![]() |
LA LETTRE MENSUELLE |
| La
chronique de Marie-Pierre Desmergers. Décembre 2005 L'actualité de l'art belge et en Belgique fut et sera riche fin 2005 "Le" mois des ventes prestigieuses, des portes ouvertes... |
|
;; Il est vrai que les activités ne manquaient pas le mois dernier : il y eut l’Antica Namur très largement annoncé, plus discrètement les membres de l’association Bruneaf [Brussels Non European Art Fair] ouvraient leurs portes (www.bruneaf.com), tandis que le salon des Grands Antiquaires sis à The Arthome au cœur du Sablon, regroupaient des professionnels internationaux (www.grandsantiquaires.be). Toujours dans le même quartier, les fameuses Nocturnes du Sablon, menées de front par l’association Sablon, Quartier des Arts et du Commerce, devaient en plus illuminer et animer l’endroit pour le plus grand plaisir des promeneurs et des passionnés d’œuvres d’art (www.nocturnesdusablon.be).
Et cela ne s’arrête pas là ! A Anvers, les festivités étaient aussi
à l’ordre du mois avec l’Art-Even Antwerpen (www.art-even.be)
et les Opendeurdagen (à traduire "Journées Portes Ouvertes")
des antiquaires anversois (www.antiquairs-antwerpen.be).
Et pour décembre, si vous le voulez bien, votre emploi du temps sera tout aussi chargé ! Pour commencer, les Journées Portes Ouvertes des antiquaires d’Anvers reprennent du 02 au O4. Félicitons ici la bonne initiative d’étaler la manifestation sur deux week-end, histoire de voir ou revoir, voire d’avoir de précieux avoirs … Puis, non loin de là, faites un détour par Gand où se tiendra Lineart que l’on ne présente plus ! Du 02 au 06, vous pourrez vous délecter en contemplant des œuvres des XIXe, XXe et XXIe siècles, qu’elles soient photographiques, ethnographiques ou graphiques (www.lineart.be). Parmi les galeries et autres marchands, les Musées et aussi les éditeurs, vous trouverez sans doute votre bonheur. Ensuite, rendez-vous à la cité ardente, Liège, qui fera aussi parler d’elle ! Du 09 au 11, ce sera week-end Portes Ouvertes des antiquaires. Pour son 10ème anniversaire, chaque commerçant recevra un créateur ou un artiste connu, même inconnu mais toutefois représentatif d’expressions artistiques diverses. L’idée étant de présenter les créations d’aujourd’hui car elles seront les antiquités de demain. Plus d’informations au 04/222.39.15. Et enfin, au Parc du Cinquantenaire à
Bruxelles, du 10 au 13 s’ouvrira la Brussels Antiques Fair. Les
professionnels s’y retrouveront pour
présenter de multiples et variées œuvres d’art. Certes, cet évènement
est moins réputé que les autres, mais il est bon et loyal de le saluer (www.jpdefossefairs.com).
C’est tout pour décembre, enfin, presque. Et oui ! Il ne faut pas oublier les ventes publiques aux enchères ! Car même si "décembre" ne rime pas avec "belles ventes", c’est pourtant bien à cette époque de l’année que nos plus belles enchères auront lieu, enfin, je l’espère. C’est un fait incontesté, toute salle se prépare dans l’excitation la plus totale pour SA vente de décembre. Les pièces cachées depuis des semaines sortent des réserves, elles sont accrochées, installées, mises en vitrine et quelques fois elles sont même déplacées pour être mieux appréciées. Le sapin paré de ses beaux bijoux surveille le tout de sa haute cime, pendant que s’installe le buffet du verre de l’amitié. L’intérêt des ventes de fin d’année c’est qu’elles présentent toutes des pièces exceptionnelles, rares, précieuses et donc chères. Et même si nos modestes moyens ne nous permettent pas de les acquérir, le plaisir des yeux en est plus que comblé. Alors vous allez me dire que c’est bien charmant tout cela, mais
qu’en est-il de la question de mon amie ? Et surtout, qu’ai-je donc répondu ?
Je ne vais pas vous faire un dessin mais décembre, c’est tout de même
le mois de la fête : saint Nicolas, pour d’autres le Père Noël, la
fin d’une année et la célébration d’une nouvelle. On décore la maison,
le jardin, les rues et les places sont scintillantes et enfin, le plus
important, on couvre de cadeaux ceux qu’on aime… Alors quoi de plus
naturel que de chercher la perle rare chez un expert ? Vous le savez
bien, quand on aime, on ne compte pas. Pour les autres, ceux qui comptent, il
y a toujours le plaisir des yeux précédemment cité, on ne s’en lasse pas.
Et puis, j’ai aussi expliqué à mon amie qu’il est important de
multiplier des manifestations comme les salons, les foires et les portes
ouvertes car cela permet à un grand nombre de personnes, novices ou petits
amateurs, d’entrer dans ce monde merveilleux du marché de l’art, de le découvrir,
de l’apprécier et d’y revenir. Car l’anonymat de la foule les rassure.
Par après, seuls, il leur sera
plus facile de pousser la porte d’une galerie ou d’une salle des ventes
sans craindre l’illustre interrogation "Puis-je vous aider ?".
Mais il y a encore mieux à faire. D’ailleurs, nos amis parisiens y
travaillent. Ainsi le Symev, l’association de maisons de vente aux enchères,
a organisé les 19 et 20 novembre les "Journées Nationales des Ventes
aux Enchères" pour attirer une clientèle qui à 87 % des français
n’a jamais acheté sous le marteau. Ce week-end là, chez Drouot, la maison
Ader proposait une vente originale intitulée "0 / 0" :
soit sans frais pour les vendeurs et sans
prix de réserve. Plutôt motivant. Bien sûr ce genre d’organisation serait
le bienvenu en Belgique… Aujourd’hui mon amie est satisfaite, elle connaît un peu plus la stratégie du monde de l’art. Elle sait aussi qu’il faut continuer à innover pour attirer l’être cher, c’est à dire le client, celui qui achète. Et justement, je ne peux vous laisser sans donner quelques résultats de belles adjudications lors des dernières ventes aux enchères. Je signale 2,6 millions d’euros pour un tableau de Théo Van Rysselberghe "Port de Cette, les tartanes", prix record pour l’artiste, œuvre pointilliste de 1892 vendu chez Christie’s à New-York. Plus modestement, chez
Vanderkindere, un portrait de la famille des Opdorp peint par Pierre-Jean Van
Reyschoot partit à 25.600 €, alors qu’une toile de Léon Herbo monta à
18.300 €. Dommage que les photographies sont inaccessibles… Chez
Horta, "Un panier de richards", œuvre du belge Evariste
Carpentier fit 13.200 €, alors que le liégeois Edgard Scauflaire, souvent
jugé médiocre, laissa virevolter "La déclaration à l’acrobate"
à 15.600 €. Même prix pour une œuvre de Gustave Stevens "Hamadryade". Malheureusement, je ne peux vous en dire plus car beaucoup de ventes du
mois de novembre se passent entre le 28 et le 30. Vous comprendrez bien
qu’elles servent de zakouski bien savoureux avant les plats principaux de décembre,
et surtout, qu’elles sont trop tardives pour mon article ! Je vous
promets de vous en parler prochainement. En attendant, je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année. Je vous laisse, j’ai ma maison et mon jardin à décorer… Marie-Pierre Desmergers N.B. : les prix sont frais inclus. |
*
Evariste Carpentier
Theo van Rysselberghe
Edgard Scauflaire
Gustave Stevens
|
|
Copyright © 2005 Mémoires et
Marie-Pierre Desmergers. Tous droits réservés. |
Les autres articles sont accessibles via nos
archives.
Inscrivez-vous pour recevoir les
infos de la lettre mensuelle.
Retour à la lettre
Retour à l'accueil