bien difficile de dissocier l’artiste de Félicien Rops, son aîné
de 30 ans. Une passion commune pour les techniques de gravure les rapproche.
Les deux artistes s’estiment, se rencontrent. Ensemble, ils créent même un
vernis mou "le Ropsenfosse". Tous deux
maîtrisent avec un même bonheur le dessin et la gravure (v. ill., Le
masque). Rops de façon licencieuse… Rassenfosse en
portant un regard sage et sain sur le monde qui l’entoure. Rassenfosse ne sera pas insensible,
d’ailleurs, au Symbolisme tout en restant à l’écart du mouvement mais la magie,
le mystérieux, l’imaginaire, la solitude, le démoniaque sont présents dans son
œuvre. Il illustre 'Les fleurs du mal' de Baudelaire (v. ill. Baudelaire et sa muse),
'Le rideau cramoisi' de Barbey d’Aurevilly et bien des
sujets d’esprit symboliste. Rassenfosse et la femme. Sa vie et son œuvre durant, l’artiste sera le chantre de la femme…
"composition évidente parce que réduite à ses
traits essentiels, épurée pour ne retenir que l’éloquence des lignes". "Rêveuse",
"Bonne fille", "Au peignoir
jaune" (v. ill.), "Au chapeau de
paille", "A la robe noire" (v. ill.), "A sa
toilette", "Au turban brun", esquissant un pas de danse
ou se coiffant, elle est à la croisée des XIX et XX° siècles, la muse
prétendant à plus de liberté sans pour autant fracasser les bonnes manières. Il
a fait du corps féminin sa passion tout en lui conservant un sens aigu de la
pudeur et de l’émotion. Ni mondaine, ni courtisane, femme simplement –vêtue ou
dévêtue– interprétée avec fermeté et grâce sur un mode intimiste et malgré
tout troublant. Feuilleter ce volumineux et passionnant ouvrage correspond à une visite
virtuelle au cœur de compositions harmonieuses qui "imposent au regard le
sourire de leur tracé". Colette Bertot |
* A.
Rassenfosse,
Armand
Rassenfosse,
A.
Rassenfosse,
A.
Rassenfosse,
Armand
Rassenfosse, |
| Armand Rassenfosse. Sous la direction de Joost De Geest. | |
| Ed. Racine en français. Lannoo en néerlandais. |
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